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Ecrivains - Littérateurs - Romanciers

AMADOU Robert (1924-2006)

63eme division
mardi 8 octobre 2019.
 

Écrivain français

Robert Amadou voit le jour à Bois-Colombes, le 16 février 1924

Décédé à Paris, le 14 mars 2006

Ecrivain français qui a joué un rôle important dans la diffusion de la parapsychologie en France et surtout dans l’étude de l’ésotérisme (franc-maçonnerie, martinisme, soufisme, etc.).

Adolescent, il se passionne pour l’astrologie, tout en suivant l’enseignement des Jésuites. Il fréquente Paul Le Cour (le fondateur de la revue Atlantis), Robert Ambelain (autodidacte, érudit, spécialiste en occultisme, archi-praticien expert de l’aveu même d’Amadou, qui le reconnaît comme son seul « Maître »), René Alleau et Eugène Canseliet (spécialistes d’alchimie).

Père de trois enfants, marié plusieurs fois, il fut le premier époux de l’écrivaine Françoise Mallet-Joris avec qui il a eu un enfant, Daniel. En 1968, il a épousé Katharine Christiansen en cinquièmes noces.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 22 mars 2006, après la liturgie des défunts qui fut célébrée en l’église syriaque orthodoxe d’Antioche Sainte Marie Mère de Dieu de Montfermeil (93).

Le parapsychologue

Il est convié à l’Institut métapsychique international en 1951 pour donner une conférence sur le thème « Occultisme et métapsychique ». À partir de cette année-là, il collabore activement aux activités de l’IMI, en particulier à la Revue Métapsychique dont il devient le rédacteur en chef. Mais des divergences d’opinion vont bientôt le pousser à quitter l’Institut.

En 1954, il publie chez Denoël son livre La parapsychologie, un épais volume (370 pages) qui brosse l’histoire des recherches en parapsychologie en Amérique du Nord et présente au public français, entre autres travaux récents, les recherches du Laboratoire de Parapsychologie de Joseph Rhine, à la Duke University de Durham, en Caroline du Nord. Amadou définit alors la parapsychologie « au sens strict » et « au sens large » :

« Au sens large, la parapsychologie est la discipline qui s’efforce d’expliquer des phénomènes apparemment aberrants par rapport à la science, soit par la fraude, soit par l’illusion, soit par l’exercice d’une fonction psychologique “classique” ou nouvelle. Au sens strict, la parapsychologie est la mise en évidence et l’étude expérimentale des fonctions psychiques non encore incorporées dans le système de la psychologie scientifique, en vue de leur incorporation dans ce système, alors élargi et complété ».

Ésotérisme et la franc-maçonnerie

Robert Amadou fut - par ordre chronologique - membre de l’Église catholique syriaque (après 1937), Supérieur Inconnu-Initiateur et membre du Suprême Conseil de l’Ordre martiniste, avec le nom d’« Ignifer » (septembre 1942), franc-maçon du Rite Memphis-Misraïm (juin 1943, par Robert Ambelain), initié dans l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, (1944, par Robert Ambelain), Élu Cohen chez les martinézistes, évêque selon la tradition de l’Église Gnostique Universelle de Jules Doinel (1944, par Henri Meslin), évêque de l’Église Catholique Gnostique de Jean Bricaud (28 janvier 1945, par Victor Blanchard), prêtre de l’Église syriaque orthodoxe (janvier 1945), membre d’une confrérie soufie, maître écossais à la Grande Loge nationale française Opéra (mars 1966), Grand Profès en 1969, rectifié et affilié en 1980 à la loge In Labore Virtus à Zurich (Grande Loge suisse Alpina), reçu maître de Saint-André au Rite écossais rectifié en 1980, puis Chevalier bienfaisant de la Cité sainte avec le nom de « Eques ab Aegypto » en 1982 (Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie).

Il fit aussi partie du Groupe de Thèbes, avec Rémi Boyer, Triantaphyllos Kotzamanis, Gérard Kloppel, Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, Massimo Introvigne, Christian Bouchet, Paolo Fogagnolo, Jean-Marie d’Ansembourg et d’autres.

Universitaire

À partir du début des années 1960, Robert Amadou abandonne le domaine de la parapsychologie pour se consacrer à des centres d’intérêts plus spirituels. Il s’intéressa au soufisme et publia des ouvrages sur divers aspects de l’ésotérisme.

Il se mit à l’étude de l’hébreu.

