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Personnalités étrangères - Militaires - Arménie

ANTRANIK Ozanian général (1866-1927)

94eme division (1ere ligne - Cénotaphe))
dimanche 23 juillet 2006.
 

Héros national Arménien

Le général Ozanian Antranik est né à Chapin Karahissar, en Asie mineure, le 25 février 1866, dans une famille pauvre. Son nom occupe une place importante dans l’histoire de l’Arménie. Son nom est connu et honoré. Dès son jeune âge, son caractère libre et révolté se remarque, il possède une volonté farouche et une forte personnalité. C’est aussi un garçon réfléchi qui tient compte de ce qui l’entoure, il porte une grande attention à tout ce qu’il entend. Dans ses jeux avec ses camarades, c’est toujours lui qui est le chef. Il manifeste très tôt une volonté certaine pour le commandement.

On le remarque, dès le début des années 1890, dans les rangs des partisans révolutionnaires arméniens. C’est un homme d’église, de sa ville natale qui est le chef de ce groupe de partisans. Cet ecclésiastique nommé Vramchabouh, deviendra évêque à Paris jusqu’en 1941.

Mais, Antranik, est dénoncé et arrêté. Les autorités de la Sublime porte l’emprisonnent, mais, il réussit à s’enfuir et se réfugie dans la capitale de l’Empire. Il part pour le Caucase où il rejoint un groupe de partisans fédais. En 1897, il rejoint le Daron, là, plusieurs années durant, comme simple partisan, il combat sous les ordres de Sérop. Il prend part au célèbre combat dit du Couvent des Saints Apôtres (Sourp Arakelotz Vank). C’est lui qui exécute l’assassin de Sérop Aghpur, Khalil.

Ce n’est vraiment qu’à partir de 1904, que le nom d’Andranik devient connu de tous. Surtout lorsqu’il est désigné par ses camarades de combat, comme responsable de l’organisation de la lutte de libération dans la région de Sassoun. Il se trouve en bonne compagnie parmi d’autres fédais célèbres alors, mais dont les noms sont quelque peu oublié aujourd’hui.

C’est un chef de guerre redoutable et avisé. Il possède au plus haut point des qualités de chef et d’organisateur. C’est un militaire né. Ceux qui furent ses compagnons de lutte le définissent à cette époque comme sans peur et réfléchi dans l’action. Il prend toujours ses décisions en toute connaissance de cause.

Antranik réussit le tour de force de briser l’encerclement des troupes ottomanes et peut ainsi gagner l’île de d’Aghtamar où il trouve refuge avec ses troupes, et de là combat l’armée turque. Encore une fois, il trompe la vigilance de l’ennemi et réussit à passer en Perse et au Caucase.

Il devient dès lors le drapeau vivant et le flambeau du peuple arménien. Tous les jeunes rêvent de le rejoindre. Andranik se rend alors en Europe et séjourne quelque temps en Suisse à Genève, puis en Egypte et en Bulgarie. Pendant son séjour en Suisse, il dicte ses Mémoires. En Bulgarie, il rédige une brochure consacrée à l’action révolutionnaire (Mardakan Herahakner). La Constitution Ottomane est proclamée, le général Antranik, n’en est pas satisfait, le croyant pas à la volonté de réforme du gouvernement turc. Il fait un séjour à Constantinople, puis retourne en Bulgarie. Pendant la guerre des Balkans, il forme un groupe de partisans et prend part aux combats contre les turcs.

En 1914, éclate la première guerre mondiale, Antranik apporte sa contribution à l’organisation de volontaires arméniens dont il prend le commandement sur le front persan. Il sera l’artisan de la déroute de Khalil Pacha qui effectuait la retraite précipitée de ses troupes.

Mais survient les heures graves et tragiques de 1915. Le génocide du peuple arménien touche le général au plus profond de son âme, au point qu’il pense en perdre la raison. Seul son attachement et son amour de la patrie pourront le sauver.

Surmontant sa douleur, il se remet à la tâche et prend en main les questions touchant la défense de l’Arménie occidentale. Il assure désormais les fonctions de général. Il se rend sur le front et lutte contre les forces turques. Mais, après l’échec de la défense d’Erzouroum, il se replie dans le Caucase avec ses troupes. Il passe en Perse espérant en vain, se joindre aux troupes britanniques. Il revient alors au Zaguezour et le défend pied à pied jusqu’à l’arrivée des britanniques. Les anglais le contraignent à rentrer à Etchmiadzine. Il quitte ses hommes, remet armes et munitions au Catholicos. Il estime alors ne plus pouvoir rester en Arménie, il quitte son pays et s’installe aux Etats-Unis, en Californie.

C’est là, que le 31 août 1927, il rend le dernier soupir. Ses dernières paroles furent : « Je n’ai pas pu achever ma tâche ». Sa dépouille est inhumée au cimetière du Père Lachaise en 1928 où elle reposera jusqu’en 2000, sous un monument orné de sa statue équestre que l’on doit à Mourdoff. Le 19 février 2000, le corps du général Antranik arrive à Erevan dans la nuit de jeudi à vendredi. Désormais, le général Andranik repose au milieu des siens dans la terre d’Arménie.

Crédit photo : Hugo_photo (APPL 2005)