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Médecins - Chirurgiens - Hommes de l’Art

GUILLOTIN Joseph Ignace (1738-1814)

7ème (ou 8eme) division (tombe disparue)
vendredi 8 juillet 2005.
 

Médecin

Médecin réputé, il fut celui du comte de Provence. En 1788, il fait paraître une publication dans laquelle il préconise le vote par tête aux Etats Généraux et un nombre de députés du Tiers Etat au moins égal à ceux réunis de la Noblesse et du Clergé. Poursuivi et déféré au Parlement de Paris, il est acquitté et acquiert alors une énorme popularité.

Elu de Paris, il propose un projet de réforme du droit pénal dans lequel le premier article précise un mode unique d’exécution des condamnés quel que soit leur rang ou leur état.

Apparaît alors une machine mise au point par Schmitt, mécanicien allemand, et Louis, médecin réputé. On nomme tout d’abord cette machine la Louise, puis on la connaît sous le diminutif de Louison, pour finir avec le nom de guillotine.

Il y échappa de peu sous la terreur et fut sauvé comme bien d’autres par la chute de Robespierre le 9 thermidor.

Il finira sa vie comme médecin s’attachant particulièrement à propager la pratique de la vaccination. Il mourut en 1814 au moment même où les alliés entraient dans Paris. Il fut inhumé dans l’urgence, si bien qu’aujourd’hui on ne retrouve pas trace de sa tombe.

(Le registre de l’année 1814, porte l’inscription de l’inhumation du Docteur Guillotin en date du 28 mars 1814 sous le N° 1537. La localisation porte la mention : 16eme ligne, entre Parthou François et Henneaux François Ferdinand, respectivement 15eme et 14eme place. La 16eme ligne correspond au chemin neuf, le long du cimetière des juifs à gauche de la barrière.

Sources : extraits du registre, collection particulière APPL (don anonyme, versé aux fonds de dotation APPL - 20 Août 2009)

Le docteur Guillotin :

Voici, au sujet du docteur Guillotin, quelques renseignements que nous puisons dans le « Discours prononcé le 28 mars 1814, jour des obsèques de M. Guillotin, docteur-régent de l’ancienne Faculté de médecine en l’université de Paris, membre du Comité de vaccine et président de la Société académique de médecine de Paris ; par E. C. Bourru, ancien et dernier doyen de l’ancienne Faculté de médecine, etc. »

Lorsque, plusieurs fois, par suite de ma santé faible et chancelante, aidé des conseils de M. Guillotin, je repoussais la mort prête à me moissonner, j’étais bien éloigné de croire que je serais appelé un jour sur sa tombe pour vous entretenir des rares qualités qui feront regretter cet estimable confrère.

C’est ainsi que débute le discours du citoyen Bourru. Mais passons. Guillotin naquit à Saintes, le 28 mai 1738, de parents recommandables par leur probité, et c’est au sein de cette famille qu’il a sucé avec le lait ces sentiments d’honnêteté, de noblesse, de candeur, de modestie, de générosité, de désintéressement ... etc.

Guillotin en effet était le plus doux, le meilleur des hommes. Le 11 décembre 1762, il soutint au collège d’Aquitaine à Bordeaux, une thèse fort remarquable, pour passer maître es arts. Les principaux caractères de cette thèse, ajoute le docteur Bourru, étaient un scepticisme modéré, une logique sûre, un laconisme clair.

Reçu maître es arts, il entra dans l’ordre des Jésuites, où son scepticisme modéré n’était pas un obstacle, paraît-il, et il professa au collège des Irlandais pendant quelques années. Puis, l’obéissance passive à laquelle il est soumis, lui devient insupportable ; il voyage et arrive : à Paris, où il prend en 1763 sa première inscription à la Faculté de médecine. Ses progrès sont rapides. Le 20 octobre 1770, il est reçu docteur, sous la présidence de M. Poissonnier, et le 4 décembre suivant est nommé régent.

Bientôt, il fait partie d’une commission nommée par Louis XV, pour examiner ce qu’on appelait le magnétisme animal, commission où il se trouvait avec M. Franklin, M. Bailly et M. Le Roy. On lui doit d’avoir imaginé diverses épreuves, au moyen desquelles ce charlatanisme, qui fit alors tant de bruit, fut réduit à sa juste valeur, et comparé à peu près à ces extravagances qui avaient eu lieu une cinquantaine d’années auparavant, au cimetière de Saint-Médard de Paris.

Dans ses dernières années, Guillotin, enthousiaste de la dignité de sa profession, fit tous ses efforts pour rassembler, sous le titre d’Académie de médecine, ses anciens confrères ... Il voyait dans cette institution qu’il présidait actuellement la conservation de ce feu sacré, je veux dire de cette sévère probité, de cette pureté de moeurs, de cet amour de l’humanité, qui doivent caractériser tous les vrais médecins.

La carrière politique de Guillotin fut digne de sa carrière médicale. Il entre en lice en 1789 par une pétition des six corps marchands de la ville, de Paris, adressée aux Etats généraux, dont il est élu membre. En 1790 et 1791, il préside une commission chargée d’étudier l’organisation des écoles-de médecine, chirurgie et pharmacie.

C’est le 10 octobre 1789 ce qu’il proposa six articles tendant à prononcer que les mêmes peines seront infligées aux coupables ; que le préjugé d’infamie, qui rejaillit sur toute la famille, n’existera plus ; que le plus grand supplice sera d’avoir la tête tranchée . Le 1er décembre 1789, il fit un travail sur le code pénal. Il établit en principe que la loi doit être égale, quand elle protège.

Malheureusement, la motion de Guillotin fut accueillie, et a donné lieu à un instrument auquel le vulgaire a donné son nom. D’autant plus mal à propos, que ce fut un mécanicien qui offrit le modèle de cet instrument, bien connu d’ailleurs depuis longtemps. Guillotin fut même étranger aux corrections que subit la machine, avant d’être acceptée. Ces corrections sont dues à M. Louis, secrétaire de l’académie de chirurgie ; ainsi qu’on peut le constater dans la Gazette nationale au n° 82, an 1792.

Le philanthrope Guillotin est donc absolument étranger à cet Instrument qui porte son nom et qui lui attira des ennemis tellement acharnés, qu’il fut sur le point d’être guillotiné lui-même. Le bonheur voulut que la dernière charrette ne pût emporter tous les condamnés à mort qui se trouvaient alors en prison, et Guillotin était du nombre.

L’extrême franchise de son caractère fut pour beaucoup dans les vexations qu’il eut à supporter durant sa vie ; il ne savait rien dissimuler de ce qu’il pensait.

Dans un interrogatoire qu’il subit, on lui dit :

-  Monsieur Guillotin, vous passez pour ne point aimer l’empereur ?

-  Monsieur, cela est vrai.

-  Mais monsieur, pourquoi ne l’aimez-vous pas ?

-  Monsieur, parce que je ne le trouve point aimable.

Guillotin avait épousé, en juillet 1787, mademoiselle Marie-Louise Saugrain, avec laquelle il a vécu dans une union parfaite.

Sources : in Musée universel. A. Ballue, Paris, 1873.Et divers.