Il était titulaire de trois doctorats.

Doctorat en théologie, vers 1945, avec une Thèse intitulée Recherches sur les Églises de langue syriaque et les Églises dérivées.

Doctorat en philosophie, en 1972, à Paris X, avec une thèse sur les mystiques du XVIIIe siècle : Louis-Claude de Saint-Martin et le martinisme.

Doctorat en ethnologie, en 1984, à Paris VII : Recherches sur l’histoire et réflexions sur la doctrine d’une société initiatique en Occident moderne (sur la franc-maçonnerie).

Depuis 1985 il était chargé de cours à l’Université Paris VII-Jussieu.

Critiques

Son ambivalence entre d’une part la défense d’une parapsychologie exigeante et proprement scientifique, et d’autre part son parcours spirituel (on l’a dit « martiniste », il était aussi docteur en théologie), lui a été reprochée par quelques auteurs, notamment par Robert Imbert-Nergal dans son ouvrage Les sciences occultes ne sont pas des sciences (Éditions Rationalistes, 1959).

Bibliothèque

Selon Serge Caillet la bibliothèque de Robert et Catherine Amadou, de plus de 5000 ouvrages, de très nombreux documents d’archives, de manuscrits et d’imprimés aurait fait l’objet d’un vol.

Dans une lettre publique datée du 7 juillet 2013 Jean François Var confirme le vol avec ces propos : « Puis vint un moment où les ressources d’Henri M. se trouvèrent drastiquement amputées du fait de circonstances qu’il n’y a pas lieu de conter ici, et il se trouva en peine d’acquitter le loyer du stockage... La tentation lui vint alors, et il ne sut hélas pas y résister, de commencer à se rembourser de ses débours, qui se montaient en gros, déménagements et loyers inclus, à plus de 50 000 €. Il commit alors une double faute : ce qu’il faut bien qualifier de vol, et aussi, par une fierté mal placée, de ne s’être pas ouvert à ses amis intimes de cette situation à laquelle ils auraient pu l’aider à trouver des solutions.

En date du 11 novembre 2013, Catherine Amadou a répondu aux assertions de Jean François Var. Les précisions apportées par ce communiqué révèlent de précieuses informations concernant la dispersion de la bibliothèque.

À la suite de la révélation de ce vol, le responsable de ce dernier a été écarté de l’obédience à laquelle il appartenait. Le Grand Prieuré des Gaules, dans un communiqué en date 9 juillet 2013, le confirme en ces termes : « À la demande du Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules, le Grand Maître adjoint Henri M. a démissionné de toutes ses fonctions au sein du GPDG et de son appartenance au GPDG ».

Bibliographie

1946 - Louis-Claude de Saint-Martin et le martinisme. Introduction à l’étude de la vie, de l’Ordre et de la doctrine du Philosophe Inconnu, Le Griffon d’Or.

1950 - L’Occultisme, esquisse d’un monde vivant, Julliard

1950 - Anthologie littéraire de l’occultisme (avec Robert Kanters), Julliard

1951 - Éloge de la lâcheté, Julliard

1953 - Raymond Lulle et l’alchimie, Le Cercle du Livre

1953 - La Poudre de sympathie, un chapitre de la médecine magnétique, Ed. Gérard Nizet, 1953

1954 - La science et le paranormal - 1er colloque international de parapsychologie, numéro double de la Revue Métapsychique de l’IMI

1954 - La parapsychologie, Denoël

1956 - La Parapsychologie et le colloque de Royaumont - La Tour Saint-Jacques, numéro 6-7

1957 - Les Grands Médiums, Denoël

1958 - La Télépahie, Grasset

1959 - Introduction de Les Fantômes du Trianon de C.A.E. Moberly et E.F. Jourdain, Ed. du Rocher

1969 - Trésor martiniste, Éditions traditionnelles

1971 - Franz Anton Mesmer Le Magnétisme animal, œuvres publiées par Robert Amadou, Payot

1978 - Le Feu du Soleil, Entretien sur l’Alchimie avec Eugène Canseliet, Éditions Pauvert

1987 - Occident, Orient, parcours d’une tradition, Cariscript

1989 - Illuminisme et contre-illuminisme au XVIIIe siècle, Cariscript

1991 - Le soufisme même, Ed. Caractères

Robert Amadou repose dans la 63e division.

Sources : Wikipédia (R. Amadou)

Thierry Engels (APPL 2019)

Photos : Wikimédia Commons

(APPL 2019)