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Ecclesiastiques - Personnalités religieuses

LOYSON Hyacinthe (1827-1912)

24eme division (1ere ligne, chemin Molière et La Fontaine)
jeudi 8 juin 2006.
 

Le Père Hyacinthe

Les visiteurs du Père Lachaise ne font pas vraiment attention à un monument assez imposant posé en bordure de la 24e division. Pourtant, le personnage qui repose là, fit couler beaucoup d’encre et mobilisa les foules en son temps. Hors normes, hors du bien pensant, ce prédicateur fut en quelque sorte, un précurseur du renouveau de l’église....

Hyacinthe Loyson dit le Père Hyacinthe est né à Orléans en 1827. Il se dirige très vite vers la vie monastique, il devient moine-prêtre dans l’ordre des Carmes déchaux, définiteur provincial au Broussey, prés de Bordeaux, puis supérieur du Couvent que cet ordre possède alors à Paris. Le Père Hyacinthe est essentiellement un prédicateur. Quand le nom de cet homme est prononcé devant des chrétiens « bien pensant », il est stigmatisé par des épithètes péremptoires du style : « Schismatique, renégat, excommunié », et si l’on va plus loin, on lui colle ces réflexions : « c’est l’orgueil qui l’a perdu » ou bien encore « Les tentations de la chair ».

Le Père Hyacinthe prêche le Carême en 1863 à Bordeaux et dans l’église Saint Louis des Français à Rome en 1866, ainsi que l’Avant à Notre-Dame de Paris entre 1864 et 1868. Il n’hésite pas à faire une déclaration fracassante contre « le prétendu dogme de l’infaillibilité du pape » le 30 juillet 1870, et ce, quelques mois seulement après avoir contesté et élevé une protestation solennelle contre les déviances de l’église romaine.

Il fait école, d’autres membres du clergé lui emboîtent le pas. Hyacinthe Loyson préfère refuser une carrière honorifique au sein de l’église romaine, qu’il préfère quitter. En vertu du Concordat de 1801, il ne peut plus exercer publiquement en France, il s’exile alors en Suisse après avoir épousé Emilie Meriman à l’âge de 45 ans.

Il ne reviendra à Paris qu’en mars 1878. Il crée une église catholique indépendante. En juillet 1878, l’Eglise anglicane, en la personne de l’archevêque de Canterbury, déclare qu’elle protégera et soutiendra la nouvelle Eglise Gallicane. Une chapelle est inaugurée le 9 février 1879, rue Rochefort dans le Ixe arrondissement de Paris.

Très rapidement, elle s’avère trop petite pour recevoir tous les fidèles. Un nouveau lieu de culte est alors inauguré rue d’Assas le 6 mars 1881, il peut recevoir mille cinq cent fidèles. Le père Hyacinthe reçoit le soutien indirect de Jules Grévy et de son ministre de l’intérieur Waldeck Rousseau, qui, contournant le Concordat, autorisent par un décret du 3 décembre 1883, le fonctionnement légal de la chapelle gallicane, mais ne reconnaissent pas le caractère officiel de la nouvelle religion.

Le Père Hyacinthe refuse la consécration épiscopale proposée par l’église Anglicane, de ce fait, il se marginalise ainsi que son mouvement. Il ne peut ordonner de prêtre, l’église de la rue d’Assas se dote alors d’un nouveau vicaire en 1887, en la personne de l’abbé Georges Volet, ordonné prêtre par l’Eglise Catholique Chrétienne de la Suisse.

Hyacinthe Loyson se démet de toutes ses fonctions le 3 mars 1893. Monseigneur Gul, archevêque de l’Eglise Vieille-Catholique de Hollande, prend possession de la paroisse parisienne ex-gallicane au nom de l’Union d’Utrecht, le 1er mai. La communauté se scinde alors en deux blocs.

Le Père Hyacinthe accordait son pardon chrétiennement à ses contradicteurs, ainsi qu’à ses ennemis, car il en avait beaucoup, des fanatiques fustigeant sa vie privée et la jugeant scandaleuse. C’est sans doute pour cela, que prévoyant qu’après sa mort un jour viendrait peut-être où sa dépouille mortelle serait profanée, il souhaita que son enveloppe charnelle soit incinérée. Le Père Hyacinthe est décédé en 1912, à l’âge de quatre vingt cinq ans, ses dernières volontés furent respectées. Le monument de marbre et de bronze renferme ses cendres ainsi que celles de son épouse et de son fils.

Le buste en bronze date de 1927 et est de Hendrik Andersen

Crédit photo : Annie_photo (APPL 2006) Didier Muller_Photos (APPL 2016)