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Compositeurs - Musiciens - Directeur musical

WILHEM Louis Bocquillon dit (1781-1842)

11eme division (4eme ligne, X, 22)
samedi 8 juillet 2006.
 

Musicien et professeur

Guillaume Louis Bocquillon, dit Wilhem est né à Paris en 1781. Son père exerce la profession de négociant en parfumerie. Nous sommes à la veille de la tourmente révolutionnaire.

La famille, non contente d’être un témoin des évènements, les précèdent et en devient une actrice. Agé d’a peine 10 ans, en 1791, il rejoint son père François Bocquillon, devenu chef de bataillon au sein de l’armée du Nord. Le jeune Bocquillon est enrégimenté en qualité de sapeur parmi les volontaires tous plus inexpérimentés qu’enthousiastes.

Mais son père le rend aux études plus appropriées aux ambitions qu’il a pour son fils. Il l’envoie donc à l’Ecole nationale de Liancourt.

En juillet 1795, portant encore sur lui les marques de son engagement militaire, arborant les haches de sapeur sur ses manches, le jeune garçon entre au château de Liancourt. L’école vient juste d’être installée dans l’ancienne propriété du duc de Larochefoucault, et accueille une centaine de fils d’officiers « défenseurs de la patrie ».

La discipline est très sévère, les élèves ne mangent pas toujours à leur faim, seul la solidarité et la fraternisation entre les jeunes gens leur permet de résister. Wilhem est distingué par le directeur de l’école, qui le considère parmi les plus recommandables. Parmi ses études, son goût pour la musique et ses talents pour la composition laisse présager de sa vocation pour cet art. Ses jeunes talents sont reconnus et encouragés par ses pairs, les célèbres Méhul, Gossec, et Cherubini.

Lors du retour d’exil du duc de Larochefoucault en 1799, l’école est transférée à Compiègne et devient une composante du Prytanée français. De cette mutation militaire, le jeune Wilhem y gagne les galons de capitaine. En 1801, suite aux recommandations du directeur, M. Crouzet, il est admis au conservatoire national de musique. Son père est hostile à ses velléités musicales et l’oblige à poursuivre son apprentissage à Compiègne pendant encore une année.

En 1802, Wilhem suit Crouzet, nommé directeur du Prytanée de Saint-Cyr, il exercera là, la fonction de répétiteur en mathématiques. A la faveur d’une visite de Roederer, conseiller d’état, Wilhem fait exécuter un hymne de Gossec par quelques élèves, surpris du talent du jeune homme, la hiérarchie le charge officiellement de donner des leçons sur l’art musical.

Il quitte le Prytanée de Saint-Cyr en 1807, et est transféré à la flèche. Il y gagne un nouvel emploi dépendant du ministère de l’intérieur. Il en profite pour donner des leçons de chant et de musique. Il compose aussi des airs restés longtemps populaires : Brennus, La Vivandière, La Bonne vieille, les Adieux de Charles VII, etc.

Puis, c’est la rencontre déterminante en la personne de Pierre-Jean de Béranger, l’illustre chansonnier. Beaucoup de paroles de ses chansons seront accompagnées par des airs de Wilhem. Les deux hommes deviennent de grands amis, leur amitié ne sera rompue que par la mort.

En 1810, Wilhem est nommé professeur de musique au Lycée Napoléon. Quelques années plus tard, il expérimente une nouvelle méthode d’enseignement mutuel appliquée à la musique. Les premiers résultats sont très encourageants. Il les étend à l’ensemble des élèves d’une école de la capitale. Ses efforts sont récompensés en 1820 par sa nomination au poste de professeur de chant pour la Ville de Paris. Sa renommée dépassera bientôt les frontières de la capitale.

Il reçoit la médaille d’argent et d’or en 1821 et 1828, par la Société pour l’instruction élémentaire. Cette reconnaissance est renforcée en 1835 par la remise de la croix de la Légion d’Honneur et la nomination au poste de Directeur inspecteur du chant. Wilhem, inspiré par ce qui se fait en Suisse et en Allemagne, veut constituer une société de choristes. Il fonde ainsi la Société de l’Orphéon en 1833. C’est un immense succès.

Tandis que sa méthode d’enseignement se développe à l’étranger, Wilhem est atteint d’une fluxion de la poitrine. Il décède le 26 avril 1842, accompagné du chagrin de tous ses élèves. De magnifiques funérailles lui sont rendues, c’est une foule immense qui l’accompagne jusqu’au père-Lachaise.

Sa sépulture est ornée d’un médaillon oeuvre de David. Monument élevé par ses amis, les élèves et les admirateurs.

Inscription : Béranger à Wilhem

Des classes qu’à peine on éclaire,

Relevant les moeurs et les goûts,

Roi devenu populaire,

L’art va leur former un ciel plus doux

Sur ta tombe, tu peux bien m’en croire,

Ceux dont tu charmes les douleurs

Offriront un jour à ta gloire

Des chants, des larmes et des pleurs.

16 mai 1841

Etat du monument en 2016.....

Crédit photos : Hugo_photo (APPL 2005)

Didier Muller (APPL 2016)