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Ecrivains - Journalistes - Critiques

DURANTY Edmond (1833-1880)

53eme division (4eme ligne, U, 14)
vendredi 16 juin 2006.
 

Journaliste, romancier et critique d’art

Edmond Louis Duranty est né à Paris en 1833. Il est le fils de Louis Edmond Anthoine, auditeur au Conseil d’Etat (1833), inspecteur de la Compagnie d’assurances la Nationale, puis magistrat. Duranty n’est pas le fils de Prosper Mérimée comme on l’avance à tort parfois. Il est élevé en province par sa grand-tante paternelle, en Gironde au château de Néac.

Il fait ses études à Paris et est élève au collège Chaptal en 1844 et 1845. Après ses études, il est admis, sous le nom d’Edmond Anthoine, comme employé à l’administration centrale des Domaines et Forets de la Couronne, en 1853. Mais, il donne sa démission le 4 juillet 1857.

Dès lors, il se consacre au journalisme comme critique d’art, et parallèlement, à la littérature. Duranty est l’ami de Champfleury, il entre le 13 novembre 1856, au Figaro, et seulement deux jours plus tard, fait paraître le premier numéro d’une revue qu’il vient juste de créer avec Jules Assezat et le Docteur Thulié, Le Réalisme. Mais ce périodique qui soutenait le peintre Courbet n’a que six numéros et doit cesser sa parution.

Duranty publie en 1858, avec un bon succès d’estime, dans Le Pays, Les Malheurs d’Henriette Gérard. En 1859, l’année suivante, il devient saisonnier du Courrier de Paris, puis en 1864, il entre au Progrès de Lyon où il donne, à partir du 11 décembre, une Correspondance littéraire. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance d’Emile Zola, alors employé à la librairie Hachette, et qu’il cite ses Contes à Ninon dans le Progrès de Lyon du 16 décembre 1864. C’est le début d’une profonde amitié entre les deux hommes. Zola aide, dans la mesure du possible son ami Duranty qui vit difficilement.

Duranty est également l’ami d’Edouard Manet, c’est probablement ce dernier qui le met en rapport avec Zola. Duranty collabore aussi comme critique d’art à la Revue de Paris, La Rue, L’Eclair, Paris, Paris-Journal, La Vie Parisienne, la Gazette des beaux-Arts, etc. A ce titre, il fait beaucoup pour faire connaître Manet et les autres peintres de la jeune génération. Mais, il se brouille avec Fantin-Latour et Manet après ses contre-rendus du Salon de 1869, qu’il fait dans Paris. Manet va jusqu’à le gifler le dimanche 20 février 1870. Les deux hommes se battent en duel le 23, et se réconcilient le dimanche suivant, Zola est le témoin de Manet.

Duranty publie en 1876, La Nouvelle Peinture, étude où il défend le réalisme et l’impressionnisme. Duranty est aussi romancier, on lui doit : Les Combats de Françoise Du Quesnoy, paru en feuilleton en 1868, dans l’Evènement, et Le Chevalier Navoni dans l’Avenir National en 1872. Ces deux romans n’ont pas le succès escompté, loin de là. Emile Zola l’appuie pourtant auprès de l’éditeur Charpentier. Edmond Duranty meurt dans la misère à Paris en 1880. E. Zola est son exécuteur testamentaire et écrit la notice du catalogue des livres et des tableaux de l’écrivain qui sont vendus les 28 et 29 janvier 1881 au profit de Pauline Bourgeois, sa compagne, laissée dans la solitude et la misère.