Navigation







Révolution - Empire - Restauration

RUTY François général comte (1774-1828)

38eme division (1ere ligne, O, 33)
mercredi 27 septembre 2006.
 

Lieutenant-général d’artillerie du 1er Empire

Charles Etienne François Ruty est né à Besançon dans le Doubs le 4 novembre 1774. Lieutenant-général d’artillerie il participa aux grandes campagnes du Premier Empire. Il fait de brillantes études. A l’issue de ces dernières, il entre à l’école d’artillerie de Châlons, il en sort avec le grade de sous lieutenant le 6 octobre 1793.

Ruty est admis le 6 octobre comme lieutenant en second dans le 2e régiment d’artillerie à l’Armée du Nord. Il est blessé d’un éclat d’obus à la jambe à Comines, dans un combat homérique qu’il soutient pendant plusieurs heures contre une batterie ennemie. Ensuite, il passe à l’armée de Rhin-et-Moselle, c’est là qu’il est fait capitaine le 4 ventôse an II.

Lors du siège de Kehl, dans une attaque en force très vive menée par les autrichiens contre un ouvrage avancé du camp retranché, il tient avec quelques canonniers de sa compagnie dans un saillant de la forteresse. Il reçoit une balle qui lui traverse la mâchoire de part en part, il est assommé par la violence du coup. Il ne doit la vie qu’à la bravoure et le dévouement d’un de ses sergents, qui le prend sur ses épaules et l’emmène loin du danger, pour cela, il reçoit un brevet d’honneur pour cet exploit.

Ruty suit le général Bonaparte en Egypte et partage la vie et la gloire de ses compagnons d’armes. Il est nommé chef de bataillon le 3 thermidor an VI, par le général en chef à la journée des Pyramides. Il commande l’artillerie de l’armée à Aboukir, et reçoit un sabre d’honneur pour sa conduite distinguée dans le combat du X brumaire an VIII contre les turcs, débarqués prés de l’embouchure du Nil par la branche de Damiette, l’assaillant est rejeté à la mer.

Ruty devient chef de brigade commandant le 4e régiment d’artillerie à pied, quelques mois après il est investit des fonctions de directeur d’artillerie à Perpignan. En récompense de ses services, il reçoit la décoration de membre de la Légion d’Honneur le 19 frimaire an IX, il est fait officier dans cet ordre le 25 prairial suivant. Ruty reçoit l’ordre de rejoindre le corps d’armée de Ney et de prendre la direction du parc d’artillerie. Il est envoyé à Vesel le 26 octobre 1806. Seulement un mois après son arrivée, il envoie son rapport au ministre de la guerre qui le félicite pour le travail accompli.

Ruty est promu général de brigade le 8 janvier 1807, il reçoit la croix de commandeur de la Légion d’Honneur. Il obtient le commandement de l’école de Toulouse en 1808. En Espagne, il commande l’artillerie du 7e corps d’armée, il dirige l’artillerie au siège de Cindad-Rodrigo en 1810, il contribue en grande partie, par ses manœuvres astucieuses, à la prise de la ville.

Il se distingue encore aux combats de Santa Marta et de Villaba. C’est pendant cette guerre d’Espagne qu’il donne l’idée d’un nouveau genre d’obusiers, qui fut très largement utilisé que l’on désigne sous le nom d’Obusiers Ruty. Le 10 janvier 1813, en récompense de ses mérites et des services rendus, il est promu lieutenant-général. Il est fait commandant en chef de l’artillerie de la grande armée, le 17 novembre suivant.

En avril 1814, il adhère aux actes du Sénat, il est fait chevalier de Saint-Louis, comte, puis grand officier de la Légion d’Honneur le 5 août de la même année. Au retour de l’île d’Elbe, il se rallie à l’Empereur qui l’affecta à l’armée du Nord. Son nom est inscrit sur l’Arc de triomphe. Le général comte Ruty est décédé à Paris le 24 avril 1828.

Dans la même sépulture repose également Anatole-Théodore comte Ruty (1822-1880), pair de France.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)