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Révolution et Empire

HENNEQUIN Jean-François, maréchal de camp, baron (1774-1832)

39eme division (3eme ligne, N, 32)
dimanche 31 décembre 2006.
 

Maréchal de camp et baron de l’Empire

Jean-François Hennequin est né le 3 janvier 1774, à Mont-Marault (Allier), entra au service le 25 août 1792 comme lieutenant dans le 2e bataillon du Cher, devenu 132e et 108e demi-brigade de ligne. Il fit les campagnes de 1792 à l’an IV, aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse.

Promu capitaine le ler thermidor an IV, il servit avec honneur depuis cette époque jusqu’à l’an IX aux armées du Rhin, d’Helvétie et du Danube, et se distingua surtout dans les journées des 3, 8 et 9 vendémiaire an VIII, à Muthental. Le 3, à la tête de trois compagnies de grenadiers, il parvint, par les sages dispositions qu’il prit, à arrêter les progrès des Russes qui manœuvraient pour couper l’armée française, et Hennequin exécuta, avec autant de précision que de sang-froid, l’ordre qu’il avait reçu de dégager le 1er bataillon de la 108e demi-brigade et une partie de la 50° qui se trouvaient vivement compromis, et avec ses trois compagnies de grenadiers il culbuta une colonne ennemie forte de 3000 hommes, la mena tambour battant jusqu’aux portes de Zurich et lui fit éprouver une perte considérable. A l’affaire du 8, la 108e étant chargée d’attaquer le général Souvarow, dans les gorges de Muthental, se vit obligée, par la supériorité numérique de l’ennemi, d’appeler à son secours les trois compagnies de grenadiers qui formaient la réserve. Hennequin engagea le combat et le soutint pendant toute là journée avec tant d’acharnement, que les Russes ne purent remporter aucun avantage. Les grenadiers leur tuèrent beaucoup de monde et leur prirent 2 pièces de canon. Le lendemain 9, la 53e demi-brigade, qui avait reçu l’ordre d’attaquer l’armée russe dans la position avantageuse qu’elle occupait, se vit bientôt forcée de battre en retraite devant les forces imposantes qui lui étaient opposées. Hennequin, qui devait appuyer cette demi-brigade, et qui était déjà en position à l’entrée de la gorge, sut inspirer une telle confiance et une telle ardeur à ses grenadiers , qu’il parvint à arrêter un ennemi qui se croyait déjà vainqueur. Il reprit les canons dont les Russes s’étaient emparés, ainsi que les chariots chargés de nos blessés, et tua un grand nombre d’ennemis.

Il se fit encore remarquer les 13, 15 et 19 de la même année, aux batailles d’Engen , de Moeskirch et de Riberach, et le 12 frimaire an IX à celle de Hohen-lindeh. Le premier Consul lui décerna un sabre d’honneur par arrêté du 9 prairial an X. Classé comme membre de droit dans la 7e cohorte de la Légion-d’Honneur, il en fut nommé officier le 25 prairial an XII, et fut désigné par l’Empereur pour faire partie du collège électoral du département de l’Allier. Il servit à l’armée des côtes de l’Océan pendant les ans XII et XIII. Le 12 fructidor de cette dernière année il passa avec son grade dans les grenadiers à pied de la Garde impériale, fit avec ce corps d’élite la campagne de l’an XIV, 1806 et 1807 à la grande armée ? et fut nommé chef-de bataillon aux fusiliers-grenadiers de la même garde le 16 février 1S07.

En Espagne en 1808, à l’armée d’Allemagne en 1809, il retourna en Espagne , où il fit la guerre pendant les années 1810 et 1811. Colonel-major du 5e régiment de tirailleurs de la Garde impériale le 24 juin 1811, c’est à la tête de ce corps qu’il combattit en Russie et en Saxe pendant les guerres de 1812 et 1813 ; il fut créé baron de l’Empire, et se signala par son intrépidité à la bataille de Dresde , où il fut blessé par un éclat d’obus à la tête, et par un coup de feu qui lui brisa la mâchoire inférieure, détruisit les dents incisives, et emporta la partie latérale gauche de la langue.

Ces blessures, lé mettant dans l’impossibilité de continuer de servir activement, il sollicita sa retraite. Mais l’Empereur , qui voulait lui témoigner la haute satisfaction qu’il éprouvait de ses longs et honorables services , le nomma général de brigade le 25 novembre 1813 et l’admit à jouir de la retraite de ce grade. Par décret du même jour, le baron Hennequin fut créé commandant de la Légion-d’Honneur.

Il reçut la croix de Saint-Louis le 5 octobre 1814.Jean-François Hennequin est décédé à Paris en 1832.

Sources : Les Gloires Militaires de la France, Charles Mulliè, Paris, 1851.