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BOUTRON CHARLARD Antoine François (1796-1879)

26eme division
dimanche 3 novembre 2019.
 

Pharmacien et chimiste français

Antoine François Boutron Charlard, pharmacien et chimiste français, voit le jour le 2 décembre 1796 à Paris

Décédé le 3 novembre 1879, également à Paris

Il est notamment l’auteur de nombreuses études au XIXe siècle sur la qualité des eaux de sources ou de rivières utilisées pour l’alimentation humaine.

De son vrai nom Antoine François Boutron, il est issu d’un milieu de marchands de vins, épiciers et chocolatiers établis à Paris depuis au moins le début du XVIIIe siècle, reconnus dès le règne de Louis XIV comme fournisseurs de la Cour.

Attiré d’emblée par la pharmacie, il épouse le 22 juin 1820, durant sa formation, Eugénie Charlard, fille de Pierre Charlard un pharmacien parisien, et accolera dès lors le nom de son épouse au sien, situation qu’il maintiendra même après le décès de cette dernière en 1835 et son remariage en 1848 ; il devient membre de l’Académie nationale de pharmacie dès 1822 et dispose rapidement d’une officine 12 boulevard de Bonne-Nouvelle, dans laquelle il accueillera au fil des ans de nombreux pharmaciens stagiaires, dont Émile Jungfleisch (qui entrera au Collège de France) dans les années 1860, et, assez probablement, son cousin germain Théodore Gobley, le découvreur des phospholipides, de quinze ans son cadet, vers 1832-1835.

Il est élu membre de l’Académie Royale de médecine au début des années 1830. Amateur et collectionneur d’autographes, ami du poète Casimir Delavigne, il s’intéressait particulièrement à Mademoiselle de Scudéry, sur laquelle il coécrivit un ouvrage qui utilisait plusieurs lettres en sa possession.

Sa fille Louise Félicité épouse Edmond Frémy.

Études chimiques et recherches

Comme la plupart des pharmaciens de l’époque, il se livre, la plupart du temps en collaborateur de chercheurs plus confirmés, à différentes études, comme auprès de Pierre Robiquet, alors un éminent chimiste pharmacologue déjà reconnu, dans une étude qui conduisit ces deux chercheurs à l’identification de l’amygdaline dans les amandes amères ; ce travail resta toutefois inachevé, ne parvenant par exemple pas à expliquer la production de benzaldéhyde dans certaines des réactions de dissociation qu’ils effectuèrent, et il devait revenir à Friedrich Wöhler et Justus Liebig de tirer toutes les conclusions quant à la structure de l’amygdaline et à la mise en évidence du radical benzoyle C7H5O dans une étude conduite quelques mois plus tard (1832).

Particulièrement soucieux des questions de santé publique, membre du Conseil de salubrité de Paris, il fera de la qualité des eaux potables, eaux de ville et eaux minérales, objet de nombreux débats et polémiques au XIXe siècle, le cœur de ses travaux durant près de trente ans, en collaboration successive avec de nombreux scientifiques (Philibert Patissier en 1837 sur les eaux minérales naturelles, Étienne Henry en 1848 sur les eaux de Paris, Félix Boudet sur le contrôle de qualité des eaux de source et de rivières en 1855 et 1856).

Engagement républicain entre 1820 et 1830

Comme beaucoup d’intellectuels du temps, il s’impliquera également dans le grand mouvement démocratique qui conduira à la Révolution de Juillet, en participant à la société jacobine dite « Aide-toi, le ciel t’aidera », fondée en août 1827, et qui visait à une mobilisation démocratique des électeurs opposés au pouvoir réactionnaire de la monarchie selon Charles X pour les élections prévues en novembre de cette année-là.

Il meurt le 3 novembre 1879 à Paris et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (26e division).

Sources : Wikipédia (Antoine François Boutron Charlard)

Photos : Wikimédia Commons

(APPL 2019)