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Compositeurs - Musiciens - Chanteurs

KAYA Ahmet, chanteur kurde (décédé en 2000)

71eme division (1ere ligne)
vendredi 26 janvier 2007.
 

Chanteur kurde

L’idole des banlieues populaires de Turquie, le chanteur kurde Ahmet Kaya, décédé le 16 novembre à Paris d’une crise cardiaque à l’âge de 43 ans a été enterré le 19 novembre au cimetière parisien du Père-Lachaise, loin de sa terre natale et de son peuple qu’il chérissait tant.

Craignant des provocations des bandes de l’extrême droite et des tracasseries de la police turque sa famille a décidé de ne pas rapatrier sa dépouille mortelle.

" Ahmet n’était pas fâché contre la Turquie. Il s’opposait à un système qui le menaçait de 13 ans de prison pour ses opinions et ses chansons et qui l’a contraint à l’exil. Il n’avait pas volé, il n’avait tué personne : il était l’un des plus gros contribuables d’impôts du pays. Son seul crime était de revendiquer l’égalité des droits entre Turcs et Kurdes, le respect de l’identité kurde, le respect de la dignité humaine et de la liberté d’expression. Il en est mort. Par respect pour ses idées et pour sa conception de la dignité, j’ai décidé de l’enterrer à Paris. Il y reposera jusqu’à ce que la Turquie devienne une démocratie digne de ce nom et jusqu’au jour où les chaînes de télévision publiques de Turquie diffusent de la musique kurde "

a déclaré Mme Kaya au cours d’une conférence de presse donnée le 18 novembre à l’Institut kurde.

Les funérailles ont lieu le 19 novembre. La cérémonie a commencé à 11h00 à l’Institut kurde de Paris, dont il était un membre d’honneur, où une chapelle ardente avait été dressée. Des milliers de Kurdes ainsi que de nombreux Turcs, Arméniens, Français, sont venus s’incliner devant sa dépouille et signer le registre de condoléances.

Partant de l’Institut kurde, le cortège funèbre est arrivé au cimetière du Père Lachaise vers 15h 00 se frayant difficilement le chemin au travers d’une foule d’environ 15 000 admirateurs et amis accourus de tous les coins d’Europe. Après des interventions des personnalités kurdes, turques et françaises, et de son épouse, conformément à tradition kurde, deux chanteurs, Sivan Perwer et Ferhat Tunç, ont chanté deux élégies kurdes. Puis Ahmet Kaya a été enterré en compagnie de ses propres chansons, tristes et poignantes, sur la mort sur l’exil, sur la liberté.

Son corps repose à quelques pas de son ami, Yilmaz Güney, le grand cinéaste kurde, auteur de Yol, lui aussi mort en exil.

Korkarim - Ahmet Kaya

Sources : Institut kurde de Paris