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Compositeurs de musique - Musiciens - Virtuoses

NICOLO Nicolas Isouard dit (1775-1818)

12eme division (2eme ligne, Y, 18)
vendredi 7 juillet 2006.
 

Compositeur maltais

Nicolas Isouard dit Nicolo, est né le 6 décembre 1775, à Malte au sein d’une famille marseillaise établi dans l’île. C’est à Paris qu’il fait ses études. Mais, à la Révolution, il est contraint de retourner chez lui. Son père prend alors la décision de l’envoyer à Palerme en Sicile, puis à Naples, afin d’étudier la musique.

C’est à Florence en 1794, qu’il écrit son premier opéra qui est joué dans la même ville. Notre artiste prend alors le nom Nicolo, pour ne pas risquer de compromettre sa famille en ces temps troublés. Succès aidant, il est appelé à Malte comme organiste en 1795. C’est là qu’il compose des opéras-comiques français sur des livrets traduits du français en italien, qu’il retraduit une fois encore après son retour et son installation à Paris en 1800.

En collaboration avec Kreutzer, il fait représenter Le Petit page. Il devient également l’ami d’Hoffmann, dramaturge français (1760-1828). Nicolo parvient à s’imposer et à imposer sa musique une première fois avec Michel-Ange en 1802, puis avec l’Intrigue aux fenêtres en 1805. C’est l’époque de la retraite de Cherubini et de Méhul. Pour sa part, Boïeldieu est en Russie pour se produire dans de nombreux lieux de spectacles et théâtres. Nicolo bénéficie de ces départs, et fait une brillante carrière au cours de laquelle il produit plus de trente trois œuvres lyriques, (certains en dénombrent plus de quarante) dont les Rendez vous bourgeois en 1807, Cendrillon en 1810, le Billet de loterie en 1811, Jeannot et Colin en 1814, et surtout son chef-d’œuvre : Joconde en 1814.

En 1817, il se présente à l’élection à l’Institut de France, mais, c’est Boieldieu qui est élu. Nicolo est alors découragé et se retire. Il continue de composer dans l’isolement le plus total. Son opéra Aladin ou la lampe merveilleuse, ne sera joué qu’après sa mort survenue prématurément à l’âge de quarante trois ans le 23 mars 1818 à Paris.

Nicolo est bien oublié de nos jours, pourtant, il a occupé une place très importante dans l’univers musical du début du XIXe siècle.

Revue de presse, nécrologie (La grande encyclopédie)

23 mars 1818.

Le compositeur Nicolas Isouard, dit Nicolò, « dans la dissipation de funestes distractions », trouve la mort dans l’usage des cantharides. Il était âgé de 44 ans.

[ Après avoir été reçu aspirant de marine, le jeune Nicolò fut placé comme employé dans une maison de banque à Malte. Sa vocation musicale trouva un auxiliaire en Michel-Angelo Avella, qui lui inculqua les premières notions d’harmonie. Azzopardi et Amendola continuèrent son éducation, qui fut terminée à Naples par Sala et Guglielmi.

C’est alors qu’abandonnant le commerce, il résolut définitivement de se consacrer à la musique. Florence et Livourne eurent la primeur de ses opéras Avviso ai maritati et Artarsese, dont le dernier obtint un réel succès.

Sur ces entrefaites, Nicolo fut rappelé à Malte et nommé maître de chapelle de l’ordre. Lorsque les Français en opérèrent la suppression, le jeune compositeur travailla de nouveau en vue du théâtre jusqu’au moment où il partit pour Paris.

C’est là qu’il fit la rencontre de Kreutzer, qui devint pour lui un ami fidèle et l’aida de tout son pouvoir. Les premiers ouvrages qu’il fit entendre au public parisien furent modérément goûtés, mais en revanche son Michel-Ange et quelques autres partitions réussirent franchement. Il continua d’écrire et, perfectionnant toujours sa manière et son style, arriva à l’apogée de son talent avec Cendrillon, Joconde et Jeannot et Colin. La liste de ses ouvrages ne comprend pas moins de trente-trois opéras, dont nous avons cité quelques-uns. Nous nous bornerons à ajouter les noms du Médecin turc, de l’Intrigue aux fenêtres et du Siège de Mézières, écrit en collaboration avec Cherubini, Catel et Boieldieu.

On sait que le renom de ce dernier vint obscurcir considérablement celui de Nicolò, qui en conçut un profond chagrin et chercha, dit-on, dans la dissipation de funestes distractions, qui abrégèrent sa vie.

La musique de Nicolò est surtout remarquable par sa simplicité et sa gaieté, qui sait n’être jamais triviale. Il écrivait fort bien pour les voix et en tirait d’heureux effets. Plusieurs de ses ouvrages sont restés et demeureront vraisemblablement au répertoire de l’Opéra-Comique. ]

(Article de René BRANCOUR, La grande encyclopédie, date d’édition : 1885-1902)

(APPL 2019)