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Prélats - Ecclésiastiques - Hommes de Dieu

MAURY Jean Siffrein cardinal (1746-1817)

22eme division
lundi 12 juin 2006.
 

Cardinal et écrivain

Jean Sifrein Maury (ou Siffrein) est né à Valréas dans le Comté Venaissin le 26 juin 1746. C’est le fils d’un pauvre cordonnier. Maury montre très jeune de grandes dispositions pour l’étude et le travail intellectuel, il est admis au séminaire Saint-Charles à Avignon. A l’âge de vingt ans, il monte à Paris et vient chercher fortune. Il publie un Eloge funèbre de Monseigneur le Dauphin en 1766, en hommage à Louis de France (1729-1765), et un Eloge du Roi Stanislas le Bienfaisant (1766), en hommage appuyé au beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczynski, qui vient de mourir.

L’année suivante, il est nommé sous-diacre à Meaux et concourt aux prix de l’Académie française avec un éloge de Charles V, Roi de France en 1767, et un discours sur les avantages de la paix, mais, il ne récolte que des félicitations. Son Eloge de Fénelon en 1771, obtient un accessit.

Maury est ordonné prêtre en 1769 et nommé, en 1772, chanoine et official de l’évêque de Lombez. La même année, il prononce devant l’Académie un Panégyrique de Saint louis et en 1775, un Panégyrique de Saint Augustin devant l’assemblée du Clergé de France. Ces discours remarquables, établissent sa réputation, il est alors appelé à prêcher à Versailles devant le Roi. Il publie en 1777, un Essai sur l’éloquence de la chaire, ouvrage qui devient un classique du genre. Il est nommé prieur de Lihons au diocèse de Noyon. Il entre à l’Académie française le 27 janvier 1785. Il prononce, la même année, son discours religieux le plus remarquable, le Panégyrique de Saint Vincent de Paul.

A l’aube de la Révolution française, il est élu député aux Etats-Généraux de 1789 pour la circonscription de Péronne. Il siège avec le clergé et la noblesse, c’est un opposant à Mirabeau. Il proteste contre la constitution civile du clergé et défend l’autorité spirituelle du pape. A la dissolution de l’Assemblée Constituante, il émigre et se retrouve à Coblence comme bon nombre d’émigrés. Il part ensuite à Rome. Il y est sacré archevêque in partibus de Nicée et nommé ambassadeur à la Cour de Rome à Francfort le 1er mai 1792. Il est reçu cardinal en 1794.Il reçoit alors les diocèses réunis de Montefiascone et de Corneto, qui comptent parmi les plus riches d’Italie, dont il devient l’évêque.

Lors de l’avènement de l’Empire, Maury se rallie à Napoléon, et est nommé Sénateur en 1806. Il est nommé aumônier du Roi Jérôme, membre de l’institut en 1807, comte de l’Empire en 1810. La même année, il accepte l’archevêché de Paris, malgré l’opposition véhémente du pape Pie VII. Maury soutient l’Empereur Napoléon dans ses mandements et ses sermons.

Mais à la Restauration, on lui présente la facture, on lui fait payer cher et durement son ralliement au régime Impérial. Le Roi Louis XVIII le repousse ainsi que la noblesse et le clergé. Le chapitre de Paris s’empresse de le déposer, il est de même exclu de l’Académie et exilé sans ménagement. En 1814, il retourne à Rome, où le pape lui réserve un accueil sévère et l’envoie en prison pendant six mois au Château Saint-Ange, puis chez les Lazaristes pour le punir de sa désobéissance.

Il rentre en grâce en 1817, et meurt tristement le 10 mai.