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VILLIERS DE L’ISLE ADAM Auguste (1838-1889)

79eme division (1ere ligne, H, 4)
lundi 11 décembre 2006.
 

Les Contes cruels...

Jean Marie Mathias Philippe Auguste de Villiers de l’Isle-Adam naît le 7 novembre 1838 à Saint-Brieuc. Il est le fils du marquis Joseph Toussaint, lui-même gentilhomme breton et descendant d’un illustre chevalier de l’Ordre de Malte. En 1846, sa mère obtient la séparation de biens d’avec son mari, qui multiplie à cette époque les opérations financières hasardeuses. L’année suivante, l’enfant entame des études qui le mènent dans différents établissements de Bretagne et de Normandie. Il est ainsi successivement élève à Tréguier, à Rennes, à Laval, à Vannes et à Saint-Brieuc ; sa mère le confiant également à l’occasion à des précepteurs ecclésiastiques. En 1852 enfin, Villiers de l’Isle-Adam entre au Lycée de Saint-Brieuc, en tant qu’externe. Il ne parvient cependant pas à obtenir le Baccalauréat en 1855.

Monté à Paris, le jeune homme mène une vie de bohème, fréquentant les cafés et les théâtres, leurs coulisses également... Au mois de juillet 1858, s’essayant enfin à la littérature, Villiers rédige un premier opuscule intitulé Deux Essais de poésie, puis publie à compte d’auteurs au mois de décembre de l’année suivante ses Premières Poésies, un recueil de vers d’inspiration romantique Il collabore ensuite à diverses revues et fait bientôt la connaissance du poète Charles Baudelaire puis de Stéphane Mallarmé. Sa famille le rejoint alors dans la capitale, le forçant au mois de septembre 1862 à effectuer une retraite à l’abbaye de Solesmes, afin de s’éloigner quelques temps de l’actrice Louise Dyonnet. Une expérience qu’il renouvelle d’ailleurs en 1863. Villiers de l’Isle-Adam s’éprend ensuite d’Estelle Gautier, fille cadette du poète, qu’il espère épouser. En vain, sa famille lui refusant son consentement et l’argent nécessaire. Dans les années qui suivent, l’écrivain édite, à ses frais et hors commerce, deux drames en prose sans grand relief, Elen en 1865, et Morgane en 1866. Au mois d’octobre 1867, il fonde la Revue des Lettres et des Arts, une feuille qui paraîtra jusqu’en mars 1868. Poursuivant son travail de littérateur à côté de ses activités journalistiques, il publie un long récit, Claire Renoir, ainsi que L’Intersigne. En compagnie de son ami Catulle Mendès, Villiers de l’Isle-Adam effectue ensuite deux longs séjours en Allemagne, ce qui le mène à Triebschen, en la demeure du compositeur Richard Wagner à qui il est présenté.

Au mois de mai 1870, un drame La Révolte est représenté à cinq reprises au Vaudeville, à Paris. Alors que la capitale vient de connaître un long siège organisé par les armées prussiennes, Villiers participe, sous le pseudonyme de Marius, à la rédaction du journal Le Tribun du Peuple, favorable à la Commune. En 1872, l’écrivain achève un nouveau drame en prose, Axel, puis entame en 1874 la publication de nouvelles dans la presse parisienne. Ces textes composeront plus tard les Contes cruels. A cette époque, il nourrie des projets d’union avec une jeune Anglaise, Anne Eyre Powells. Ceux-ci échouent de nouveau.

Le Nouveau Monde paraît en 1880 et ne sera joué qu’en 1883 au Vaudeville. L’année suivante, Marie Dantine qu’il emploie à son domicile donne naissance, le 10 janvier, à un fils Victor. Villiers reconnaîtra l’enfant sur son lit de mort. L’année suivante, il est candidat malheureux, sur une liste légitimiste, aux élections municipales dans le XVII° arrondissement de Paris. Le 9 février 1883 enfin, paraît chez Calmann-Lévy la première édition des Contes cruels, une œuvre d’une profonde originalité, inspirée de l’univers baudelairien et d’Edgar Poe. Celle-ci contribue tardivement à asseoir la notoriété de son géniteur. Par la bouche de son personnage, Des Esseintes, apôtre du dandysme et de la décadence Jorys-Karl Huysmans célèbre l’œuvre dans A Rebours qu’il signe l’année suivante. Une amitié profonde unira les deux écrivains, à laquelle s’ajoute celle de Léon Bloy.

A cette époque, Villiers de l’Isle-Adam fait paraître plusieurs de ses productions : L’Ève future en 1886, qui donne vie à un automate féminin, ainsi que L’Amour suprême, puis Tribulat Bonhomet, un recueil narratif l’année suivante. Toujours aussi peu enclin à apprécier la République, l’écrivain et son antiparlementarisme trouvent à s’exprimer avec l’agitation boulangiste. Il accompagne ce mouvement cocardier et populiste, qui voit dans le général Boulanger l’instrument de la Revanche et l’artisan du renouveau de la France. Villiers s’inscrit au Comité central de la Ligue des Patriotes de Paul Déroulède, un des " sonneurs de clairon " les plus agités.

En 1888 toujours, il publie les Histoires insolites, le 27 février, puis des Nouveaux Contes cruels, le 13 novembre suivant. Une tournée de conférences effectuée en Belgique du 14 février au 10 mars de la même année ajoute à la fatigue de l’écrivain. Villiers de l’Isle-Adam est en effet atteint d’un cancer des voies respiratoires. Le 12 août 1889, il entre à l’hospice des Frères de Saint-Jean-de-Dieu, à Paris, et épouse le surlendemain Marie Dantine dans sa chambre de malade. Villiers de l’Isle Adam décède le 18 août 1889.Sa sépulture est une concession gratuite par arrêté préfectoral en date du 31 juillet 1895.

Sources : ANOVI,BNF et divers