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VILLEMAIN Abel François (1790-1870)

60eme division (17e ligne, AG, 9)
dimanche 7 janvier 2007.
 

Ecrivain, secrétaire perpétuel de l’Académie française

Abel François Villemain voit le jour le 9 juin 1790 à Paris. Cet homme politique et écrivain fut secrétaire perpétuel de l’Académie Française. Il est le fils d’un marchand de soieries, Ignace Jean Villemain, et d’Anne Geneviève Laumier, fille d’un bourgeois de Paris.

Il commence ses études chez Planche, c’est là que, dès douze ans, il joue la tragédie en grec. Il poursuit ensuite ses études au Lycée Louis-le-Grand à Paris. Il se fait remarquer par la brillance de son esprit et son extrême facilité. Il est l’élève de Luce de Lancival en rhétorique, qui se fait suppléer par lui lorsque la maladie la tient éloignée de sa chaire. Parallèlement, il suit des études de droit. Il asseoit très tôt une réputation méritée.

Louis de Fontanes, Grand maître de l’Université, le nomme d’emblée professeur suppléant de rhétorique au Lycée Charlemagne en 1810. il est ensuite nommé maître de conférences de littérature française et de versification latine à l’Ecole normale supérieure. Il est chargé du discours latin, dont l’usage déjà en désuétude, vient d’être rétabli à la distribution des Prix du concours général. En 1812, il obtient un prix de l’Académie Française pour un Eloge de Montaigne.

Grâce à ce succès mérité, il peut désormais compter sur le soutien de Suard, du comte de Narbonne, de la princesse de vaudémont. Il est reçu dans les salons littéraires de l’époque, où ses qualités et ses talents de conteur et de narrateur le font rechercher. Pourtant, ses contemporains dressent un portrait sévère de Villemain. Armand de Pontmartin dit de lui  :-« De sa laideur simiesque, de sa tenue négligée, le gilet de tricot d’une propreté douteuse dépassant la manche de l’habit ».

Sa carrière administrative prend fin avec la chute de l’Empire. La restauration lui ouvre pourtant des opportunités qu’il saura saisir. Le 21 avril 1814, il est autorisé, exceptionnellement, à lire dans l’enceinte de l’Académie Française, en présence de l’Empereur de Russie, Alexandre Ier et du Roi de Prusse, son mémoire intitulé Avantages et inconvénients de la Critique. Ses compliments en direction des souverains étrangers sont jugés très sévèrement par l’opinion libérale.

Villemain, en mai 1814, est nommé professeur adjoint d’histoire moderne à la Sorbonne, où il supplée Guizot. Il est à nouveau couronné par l’Académie Française le 25 août 1816 pour son Eloge de Montesquieu. Il est nommé en novembre de la même année, professeur d’éloquence française à la Sorbonne en remplacement de Royer Collard. C’est à ce poste, où pendant prés de dix ans, il donne une série de cours de littérature qui influencent notablement sur ses jeunes contemporains. Sa grande chance est avant tout d’avoir précédé le mouvement romantique.

En 1819, il publie l’Histoire de Cromwell, ouvrage qui est traduit en plusieurs langues. Il est nommé maître des Requêtes au Conseil d’Etat sous le ministère Decazes (4 novembre 1818). Il est conseiller d’Etat en 1826, devient chef de la division de l’Imprimerie et de la Librairie au ministère de l’Intérieur (décembre 1819).

Le 24 avril 1821, il succède à l’Académie Française au fauteuil de Louis de Fontanes, Grand-maître de l’Université. Partisan de l’indépendance de la Grèce, il publie Lascaris ou les Grecs du XVe siècle (1825), et l’Essai sur l’état des Grecs depuis la conquête musulmane (1825). En 1822, il donne la traduction de la République de Cicéron.

Mais, le ministère Villette, inquiet du succès des cours professés en Sorbonne, ordonne leur suspension. Villemain est élu député par le département de l’Eure le 10 juillet 1830, il siège parmi les constitutionnels. La Révolution de 1830 lui assure une position politique enviable. Il fait partie de la Commission de révision de la Chartre. Mais son mandat n’est pas renouvellé par ses électeurs.

Le Roi Louis-Philippe le nomme membre du Conseil Royal de l’instruction publique, il en devient le vice-président en 1832. Il est ensuite conseiller d’Etat et Pair de France (11 octobre 1832). Il est secrétaire perpétuel de l’Académie Française le 11 novembre 1834. A.F. Villemain est chevalier puis Grand Officier de la Légion d’Honneur le 20 octobre 1843.

La Révolution de 1848, le renvoie à ses chères études. Il se démet de son titre de professeur et ne revient pas à la Sorbonne en 1852.

Dès lors, il se consacre entièrement à la publication de quelques ouvrages nouveaux et à la réédition d’ouvrages plus anciens. En 1860, il fait paraître La France, l’Empire et la Papauté. Son Histoire de Grégoire VII, un de ses meilleurs ouvrages est publié après sa mort en 1873. Abel François Villemain est décédé à Paris le 8 mai 1870.

La stèle de sa sépulture était ornée d’un médaillon en bronze, oeuvre du sculpteur Lequien, qui a disparu...

Médaillon 1er titre en plâtre...

Signature originale Lequien, sculpteur...

Un grand merci à M. Jean de la Porte, descendant d’Abel François Villemain pour ces deux photos. (APPL 2012)