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Révolution et Empire

La sépulture du général GOBERT (1770-1808)

37ème division
mardi 1er novembre 2005.
 
Général et baron de l’Empire, Jacques-Nicolas Gobert fut tué à Baylen. Sépulture acquise par l’Académie Française le 10 octobre 1837. Monument élevé par les soins de l’Académie Française et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Le cœur du général a été déposé le 18 juillet 1845 en présence de MM. Pingnard, Choquet et Achille Leclerc, membres de l’institut. La statue équestre et les bas-reliefs sont de David d’Angers. Cette sculpture magistrale surplombe la section dite des maréchaux (37ème division). A ce jour, une restauration serait nécessaire.

Gobert,général de division, naquit à la Guadeloupe, le 1er juin 1760. Envoyé en France pour y faire ses études, il entra, le 1er janvier 1780, à l’École du génie. Nommé lieutenant en second en février 1782, capitaine le Ier avril 1791, il fit, en qualité d’ingénieur, et comme adjoint aux adjudants-généraux, la campagne de 1792 aux armées du Nord et des Ardennes.

Devenu, le 8 mars 1793, adjudant-général chef de bataillon, la valeur qu’il déploya, le 6 mai, au combat de Famars, lui valut, du général Dampierre, sa nomination au grade de général de brigade provisoire, dans lequel il fut confirmé le 15 du même mois. Il combattit avec non moins de bravoure, le 23, à la seconde affaire de Famars, dite de Valenciennes. Mais sur la supposition qu’il pouvait être noble, la commission executive le destitua le 30 juillet suivant et le fit incarcérer. Gobert, rendu à la liberté, réclama contre la qualification qui lui avait été donnée, et rappela, dans son Mémoire au II au Comité de salut public, que le premier, au camp de Pont-sur-Sambre, il avait levé l’étendard contre Lafayette qui voulait marcher sur Paris, et que le premier encore il s’était soulevé contre Dumouriez, lorsque ce général avait essayé de rendre ses troupes complices de sa trahison.

Le Comité accueillit favorablement la réclamation de Gobert, sans toutefois le rétablir dans son grade. Il ne lui accorda que celui de chef de bataillon, et l’envoya, le 13 nivôse an III, comme sous-directeur des fortifications à Port-Liberté (Port-Louis).

Il se rendait à son poste, quand Hoche, qui commandait alors l’armée campée devant Quiberon, le prit pour chef d’état-major ; mais, par des motifs inconnus, Hoche provoqua sa destitution le 15 fructidor. Gobert, que cet acte de rigueur étonna d’autant plus qu’il en ignorait la cause, s’en plaignit, et le 8 ventôse le Directoire le rétablit dans son grade de chef de bataillon et le renvoya à sa première destination.

Destitué par arrêté du Directoire du 9 brumaire an VI, sur la proposition de Schérer, ce fut sur un rapport de Milet-Mureau, chargé de l’intérim de la guerre pendant l’absence de Dubois de Crancé, du 4e jour complémentaire an Vif, que le Directoire le réintégra, le mêmejour, dans son grade de général de brigade dans la ligne. On lit dans le rapport de Milet-Mureau : « Le motif de sa destitution est une lettre, écrite à La Carrière, représentant du peuple déporté, dans laquelle avec des principes avoués de tous les républicains, mais qui étaient mal expliqués aux contre-révolutionnaires du 18 fructidor, il disait que la représentation nationale devait toujours rester intacte. »

Employé à l’armée de réserve qui s’organisait à Dijon le 8 germinal an VIII, il suivit cette armée en Italie, et se trouva, dans la nuit du 1er au 2 prairial, à l’attaque du fort de Bard. Mis en non-activité le 1er vendémiaire an X, il passa, le 18 nivôse, à l’armée qui devait former la seconde expédition de Saint-Domingue, mais qui fut dirigée sur la Guadeloupe, où les noirs s’étaient révoltés. Arrivé dans cette colonie le 17 prairial, le 20, le général Richepanse le chargea d’opérer le débarquement d’une partie des troupes près la Basse-Terre, ce qu’il exécuta malgré le feu violent de la côte. Il poursuivit le lendemain les rebelles, emporta la position retranchée de Dollet, et dispersa les rassemblements de la Grande-Terre.

Richepanse quitta quelque temps après la Guadeloupe et laissa le commandement de cette colonie au général Gobert qui, de retour lui-même en France en brumaire an XI, fut mis en disponibilité le 15 floréal, et nommé général de division le 9 fructidor suivant.

Membre et commandant de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII, il remplaça le général Souham dans le commandement de la 20e division militaire, et obtint celui de la 3e le 14 ventôse an XIII.

En 1806, il commanda la ville de Mindeu, dans la Prusse rhénane, et en 1807, la 2e division de l’année d’observation des côtes de l’Océan.

Employé en Espagne en 1808, il reçut au commencement de juillet l’ordre de rejoindre le général Dupont dans la province de Jaën. En route, il battit les insurgés qui lui disputaient le passage du défilé de Pefia-Perros, les chassa de la Caroline, et arriva le 12 à Baylen qu’il occupa avec 1500 hommes de sa division. Le 16, Castanos ayant attaqué et mis en pleine déroute le général Liger-Belair, celui-ci se retira en toute hâte sur Baylen , d’où Gobert sortit avec deux bataillons et un régiment de cuirassiers, dont les charges très-heureuses arrêtèrent d’abord les Espagnols , qui peut-être eussent été complètement battus sans la blessure que Gobert reçut alors.

Atteint d’une balle à la tête, il mourut à Guaraman, dans la nuit du 16 au. 17. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Ouest.

Sources : Biographie des Célébrités Militaires par C.Mulliè, Paris, 1850. 5APPL 2006)