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LEGRAND Michel (1932-2019)

44eme division (1ere ligne)
vendredi 1er février 2019.
 

Musicien et compositeur français

Michel Legrand, voit le jour le 24 février 1932 à Paris 20e (dans le quartier de Ménilmontant)

Décédé le 26 janvier 2019 à Neuilly-sur-Seine.

Musicien, compositeur, pianiste de jazz, chanteur et arrangeur français.

Sa carrière de compositeur pour le cinéma lui a valu de remporter trois Oscars.

Ses parents, le compositeur Raymond Legrand (1908-1974) et Marcelle Der Mikaëlian (sœur du chef d’orchestre Jacques Hélian, d’origine arménienne) divorcent quand il a trois ans.

Michel Legrand étudie le piano et l’écriture au conservatoire de Paris de 1942 à 1949, dans les classes de Lucette Descaves, Henri Challan et Nadia Boulanger notamment, et où il remporte plusieurs premiers prix.

Il se prend de passion pour le jazz après avoir assisté en 1947 à un concert de Dizzy Gillespie avec lequel il collaborera quelques années plus tard, écrivant en 1952 les arrangements pour l’orchestre à cordes qui accompagne le trompettiste dans ses concerts européens.

Arrangeur et jazzman :

Praticien d’une douzaine d’instruments, il écrit en 1951 des arrangements pour l’orchestre de son père, qui l’introduit dans l’univers de la chanson de variété. Il commence ainsi une carrière d’accompagnateur et d’arrangeur pour Jacqueline François, Henri Salvador, Catherine Sauvage et Zizi Jeanmaire. Maurice Chevalier l’engage comme directeur musical.

En 1954, à la demande de la firme américaine Columbia et grâce à Jacques Canetti producteur musical chez Philips qui a passé un accord avec cette firme, il offre des relectures jazzy de rengaines françaises. L’album I Love Paris est un énorme succès (8 millions d’exemplaires écoulés) ; la reconnaissance de Legrand se fait internationale.

Influencé par Stan Kenton, il mène une brève carrière de jazzman comme leader : Holiday in Rome en 19553, Michel Legrand Plays Cole Porter en 1957, Legrand in Rio en 1958.

Pour Legrand Jazz, il enregistre à New York en 1958 avec Miles Davis, John Coltrane et Bill Evans, devenant l’un des premiers Européens à travailler avec les maîtres du jazz moderne.

En 1957, il est invité au Festival mondial de la jeunesse de Moscou6.

En 1966, il a fait les arrangements de la chanson internationale C’est si bon d’Henri Betti et André Hornez pour l’album de Barbra Streisand Color Me Barbra. En 1948, son père Raymond Legrand avait dirigé l’orchestre pour l’enregistrement de cette chanson par les sœurs Étienne.

Certaines compositions de Michel Legrand, telles La Valse des Lilas (en anglais : Once upon a summer time, Chet Baker, Bill Evans), la Chanson de Maxence (You must believe in spring) ou encore le thème principal de la bande originale du film Un été 42 (The summer knows), sont devenues des standards de jazz.

Compositeur pour le cinéma :

Le tournant des années 1960 et l’émergence de la Nouvelle Vague vont ancrer définitivement Michel Legrand dans le monde de la musique de film. Il travaille pour Agnès Varda (Cléo de 5 à 7 en 1962), Jean-Luc Godard (Une femme est une femme en 1961, Vivre sa vie en 1962 et Bande à part en 1964) et surtout Jacques Demy (Lola en 1961, Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Les Demoiselles de Rochefort en 1967, Peau d’âne en 1970) avec qui il invente la comédie musicale à la française. Ainsi Les Parapluies de Cherbourg est un film chanté en continu où tous les dialogues sont inspirés par la musique, ce qui était novateur à l’époque.

En 1966, après avoir été nommé aux Oscars pour son travail sur Les Parapluies de Cherbourg, il décide d’aller tenter sa chance à Hollywood et s’installe à Los Angeles. Ses amitiés avec Quincy Jones et Henry Mancini l’aident grandement à se faire une place dans ce milieu hautement concurrentiel et lui permettent de rencontrer les paroliers Alan et Marilyn Bergman.

En 1968, il est appelé à la rescousse par le réalisateur Norman Jewison qui n’arrive par à monter son dernier film tout en ayant 5 heures d’images déjà tournées. Michel Legrand propose alors de composer seul, sans contrainte et en n’ayant vu le film qu’une seule fois, une heure et demie de musique originale, pour que le réalisateur puisse ensuite monter son film en se calant sur cette musique.

