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Révolution et Empire

LALLEMAND Antoine général baron (1774-1839)

31eme division
vendredi 22 décembre 2006.
 

Général de division de l’Empire

né à Metz (Moselle), le 23 juin 1774, était fils d’un perruquier de cette vilie qui lui fit donner une bonne éducation. Engagé comme volontaire dans la l6 compagnie d’artillerie légère , formée à Strasbourg le ler mai 1792, il fit dans ses rangs les campagnes de l’Ar-gonne et de Trêves ; entra le 1er mars 1793 dans le 1er régiment de chasseurs à cheval , avec lequel il servit aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse, fut appelé, au mois de vontôse an III, en qualité d’aide-de-camp provisoire, auprès du général Ëlie, commandant de la 2e division militaire ; vint à Paris, dans le mois de prairial suivant, avec le général Loison qui le conserva à l’état-major de la 17e division militaire.

Le 13 vendémiaire il défendit la Convention dans les rangs de l’état-màjor du général Bonaparte, obtint le brevet de sous-lieutenant de dragons et celui d’aide-de-camp. Nommé lieutenant des Guides à cheval de l’armée d’Italie en l’an V, il partit pour l’Egypte en l’an VI et devint capitaine aide-de-camp du général Junot pendant le siège de Jaffa. Bonaparte l’employa, à cette époque, comme négociateur auprès de l’amiral Sidney Smith.

Chef d’escadron et membre de la Légion-d’Honneur en l’an XII, le premier Consul le chargea d’une mission à Saint-Domingue, auprès du général Leclerc. A son retour en France , il suivit Junot en Portugal, entra comme major au 18e dragons et fit la campagne d’Autriche. Colonel du 27e dragons, après la bataille d’Iéna, officier de la Légion-d’Honneur, après la bataille de Friedland, il entra en Espagne en 1808, avec la 1ere division de dragons, et revint en France en 1809, pour se remettre de ses fatigues. Ayant rejoint son régiment en janvier 1810, il fut promu au grade de général de brigade le 6-août 1811. Dès son arrivée en Murcie avec la 2° division de cavalerie il culbuta les insurgés, leur fit beaucoup de prisonniers, attaqua le 21 juin 1812, à Valencia de la Torrès une forte colonne de cavalerie anglaise, la mit en pleine déroute, lui tua 300 hommes et 500 chevaux et lui fit 130 prisonniers. En 1813, il servit à la grande armée et commanda la cavalerie légère du 13e corps. Pendant la campagne de 1814, il commanda tous les corps danois renfermés dans Hambourg et rentra en France au mois de mai. Le gouvernement royal le créa chevalier de Saint-Louis et commandeur de la Légion-d’Honneur, en lui confiant le commandement du département de l’Aisne. A la nouvelle du débarquement de Napoléon il tenta d’entraîner les troupes des garnisons de Guise et de Chauny dans le mouvement que le général Lefebvre Desnoëttes faisait à la tête des chasseurs royaux et voulut s’emparer de la ville et de l’arsenal de La Fère. Le général d’Aboville fit échouer cette tentative ; Lallemand fut obligé de se déguiser et de fuir avec quatre officiers ; mais arrêté avec son frère le 12 mars à la Ferté-Milon, il fut conduit à Soissons et ne recouvra sa liberté que le 21 mars.

Nommé lieutenant-général et pair il prit le commandement des chasseurs à cheval de la garde et combattit à Fleurus et à mont Saint-Jean. Après ce glorieux désastre, il rejoignit Napoléon à Paris et l’accompagna à Rochefort. Pendant que l’Empereur était transféré à bord du Northumber-land, le général Lallemand était arrêté à Plimouth et jeté sur YEurotàs pour ôtre conduit prisonnier de guerre à Malte.

Compris dans la 1ere catégorie de l’ordonnance du 14 juillet le 1er conseil de guerre de la 1ere division militaire le condamna à l’unanimité et par contumace, le 20 avril 1816, à la peine de mort, comme coupable de rébellion et de trahison à son arrivée à Malte ; on l’emprisonna au fort Manuel, mais le généralSavary obtint sa liberté et il se rendit à Smyrne qu’il dut quitter par ordre du sultan. Il passa alors en Egypte, puis aux Etats-Unis, où, l’année suivante, il arma quelques bâtiments légers dans le but de fonder au Texas une colonie de réfugiés français qui prit le nom de Champ d’Asile. Les Etats-Unis anéantirent cet établissement naissant et déjà en voie de prospérité qui leur donnait de l’ombrage.

Nos compatriotes furent dispersés et le général Lallemand se réfugia à la Trinité puis à la Nouvelle - Orléans. En 1823, il se rendit à Lisbonne, puis à Cadix, pour y défendre la cause des constitutionnels ; mais le triomphe des royalistes le força à retourner aux Etats-Unis. Revenu en France à la suite de la révolution de 1830, il fut rétabli sur le tableau de l’état-major et nommé successivement lieutenant-général, Pair de France, commandant d’une division de cavalerie, inspecteur général de son arme, commandant de la 17e division (Corse) , grand officier de la Légion-d’Honneur, commandant la 10" division (Toulouse), membre du comité d’infanterie et de cavalerie, président du jury d’examen de l’École militaire, etc.

Il est mort à Paris le 9 mars 1839.

Sources : Biographies des gloires militaires, par C. Mullié, Paris 1852.