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SUARD Jean Baptiste Antoine (1732-1817)

11eme division (1ere ligne, X, 19)
mardi 13 juin 2006.
 

Secrétaire perpétuel de l’Académie française

Jean baptiste Antoine Suard est né à Besançon le 15 janvier 1732. Dans sa prime jeunesse, il est arrêté, mis aux fers et déporté aux Iles Sainte-Marguerite, pour avoir été témoin dans un duel où périt un officier, neveu du ministre de la Guerre, et surtout pour ne pas avoir dénoncé le meurtrier. Il n’est libéré qu’au bout de dix-huit mois d’internement.

Avec l’abbé Arnaud, Suard dirige successivement le Journal étranger, La Gazette de France et la Gazette littéraire d’Europe. Il traduit parallèlement des ouvrages anglais. Suard est l’ami de Marmontel, Buffon, Hume, Walpole, Robertson... Il fréquente les salons de Mmes de Tencin, Geoffrin, Lespinasse et Necker, il est membre du Caveau. Dans ses fonctions de censeur des théâtres, il oppose son veto formel aux représentations du Mariage de Figaro.

Suard est élu une première fois à l’Académie française en 1772, mais son élection est annulée par le Roi. Deux années plus tard, le 17 mars 1774, il remplace l’abbé de la Ville et est reçu par Jean Baptiste Louis Gresset, le 4 août suivant. Dans son discours de réception, il fait l’éloge de la philosophie et reprend la critique du discours de Pompignan, l’un des chefs du parti Gluckiste. Mais, il est battu par Marmontel, chef de file des piccinistes, aux fonctions de secrétaire perpétuel, à la mort de d’Alembert.

Avec le début de la Révolution et la remise en question de l’existence de l’Académie, Suard est l’un de ceux qui prennent sa défense, il répond avec beaucoup de courage et de volonté, aux attaques de Chamfort. En 1793, pendant la Terreur, il se cache à Fontenay-aux-Roses. Au lendemain du 13 vendémiaire, il est persécuté, au 18 fructidor, il est proscrit.

Dès que possible, Suard poursuit la reconstruction de l’Académie, en 1800, avec Morellet et Fontanes, il travaille au projet inspiré par Lucien Bonaparte, et assiste aux travaux préparatoires. Bien plus tard, c’est lui qui expose à Louis XVIII, le vœu que forment les anciens académiciens pour reprendre le nom d’Académie Française. Dansl’organisation de 1803, Suard conserve son ancien fauteuil et est nommé secrétaire perpétuel de la nouvelle compagnie. En 1816, il prend malheureusement, une part regrettable à la réorganisation en collaborant avec le comte de Vaublanc à l’établissement des listes d’académiciens, et donc de ceux qui en sont exclus.

Suard écrit dans le Journal de Paris, le Journal des Indépendants, le Publiciste. Il nous a laissés des discours académiques. Il tient un salon littéraire que fréquente Guizot. Il fait partie de la commission du dictionnaire. Garat a publié des Mémoires Historiques sur Suard et le XVIIIe siècle. Jean Baptiste Antoine Suard est décédé le 20 juillet 1817.

Il était Officier de la Légion d’Honneur.