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Révolution et Empire

DOMON Jean Siméon général baron de l’Empire (1774-1830)

16eme division (3eme ligne, V, 28)
jeudi 11 janvier 2007.
 

Général et baron de l’Empire

Jean Siméon Domon est né le 2 mars 1774, à Maurepas (Somme), entra au service le 6 septembre 1791 dans le 4e bataillon de volontaires nationaux de la Somme et fut envoyé en 1792 à l’armée du Nord, où il devint lieutenant le 12 mai 1793, et capitaine le 4 juin suivant.

Amalgamé dans la 2e demi - brigade d’infanterie en germinal an II, il passa en qualité d’aide-de-camp provisoire auprès du général Compère le 12 floréal et eut un cheval tué sous lui au combat livré à la même époque entre l’abbaye de Flens et le village de Coutiches.

Successivement employé aux armées de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse, d’Angleterre, du Danube et du Rhin, il donna, dans maintes circonstances, les preuves de la plus rare intrépidité.

Le 3 prairial an II, s’étant mis à la tête d’une compagnie de grenadiers qui venait d’être repoussée du village de Héchier, il saisit une échelle qu’il appliqua sur les retranchements, y pénétra le premier, malgré un coup de sabre qu’il reçut à la main droite, et s’empara d’une pièce de canon. Au siège de Nimègue, le 18 brumaire an III, l’ennemi étantparvenu, lors d’une sortie, à pénétrer dans le camp français où plusieurs compagnies avaient déjà lâché pied, Domon rallia les fuyards et repoussa les assiégés dans leurs murs.

Au passage du Wahal, le 3 messidor an III, il eut le commandement d’une colonne chargée d’enlever une redoute contre laquelle on avait déjà vainement dirigé plusieurs attaques ; il s’empara de la position du premier élan, et tua plusieurs canonniers sur leurs pièces.

Domon, Dans une autre circonstance, comme un détachement de hussards du 5e régiment faisant boire ses chevaux dans la Meuse, avait été surpris par 400 Hollandais sortis à l’improviste du fort de Saint-Michel, Domon s’élança au milieu des assaillants, suivi seulement de son soldat d’ordonnance, les mit en déroute et leur fit 22 prisonniers.

Pendant la même campagne , lors d’une reconnaissance aux environs d’Odenzuel, il enleva 25 chevaux aux hussards du Salm et de Hompech ; enfin, à l’attaque du château de Bentheim, chargé de se porter sur le village de Gilham , il y fit prisonniers 10 Hessois avec leur commandant.

Domon suivit son général à l’armée du Rhin , et se trouva à la bataille de Neuwjed ; le 30 vendémiaire an V, il emporta une redoute frisée et palissadée, eut son cheval tué sous lui, reçut plusieurs balles dans ses vêtements, et fut cité dans le rapport du général Hoche. Au combat livré en avant de Dettingen, où l’armée du Danube, le 4 germinal an VIII, on le vit déployer tour à tour les talents d’un chef et l’intrépidité d’un soldat : démonté au milieu de l’action et blessé à la jambe gauche par uu éclat d’obus, il eut assez de courage pour remonter à cheval et conserver son poste pendant trois heures.

Voyant, à la fin de la journée, son général blessé et sur le point d’être fait prisonnier, il rassembla quelques braves, et, sabrant autour de lui avec autant d’énergie qu’au commencement de l’affaire, il parvint à le dégager et a le conduire aux ambulances.

Tant de courage et de dévouement ne restèrent point dans l’oubli : tandis que le Directoire, par son arrêté du ler prairial an VII, élevait Domon au grade de chef de bataillon, Masséna, par un ordre du jour du 12 du même mois, le nommait chef d’escadron au 5e régiment de hussards.

Dans le courant de l’an XI, il fut envoyé en Hanovre, et passa le 23 frimaire an XII au 3e régiment de hussards, alors au camp de Montreuil, où, le 23 prairial suivant, il obtint la décoration de la Légion-d’Honneur.

Employé au 6e corps pendant la campagne d’Autriche, il se trouva au combat d’Elchingen, près d’Ulm, le 23 vendémiaire an XIV, où il eut le cou traversé par une balle en chargeant à la tête de son régiment sur deux bataillons auxquels il enleva cinq pièces de canon.

Promu au grade de major au 7e régiment de hussards, le 7 janvier 1807, il continua la guerre de Pologne avec la réserve de cavalerie de la grande armée jusqu’à la paix de Tilsitt, et vint, à la fin de 1807, tenir garnison à Ruremonde.

Il avait été élevé au grade d’officier de l’Ordre le 3 juillet précédent, et désigné en janvier 1808 pour commander le régiment de hussards de la division de réserve de Poitiers ; mais une nouvelle disposition de l’Empereur ayant prescrit aux majors de rester aux dépôts de leurs corps, il reçut contre-ordre.

