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Personnalités féminines - Figures et destins

PRONY Marie comtesse de, née Marie de La POIX de FREMINVILLE (1754-

8eme division
dimanche 20 octobre 2019.
 

Epouse de

PRONY ( madame de, née LA POIX DE FREMINVILLE ), voit le jour à Lyon en 1754

Elle fut fut, de bonne heure, appelée à Paris, près de son oncle paternel, M. de Fréminville, trésorier des invalides de France. Cet administrateur , dévoué jusqu’à l’imprudence aux devoirs de son état, avait , par des travaux excessifs, tellement irrité ses organes nerveux, qu’il éprouvait des insomnies renouvelées chaque nuit : il ne pouvait fermer les yeux avant trois heures du matin.

Mademoiselle de Fréminville était pour son oncle une Antigone attentive et douce , dont la tendresse filiale suspendait en lui le sentiment de la souffrance. Ainsi elle se livrait au bonheur de soulager les maux de ses amis par les soins les plus délicats, dans un âge où la nature invite les personnes de son sexe à l’éclat des plaisirs bruyants.

L’hôtel des Invalides offrit bientôt à mademoiselle de Fréminville une société digne de son esprit distingué. M. de Guibert fut nommé gouverneur de cet établissement, et les filles de ce général n’eurent pas plus tôt connu mademoiselle de Fréminville qu’elles conçurent pour elle un attachement qui s’est acru par les années et resserré par les liens d’une pure et durable reconnaissance.

Vers ce temps , elle épousa M. de Prony qui l’avait en quelque sorte toujours aimée, ayant été le compagnon de son enfance. Leur union fut heureuse , et ne fut jamais altérée par le moindre nuage.

Aussi bonne amie qu’épouse tendre, madame de Prony avait des attentions délicates pour tout ce qui l’approchait. M. de Prony avait un frère, qui dut une fois la vie à sa sœur, mais qui mourut à la fleur de l’âge, parce qu’il ne l’avait plus auprès de lui. pour le sauver une seconde fois. M. de Sombreuil ayant remplacé M. de Guibert dans le gouvernement des Invalides, sa fille , qui devait bientôt s’illustrer au milieu d’événements déplorables, connut madame de Prony, et en devint l’amie inséparable : toutes d’eux s’aimaient également, mais elles portaient dans la manière de s’aimer les différences qui distinguaient leurs caractères.

Au reste , dans la prison, dans l’exil , dans la pauvreté, dans la persécution , mademoiselle de Sombreuil a toujours retrouvé madame de Prony.

M. et madame de Prony échappèrent aux proscriptions, parce que dans ces temps de perversité générale, pas un ami ne fut ingrat envers eux, pas un serviteur infidêle à leur égard.

Après la journée du 10 août, madame de Prony sauva, par un dévouement ingénieux, du massacre et de la proscription le mari de mademoiselle de Guibert , le comte de Pluvier, colonel de la garde à cheval de l’infortuné Louis XVI. Tous les ans, au 10 août , madame de Prony voyait arriver son amie et M. de Pluvier, qui venaient lui dire :

« Voici encore une année d’existence et de bonheur » que nous devons à votre bienfait. »

Déja la santé de madame de Prony se trouvait profondément altérée par les soins longs et pénibles qu’elle avait prodigués à son oncle. On désespéra presque de son rétablissement. On la transporta mourante au petit bourg d’Anières , dans une maison sinple mais commode. Un vaste enclos , aride et dénué d’ombrage se couvrit bientôt de plantations appropriées à la nature du sol qui lui donnèrent en peu de temps une ombre salutaire.

C’est là qu’elle recevait le savant et vertueux Vicq-d’Azyr, encore plus valétudinaire de l’esprit que du corps : médecin de Marie-Antoinette, il se croyait,