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Théâtre - Arts de la scène

DEBURAU ou DEBUREAU Jean Baptiste (1796-1846)

59eme division
mardi 5 septembre 2006.
 

Les enfants du paradis...

Jean Gaspard Deburau (ou Debureau) est né Janv, Kaspar Dvorak le 31 juillet 1796 à Kolin en Bohème Moravie, aujourd’hui république Tchèque.

Il est le fils d’un père français et d’une mère tchèque. Philippe Germain, son père, est né en 1761 à Amiens dans une vieille famille de Picardie. Il est tisserand de profession. Mais, il a davantage la vocation d’artiste et monte à Paris pour y devenir danseur de corde.

Il s’engage ensuite dans le régiment d’infanterie du Maréchal Michael Wallis et part pour Mayence. Sa carrière militaire le mène en Bohème, il y réside pendant treize années. Il s’installe à Kolin et se marie avec une servante Katerina Kralova. Mais, le père Deburau est tout sauf un sédentaire.

Il se joint aux troupes en exil du prince de Condé en 1799. Il fait alors sa première tentative de retour en France. Mais, il échoue. La vie en Bohème est de plus en plus difficile et la famille a du mal à subsister. Il est donc décidé de rentrer définitivement en France, à Amiens, plus précisément.

Le jeune Jean Baptiste quitte donc définitivement le pays qui l’a vu naître. On sait très peu de choses des tribulations de la famille pendant quelques quatorze années, sans doute a-t-elle voyagé à travers l’Europe.

Voici l’année 1816, et la première apparition de la famille Deburau dans son spectacle d’acrobatie. Le directeur du théâtre des Funambules, Michel Bertrand, les remarquent et les engagent sans délai. Trois ans après, le Pierrot en titre du théâtre est congédié. C’est Jean Baptiste qui le remplace au pied levé. C’est le succès immédiat. C’est le début d’une grande et longue carrière.

Deburau immortalise les pantomimes silencieuses de Pierrot. C’est un Pierrot dépouillé du superflu, un Pierrot nu dans son âme et son esprit, n’offrant aux regards que les images de son innocence et de sa candeur, Pierrot, triste, Pierrot amoureux, Pierrot trompé, Pierrot bafoué.... Toutes les misères des humbles. Sa face recouverte de blanc parachève son image, à la fois neutre et exprimant toute la palette des sentiments. La poésie qui se dégage du personnage l’éloigne de son modèle, le Pierrot de la Comédia dell’ Arte, un peu escroc, un peu voleur, beaucoup cynique.

Jean Baptiste Debureau est aussi l’auteur de ses scénarios. Ce mime merveilleux est décédé le 17 juin 1846 à Paris. Après sa mort, son fils, Jean Charles Debureau (1829-1873) lui a succédé et a conservé son école et son style, établissant ainsi la tradition moderne du mime, que l’on retrouve dans le jeu de Marcel Marceau.

Comment parler de Jean Baptiste Deburau et passer sous silence le film de Marcel Carné, Les enfants du Paradis (1943-1945), son personnage étant interprété par Jean louis Barrault. Ce chef d’œuvre du cinéma français nous restitue un instant le Boulevard du Crime et la vie grouillante du Paris de 1816-1820. On doit aussi à Sacha Guitry un film consacré au mime Deburau, tout simplement intitulé : Deburau.

Crédit photo : Annie_photos (APPL2008)