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Le Jardin des Plantes (Muséum d’Histoire Naturelle)

vendredi 23 juin 2006.
 

Un lieu de sépulture insolite..... Le Jardin des Plantes

Parmi les lieux de sépultures insolites de Paris, on trouve le Jardin des Plantes qui abrite le Muséum d’Histoire Naturelle, la tombe de Louis Jean-Marie Daubenton et le carditaphe grandeur nature du naturaliste Buffon, résidant dans la base de sa statue face au muséum.D’aucun disent également que c’est le cervelet du grand naturaliste qui serait dans le socle de la dite statue.

Louis Jean-Marie D’Aubenton dit Daubenton, est né à Montbard le 29 mai 1716. Son père Jean, est notaire et destine son fils à la prêtrise. Pour cela, il l’envoie à Paris pour suivre des cours de théologie. Mais le jeune homme préfère de loin suivre en secret des cours de médecine et d’anatomie. Son père décède en 1736, lui permettant de choisir lui-même sa future carrière. En 1741, il devient docteur en médecine à Reims et retourne alors dans sa ville natale pour exercer son art.

A la même époque, Buffon, ami d’enfance de Daubenton et natif lui aussi de Montbard, fait appel à lui pour le seconder au Jardin du Roi (futur Jardin des Plantes). Buffon n’est pas très talentueux pour l’étude anatomique de la dissection, il a fort besoin d’aide pour ces tâches. Buffon fait nommer son ami démonstrateur au Cabinet du Roi, dépendant du Jardin du Roi (futur muséum national d’histoire naturelle).

Bien que possédant deux caractères bien différents, les deux hommes travaillent de concert pendant dix années à la mise à jour de l’Histoire Naturelle, dont les trois premiers volumes paraissent en 1749. Pour sa part, Daubenton y décrit prés de deux cent espèces de quadrupèdes. Ces descriptions, très précises sont considérées comme le point de départ de l’anatomie comparée. Mais, Buffon supprime de son propre chef, lors de la réédition en format réduit de l’Histoire Naturelle, les parties consacrées à l’anatomie. Les deux amis se brouillent. Daubenton est remplacé à son poste par Philippe Guéneau de Montbeillard, puis, quelque temps après par un cousin de Louis, Edmé-Louis Daubenton.

C’est grâce à Daubenton que le Cabinet de curiosité du Roi prend son essor et devient un véritable embryon du muséum d’histoire naturelle. C’est aussi l’un des premiers à appliquer l’anatomie comparée aux espèces fossiles, il peut ainsi réfuter le fait que l’orang-outang puisse être un homme sauvage. Daubenton s’intéresse également aux problèmes d’élevage, notamment à l’amélioration de la production de laine. Il publie en 1782, des Instructions pour les bergers et propriétaires de troupeaux. C’est à lui que l’on doit l’introduction en France d’une race de moutons espagnols très rustiques : les mérinos.

La Révolution française transforme le Cabinet du Roi en Muséum d’Histoire Naturelle, Louis Daubenton en devient le premier directeur. Il devient Sénateur en 1799. Mais, il est frappé d’une crise d’apoplexie le 31 décembre 1799, il meurt dans la nuit de la Saint Sylvestre, le 1er janvier 1800. Il est inhumé dans le labyrinthe du Jardin des Plantes sous une colonne très simple. Pour l’anecdote, son cerveau prélevé, appartient toujours aux collections du Musée de l’Homme, et repose dans un bain de conservateur en compagnie de quelques autres...