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Peintres - Dessinateurs - Illustrateurs

GIRODET TRIOSON Anne Louis de Roucy (1767-1824)

28eme division (2eme ligne, R, 30)
lundi 5 juin 2006.
 

Peintre d’histoire, élève de David

Anne Louis Girodet de Roucy, est plus connu sous son nom d’artiste Girodet-Trioson, ou le plus simplement, Girodet est né à Montargis le 5 janvier 1767. Peintre français, son œuvre est dérangeante, hors normes, voire subversive. Le meilleur, le médiocre et l’inutile se côtoient. Le moins bon reste fascinant et étrange. Mais de sa peinture s’exhale une beauté sombre, secrète, hors du temps et des modes, l’œuvre excelle dans la prose et le travail de la lumière.

Trioson est le nom de son père adoptif. Il passe son enfance à Montargis. Girodet est aussi doué pour la musique (le violon en particulier) que pour le dessin. Il doit faire son choix. Il arrive à Paris et rejoint l’atelier de David en 1785. Il en est un des élèves les plus talentueux. En 1787, il passe pour la première fois le Prix de Rome, mais il est disqualifié pour avoir sorti des croquis de l’enceinte de l’épreuve, ce qui est formellement interdit. Il le retente une deuxième fois en présentant La Mort de Titus, il obtient la seconde place. Il en est le lauréat en 1789 avec Joseph, reconnu par ses frères.

Il rejoint alors Rome et y crée Le Sommeil d’Endymion et Hippocrate refusant les présents d’Artaxerxés. Mais, en 1793, les français sont exclus des états du pape et il doit quitter Rome, il séjourne alors dans plusieurs villes de la péninsule italienne. Revenu à Paris en 1795, il peint plusieurs tableaux majeurs dont le portrait de Jean-Baptiste Belley en 1797, Mademoiselle Lange en Danaé en 1799, La leçon de géographie en 1803, Les Funérailles d’Atala en 1808, le portrait de François-René de Chateaubriand en 1809.

David, le grand David est outragé lorsque son propre tableau L’intervention des Sabines est placé en deuxième position derrière la Scène de Déluge de Girodet lors du Prix de la Décennie de 1810.

Girodet a le culte de la famille, il est très proche de ses parents. Son père décède en 1784 et sa mère en 1787. Depuis son arrivée à Paris, il est sous la protection du Docteur Trioson, proche ami de la famille, qui l’adopte en 1809. Il hérite d’une fortune considérable en 1812, ce qui lui permet de se consacrer à l’écriture de poèmes sur l’esthétisme. Il participe à la décoration du château de Compiègne à partir de 1813, il y peint plusieurs fresques murales. Girodet a un style de vie assez peu conventionnel, il alterne des périodes d’isolement, vivant retiré, avec des périodes de vie publique intenses.

Il commence comme un fidèle disciple de son maître David, mais très vite, il s’efforce de développer son style personnel, expérimentant des effets de lumières. A la peinture d’histoire, il préfère très vite une sorte de symbolisme éthéré, des scènes de genres. Il dramatise à l’excès ses sujets. Il bouscule sans a priori les codes de la sensualité et les applique à des scènes religieuses. Peignant toujours dans le style néo-classique, ses tableaux sont néanmoins reconnus par les Romantiques grâce aux sentiments exaltés représentés.

Girodet illustre aussi plusieurs ouvrages littéraires et artistiques, notamment pour Jean Racine et Virgile. Il est distingué à plusieurs reprises : Prix de Rome en 1789, Prix de Peinture de l’Académie Royale, pour Joseph reconnu par ses frères, Membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1815. Girodet est décédé le 9 décembre 1824, à Paris.

Sa sépulture est ornée d’un buste en marbre blanc, oeuvre du sculpteur Desprèz.