Nommé, le 7 avril 1809, au grade de colonel en second, il reçut l’ordre de conduire le 7e régiment de hussards au 3e corps de l’armée d’Allemagne, et combattit à la tête de ce corps à Wagram les 5 et 6 juillet, à Znaïm le 10 du même mois, devint colonel du 8e hussards le 10 août, et fut créé baron de l’Empire au mois d’octobre.

Employé au corps d’observation de la Hollande pendant les années 1810 et 1811, il fit la première partie de la campagne de Russie avec le 1er corps de cavalerie, fut nommé général de brigade à Witepsk, le 7 août 1812, en récompense de sa conduite distinguée aux combats d’Ostrowno, les 25, 26 et 27 juillet, où la cavalerie, engagée par Murat, fit des prodiges de valeur.

Maintenu dans son nouveau grade au 1er corps de cavalerie, le général Domon devint dès ce jour, le compagnon et l’ami du roi de Naples, qui obtint de l’Empereur, à son départ de Moscou, le 20 octobre, l’autorisation de prendre Domon à son service avec les titres de lieutenant-général et de capitaine de ses gardes.

Arrivé à Naples au mois de mars 1813, il y fut nommé colonel-général de là cavalerie du royaume, et repartit avec le roi pour aller prendre le commandement d’une brigade de cavalerie légère à la grande armée.

Blessé grièvement à la jambe en passant le Bober à Lœvemberg, le 21 août, action pour laquelle il obtint la croix de commandeur de la Légion-d’Honneur, il retourna bientôt à Naples avec Murat ; mais quand il apprit la honteuse défection de ce monarque et son alliance avec l’Autriche, il se hâta de donner sa démission, le 21 janvier 1814, et revint à Paris le 21 mars où il fut attaché à la vieille garde.

Chevalier de Saint-Louis le 29 juillet, et en non-activité le 19 août, il fut désigné, à la nouvelle du retour de Napoléon , pour accélérer l’organisation des volontaires royaux ; mais il renvoya sa lettre de service en prétextant son incapacité pour mener à bien un semblable travail.

Le 19, un nouvel ordre lui prescrivit de se rendre à Châlons sur-Marne pour y prendre le commandement de 8 régiments de cavalerie ; arrivé le 21 dans cette place, il y trouva toute la garnison, composée des 12e de ligne et 5e hussards, en pleine défection ; et, presque tous les officiers nommés par le Roi ayant abandonné leur poste, le général Domon prit le commandement des troupes actives de la 2e division militaire , et les porta sur Rethel afin de pourvoir à la défense de cette partie de la frontière.

Le 6 avril, il obtint le commandement de la 6e division de cavalerie au 3e corps de l’armée du Nord, et prit part aux combats de Fleurus, de Wavres et de Namur, les 15, 46 et 17 juin. A la bataille de mont Saint-Jean, le 18 juin, sa division, destinée à se porter en arrière de la droite, pour s’opposer à la marche du corps prussien qui avait échappé à Grouchy, eut à soutenir, après les combats de la journée , le premier choc de Blùcher, et s’y couvrit de gloire. Quand la retraite fut ordonnée, il ramena le reste de son monde en bon ordre sous Paris, passa la Loire le 10 août, et fut envoyé par le maréchal Macdonald à Montpellier pour y préparer le licenciement de 5 régiments de l’armée du Midi.

Mis en non-activité le 1er octobre, éloigné de Paris comme suspect, il reçut l’ordre de se rendre à Péronne, où il vécut dans la retraite jusqu’à la fin de 1822.

Les préparatifs de la guerre d’Espagne amenèrent son rappel à l’activité ; il fut désigné, le 12 février 1823, pour commander une division de cavalerie au 2e corps de l’année des Pyrénées , et montra, dans cette campagne, les talents. d’un officier de cavalerie expérimenté. Arrivé à Baza le 25 juillet, il marcha contre Ballesteros, qu’il rencontra le 28 aux environs de Montelegiar dans la position d’El-Castillo : ayant su à propos prendre l’ennemi à revers par sa gauche, il seconda parfaitement le mouvement de front opéré par le maréchal Molitor, et fit éprouver à l’ennemi des pertes considérables.

A la fin de la campagne il reçut l’ordre de Saint-Ferdinand le 20 octobre, quitta Grenade le 28, et rentra en France où le roi le créa vicomte et commandeur de Saint-Louis le 2 novembre. Grand officier de la Légion-d’Honneur le 29 octobre 1828. Il est mort à Paris le 5 juillet l830.

Sources : Les Gloires Militaires de la France, Charles Mulliè, Paris 1851.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)