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Compositeurs - Musiciens - Chanteurs

FRAGSON Harry (1869-1913)

87eme division (columbarium)
mardi 6 juin 2006.
 

Auteur, compositeur et interprète

Voici un personnage haut en couleurs, un de ces mythes de la chanson d’avant, d’avant la der des der, bien avant le vynil et le CD, une légende....

Harry Fragson, de son vrai nom Victor Léon Philippe Pot (ou Pott), serait né le 2 juillet 1869, certains affirment le 10, voire le 12, à Anvers, ou bien à Londres, ou bien soit à Richmond, dans le Surrey. Il brouille abondamment les pites, se dit anglais par son père, Victor Pot, né en 1830, mais de nationalité belge, et aussi française du fait de sa mère L.W. Pot née en 1840 et décédée en 1907. La seule certitude que l’on ait c’est qu’il était aussi à l’aise en anglais qu’en français. Sa carrière s’étendra sur le continent et en Angleterre. Il pousse la coquetterie jusqu’à enregistrer à Paris avec l’accent anglais et à Londres avec l’accent français.

C’est l’un des plus célèbres auteurs-compositeurs des années 1900 avec Mayol, Dranem et Polin. Il fait ses études à l’Institut de commerce d’Anvers, il divertit alors ses camarades en jouant au piano des airs à la mode. C’est d’ailleurs dans cette ville qu’il apprend très jeune le piano. Elève très moyen, étudiant médiocre, il échoue à ses examens, il part à Paris pour tenter sa chance. Fragson auditionne pour le Café-théâtre des Quat-z-arts, où il est engagé d’emblée comme accompagnateur. Suite à un séjour en Angleterre, il ramène en France le Ragtime.

Fragson fait une carrière brillante au Music-hall en France et en Angleterre. Il innove en s’accompagnant au piano, et interprète un répertoire entre chansons comiques et romantiques. Ses plus grands succès font encore la joie des connaisseurs et des amoureux de ces chansons surannées : La boiteuse, Reviens, veux-tu, Les Amis de Monsieur, Je connais une blonde, Si tu veux Marguerite... Barbara, la grande Barbara a repris certains de ses titres au début de sa carrière et lui a rendu hommage dans une de ses chansons : Fragson sur l’album Seule en 1981.

Le 30 décembre 1913, au fait de sa carrière, il rentre chez lui, vers neuf heures du soir, rue Lafayette. Son père, octogénaire l’abat à coup de revolver. L’enquête parle de drame de la jalousie, d’histoires sentimentales ou d’argent. On parle aussi, on rapporte que le père souffre de troubles psychologiques et croit que son fils veut se débarrasser de lui en l’envoyant en maison de retraite ou de santé, en fait, la vérité n’a jamais vraiment été établie. Transporté d’urgence à l’Hôpital Lariboisière, il meurt pendant son transfert.

Ses funérailles sont monumentales, à la hauteur de sa notoriété. Les actualités de l’époque nous montrent une foule énorme autour de Notre-Dame de Lorette. Derrière son cercueil suivent Mayol, Dranem, Polin, Montel, Bérard, Bach, Lucien Boyer, Roland Dorgelès....

Quand au lieu de son inhumation, c’est aussi une facette du personnage, pour certains il est au cimetière Montmartre, pour d’autres, au cimetière Montparnasse... pour les tenants du Père Lachaise, trois emplacements, trois cases au columbarium du cimetière (voir photo), celui du centre porte le nom d’Harry Fragson, à gauche, Victor Pot 1830-1914, le père et à droite L.W Pot (1840-1907) la mère. Bertrand Beyern conduit les participants de ses Safaris Nécropolitains devant ces trois plaques, qui selon lui, protègent les cendres de Fragson et de ses parents.

Hello, hello, who’s your lady friend - Harry Fragson