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Révolution - Empire - Restauration

FONTANES Louis marquis de (1757-1821)

37eme division (1ere ligne, Q, 34)
mardi 20 juin 2006.
 

Premier Grand-Maître de l’Université

Jean Pierre Louis de Fontanes est né le 6 mars 1757, à Niort. Son père Pierre Marcellin de Fontanes, huguenot originaire du Languedoc, occupe le poste d’inspecteur des Manufactures. L’enfance de Louis se déroule dans une ambiance familiale sereine. L’éducation du jeune garçon est confiée à un prêtre rigoriste et sectaire, héritier du jansénisme, le père Bory., curé au demeurant de la Foye-Montjault à quelques kilomètres de Niort. Louis est élevé de façon spartiate, il regagne le domicile familial en état de révolte et entre au collège de l’Oratoire de très bonne réputation. Ses professeurs sont très ouverts aux idées du « Siècle des lumières » et prodiguent un enseignement d’avant-garde, mais en conservant les classiques humanités.

Le jeune louis, est un enfant doué, mais quelque peu nonchalant. Mais le jeune homme est victime d’un véritable ouragan : son frère Dominique décède en novembre 1772, son père en septembre 1774 et sa mère meurt en 1776. En très peu de temps, Fontanes se retrouve seul.

Des amis de sa famille le recueille et tentent de l’aider pour qu’il prenne la suite de son père, mais il est hostile et trouve cette opportunité inintéressante. Le successeur de son père prend Louis sous sa protection ; il est nommé élève inspecteur et est muté à Rouen. Là, il est accueilli par des amis de la famille.

En 1777, il monte à Paris et se consacre à l’écriture qui est sa passion. Il publie ses poèmes et ses premiers écrits dans l’Almanach des Muses et le Mercure de France. Fontanes rencontre alors la tante de la future impératrice des Français, Joséphine. Fanny de Beauharnais le présente à son amant Claude Joseph Dorat, poète fort à la mode, qui lui ouvre les portes des cercles littéraires. Il devient l’ami du philosophe Joseph Joubert, du poète André Chénier et de Chateaubriand. Il écrit beaucoup et rencontre un beau succès d’estime.

Au début de la Révolution, il est partisan d’une monarchie libérale et éclairée. Il est plutôt modéré. Il se retire à Lyon en 1792 et s’y marie avec une riche héritière qui lui donne deux filles. Avec cette union disparaissent ses problèmes d’argent. Mais la ville de Lyon est assiégée et tombe aux mains des royalistes. Il peut fuir et se réfugie en Normandie. Après le 9 thermidor, il revient à Paris, et devient membre de l’Institut. Il doit fuir à nouveau après le après le 18 fructidor 1797, et se réfugie en Angleterre où il retrouve son ami Chateaubriand, émigré depuis 1792.

Fontanes ne rentre à Paris qu’après le 18 brumaire, il devient critique au Mercure de France et gagne la faveur du Premier Consul Bonaparte. Il est nommé professeur de Belles-lettres au collège des Quatre-Nations lors du rétablissement des études. Il est nommé membre de l’Institut de France.

Dès lors, son ascension ne cessera plus, il est député en 1802, membre de l’Académie française en 1803, membre du corps législatif en 1804, il en devient président en 1805. Il est ¨Premier Grand-maître de l’Université en 1808, il crée les lycées. Il est nommé Sénateur en 1810. L’Empereur le fait comte de l’Empire en 1808. Au fond de lui, il est royaliste, mais il sert l’Empire avec fidélité. Grâce à lui, Chateaubriand peut rentrer d’exil.

A l’abdication de Napoléon, le 14 avril 1814, il faut faire des choix. Le 22 avril, Louis de Fontanes harangue le Comte d’Artois, puis le 3 mai prononce un discours en faveur du nouveau Roi Louis XVIII. Ce dernier le nomme ministre, membre du conseil privé, Pair de France, et le fait Grand Cordon de la Légion d’Honneur. Après les Cent-Jours, le 22 juin 1815, Louis de Fontanes accueille le Roi Louis XVIII à Saint Denis, il est fait Marquis le 31 août 1817. Mais son état de santé décline, et bientôt, il est atteint de troubles vasculaires. Il meurt le 17 avril 1821 à Paris. Le nom s’est éteint avec le décès de sa fille Christine le 12 novembre 1873. Sa sépulture, à deux pas de celle du maréchal Ney a été restaurée il y a peu de temps grâce à l’intervention de l’association ACMN, du Souvenir Français, et de la fondation Napoléon.