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Littérateurs - Orientalistes

SYLVESTRE DE SACY Antoine Isaac (1758-1838)

10eme division (6eme ligne, Y, 19)
jeudi 29 juin 2006.
 

Un grand orientaliste

Antoine Isaac Silvestre de Sacy, célèbre orientaliste est né à Paris le 21 septembre 1758. Son père, Abraham Silvestre, est notaire à Paris et a plusieurs enfants. C’est pour le distinguer de ses frères qu’Antoine Isaac Silvestre ajouta à son nom celui du village de Sacy, situé dans le département de l’Yonne.

Mais, il perd son père tout enfant et est élevé sous la direction de sa mère dans les sentiments de grande piété. Il montre de bonne heure une étonnante aptitude pour les langues. Il est initié à l’Hébreu par un bénédictin, Dom George François Berthereau, il a alors à peine douze ans, en lisant des prières écrites dans le texte original.

Après l’hébreu, il apprend sans aide et sans maître le syriaque, le samaritain, le chaldéen, l’arabe, le persan et le turc. Puis c’est le tour de l’anglais l’allemand, l’italien et l’espagnol. A la fin de ses études littéraires, il apprend le droit. Il est nommé conseiller à la Cour des monnaies en 1781.

Tout en exerçant ses fonctions, il continue avec ardeur ses travaux de linguistiques. Dès 1780, il commence à publier, dans le Répertoire de littérature biblique d’Eichhorn, des notes sur une version syriaque du Livre des Rois, des traductions de lettres écrites par des samaritains à Scaliger, etc. En 1785, il est nommé membre libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. C’est dans le recueil de cette compagnie qu’il publie alors des Mémoires sur l’Histoire des arabes avant Mahomet, sur l’origine de leur littérature, puis il fait des traductions et écrit notamment, de 1787 à 1791, Sur les antiquités de la Perse, quatre mémoires qui attestent si besoin est autant d’érudition que de sagacité.

En 1791, il devient un des commissaires généraux chargés de surveiller la fabrication et le suivi des monnaies. L’année suivante Silvestre de Sacy est nommé membre en titre de l’Académie des inscriptions. Mais, hostile aux grandes réformes de la Révolution, il démissionne de ses fonctions de commissaire en 1792 et se retire alors au fin fond de la Brie, où il continue ses travaux favoris. Il se livre à des études et des recherches sur la religion des Druzes.

La Convention, en 1795, crée une école de langues orientales, S. de Sacy il est appelé comme professeur d’arabe. Cette même année, l’Institut est rétabli et il devient alors membre de la section de littérature et des Beaux-arts. Mais il refuse le serment de haine à la royauté le fait exclure de ce corps. Toutefois, il y prend place en 1803. C’est à cette époque qu’il devient un des rédacteurs du Journal des savants. Il fait paraître de nombreux et importants travaux qui accroissent considérablement sa réputation et le placent au premier rang des orientalistes pour ce qui est du persan et de l’arabe.

Il est chargé, en 1805, d’aller à Gênes pour tenter d’y découvrir des manuscrits orientaux, mais ses recherches sont vaines, il se borne alors à rapporter des documents historiques du plus haut intérêt. En 1806, il est nommé professeur de persan au Collège de France, il entre au Corps Législatif comme député de Paris en 1808.Il y siège jusqu’à la Restauration. Il est fait baron de l’Empire en 1813.

De Sacy est un instrument soumis au pouvoir impérial, sans état d’âme, mais, à la Restauration, il acclame sans retenue le retour de Louis XVIII et des Bourbons.

Après les Cents-Jours, il devient membre de la commission d’instruction publique, puis du Conseil Royal et plus tard, est nommé administrateur du Collège de France et de l’Ecole spéciale des langues orientales. Il fonde avec Abel Rémusat, la société asiatique, en 1822, et c’est sur son initiative qu’on crée au Collège de France des chaires de sanscrit, d’hindoustani, de chinois et de mandchou.

En 1830, il soutient la Révolution de juillet. Il est appelé en 1832 à siéger à la Chambre des Pairs et ajoute à ses fonctions celle d’inspecteur des types orientaux de l’Imprimerie Royale, et de conservateur des manuscrits orientaux à la Bibliothèque Royale et enfin, de Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions. Malgré un emploi du temps très chargé, il n’en continue pas moins à donner jusqu’à son dernier souffle, des cours d’arabe et de persan. Au moment de sa mort, il est membre de presque toutes les académies de l’Europe. Il est Grand Officier de la Légion d’Honneur.

Silvestre de Sacy est considéré comme l’un des plus grands philologues du XIXe siècle. Il a puissamment contribué, par ses écrits, au progrès des études orientales. On lui doit la formation d’un grand nombre d’élèves, tant français qu’étrangers. Il est décédé à Paris le 21 février 1838.

Dans sa sépulture reposent également :

Jean Baptiste Silvestre de Sacy (1791-1871), Consul de France à Venise

Samuel Silvestre de Sacy (1801-1879), membre de l’Académie Française.