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Révolution - Empire - Restauration

REGNAULT de SAINT JEAN d’ANGELY Etienne (1761-1819)

11eme division (2eme ligne, Y, 20)
vendredi 1er décembre 2006.
 
Michel Louis Etienne Régnault de Saint Jean d’Angely est un homme politique, avocat et journaliste. Il fut député aux Etats Généraux, conseiller et ministre d’état sous l’Empire, comte de l’Empire, membre de l’Académie française (élu en 1803, mais exclu en 1816). Sa famille maternelle était originaire de Saint Jean d’Angély).

Homme politique, comte de l’Empire

Michel Louis Etienne Régnault, né à Saint Fargeau le 3 novembre 1760, fait des études de droit et rédige les cahiers de doléances du Tiers de Saint Jean d’Angély. Il est élu aux Etats Généraux de 1789. C’est alors qu’il ajoute à son nom Saint-Jean d’Angély, pour se démarquer de plusieurs homonymes dont un procureur au Parlement de Paris. Il siège dans cette assemblée dans le groupe des « conciliateurs » qui s’efforcent d’accorder les idées nouvelles avec celles de la monarchie. Il crée le Journal de Versailles dont il est le principal rédacteur en 1789 et en 1791. Il collabore à divers journaux de l’époque dont le Journal de Paris et L’Ami des patriotes. Après la journée du 10 août 1792, il doit se cacher et vivre dans la clandestinité à Paris et sa région, et ce, jusqu’à la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

Régnault appartient à la tendance libérale en 1789. C’est un ami et un admirateur de Necker, ami également de sa fille Germaine de Staël. C’est lui aussi qui en 1791, sur proposition du Marquis de Villette, fait voter le transfert au Panthéon des restes mortels de Voltaire. Il est aussi journaliste et polémiste redoutable, membre du club des Feuillants avec Lameth, Desmeuniers et quelques autres. Il reprend son métier d’avocat à la fin de la Constituante, il est chargé des intérêts de l’Ordre de Malte. Mais, il est surtout un des agents secrets de la cour. Il est proscrit en en août 1792, puis en 1793.Il est arrêté à Douai, mais il parvient à s’évader En septembre, il se cache à Paris, rue du Bac. Il manque plusieurs fois être arrêté en pleine rue, mais parvient de justesse à passer le cap de thermidor.

C’est à cette époque qu’il trouve asile chez les parents d’une jeune actrice dont il a un fils Auguste de Saint Jean d’Angély qui sera maréchal de France. La jeune mère meurt en couches, Régnault recueille l’enfant qu’il reconnaît et élève.

En août 1795, il épouse Laure Guenon de Bonneuil qui sera immortalisée par le peintre François Gérard. Elle tient un salon politique, artistique et littéraire de 1796 à 1817. Sa mère fut l’égérie du poète André Chénier et célèbre pour sa beauté, fut le modèle de Mme Vigée Lebrun et de Roslin. C’est elle, qui par son rôle actif auprès des émigrés, puis de Talleyrand, permet à son gendre de bénéficier d’ouvertures dans les milieux de l’émigration royaliste.

Régnault est nommé administrateur des hôpitaux de l’armée d’Italie, il y fait la connaissance de Napoléon Bonaparte et lie son destin à ce dernier. En Italie, il est co-rédacteur avec Bonaparte du journal La France vue de l’armée d’Italie. Régnault suit le général en chef en 1796, puis en Egypte en 1798. Il fait une halte à Malte où il instaure la république. C’est à cette époque qu’il devient conseiller d’état après le 18 brumaire dont il contribue à la réussite. Il a alors un rôle d’éminence grise ou de conseiller occulte, Napoléon ayant reconnu ses hautes qualités de juriste, sa culture politique et historique, et aussi sa faculté à rédiger des discours.

Pendant toute la période du Consulat et de l’Empire, il s’occupe des relations du gouvernement avec le Sénat. Il se charge également des affaires privées de la famille impériale. Il est un des artisans du divorce avec Joséphine. Il est à l’origine de nombreuses lois au Conseil d’Etat. Il participe à la préparation des codes napoléoniens. Seule ombre à son palmarès, il est chargé de justifier auprès du Sénat les levées de conscrits de 1806 à 1813. Il est fait comte de l’Empire en 1808, en récompense de ses services. L’Empereur assura sa fortune. Entré à l’Académie française en 1803, il en est exclu en 1816.

Pendant les Cent-Jours, il reste fidèle à l’Empereur et accepte un portefeuille de ministre. Au retour des Bourbons, il est proscrit et frappé d’exil. Il vit un an aux Etats-Unis. Il est gracié par l’ordonnance générale de 1819. Régnault de Saint Jean d’Angély meurt le 11 mars 1819, le soir même de son retour à Paris. Il repose dans la 11eme division avec son épouse.