Le procédé est inédit car d’habitude à Hollywood la musique de film est créée et ajoutée après que le film soit tourné et monté. Le résultat donne un film novateur pour l’époque, L’Affaire Thomas Crown où les plans suivent le rythme de la bande originale. Le film et sa musique sont un succès, et la chanson phare de la bande originale, The Windmills of Your Mind (Les Moulins de mon cœur) vaut à Michel Legrand d’être décerné l’année suivante l’Oscar de la meilleure chanson originale.

Deux ans plus tard, il reçoit l’Oscar de la meilleure musique de film pour Un été 42 de Robert Mulligan (1971) dont la chanson-thème The Summer Knows par Barbra Streisand rencontre le succès.

Entre 1971 et 1975, nommé vingt-sept fois aux Grammy Awards, il en remporte cinq. Il décroche un troisième Oscar pour Yentl de Barbra Streisand en 1983. La même année, il compose la bande sonore de Jamais plus jamais de Irvin Kershner, ultime James Bond avec Sean Connery dont la chanson-titre est écrite par Alan et Marilyn Bergman.

Ses deux dernières compositions pour le cinéma ont été pour des films de Xavier Beauvois : La Rançon de la gloire avec Benoît Poelvoorde et Roschdy Zem (2015) puis Les Gardiennes avec Nathalie Baye et Laura Smet (2017).

Il a composé en tout plus de deux cents musiques pour le cinéma et la télévision.

Pianiste accompagnateur et soliste :

Michel Legrand a enregistré avec différentes vedettes de la chanson dans des genres variés : Catherine Sauvage, Henri Salvador, Charles Aznavour, Zizi Jeanmaire, Frank Sinatra, Sarah Vaughan, Jack Jones, Tereza Kesovija, Ella Fitzgerald, Jessye Norman, Perry Como, Lena Horne, Kiri Te Kanawa, James Ingram, Johnny Mathis, Barbra Streisand,Catharina Valente, Frankie Laine, Nana Mouskouri, Frida Boccara, Danièle Licari, Raymond Devos, Stéphane Grappelli, Mireille Mathieu, Claude Nougaro, Mario Pelchat et plus récemment avec Natalie Dessay.

En tant que pianiste soliste il s’est produit avec de nombreux orchestres à travers le monde, notamment ceux de Saint-Pétersbourg, Vancouver, Montréal, Atlanta et Denver.

Chanteur :

À partir de 1964, Michel Legrand prend la décision d’interpréter lui-même les chansons qu’il compose. Il travaille et se construit un répertoire avec deux auteurs Eddy Marnay et Jean Dréjac. Pour son album Attendre... sorti en 1980, il est interprète, auteur et compositeur.

Vie privée et famille :

Michel Legrand a été marié à Christine Bouchard puis à Isabelle Rondon. Séparé de sa dernière compagne, la harpiste Catherine Michel, en 2013, il épouse, le 16 septembre 2014, à la mairie de Monaco la comédienne Macha Méril, avec laquelle il avait déjà eu une liaison quarante ans auparavant, liaison que Macha Méril a dit avoir été purement platonique. La cérémonie religieuse a lieu le lendemain à Monaco, lors d’une cérémonie orthodoxe.

Il est le père de Dominique Rageys (née en 1952), fondatrice avec son mari du rallye « Maroc Classic », d’Hervé Legrand (né en 1959), pianiste et compositeur, de Benjamin Legrand (né en 1962), chanteur, d’Eugénie Angot (née en 1970), cavalière de niveau international.

Il a une sœur aînée, Christiane Legrand, chanteuse et qui sera successivement membre de groupes de jazz vocal tels que les Blue Stars, Les Double Six et les Swingle Singers. Il est le demi-frère de l’écrivain Benjamin Legrand et du peintre Olivier Legrand. Il est l’oncle de Victoria Legrand, chanteuse du groupe Beach House et du vidéaste Alistair Legrand (enfants d’Olivier Legrand).

Michel Legrand meurt de septicémie dans la nuit du 25 au 26 janvier 2019, à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine où il était hospitalisé depuis deux semaines pour une infection pulmonaire. Ses funérailles sont célébrées à Paris en la cathédrale saint-Alexandre-Nevsky le 1er février 20191. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Distinction :

31 décembre 2015 : Commandeur de la Légion d’honneur

Hommages :

Le 5 décembre 2007, la faculté de musique de l’université de Montréal, au Québec, lui décerne un doctorat honorifique visant à souligner le caractère exceptionnel de sa carrière.

À l’occasion de ses cinquante ans de carrière, début 2009, un hommage lui est rendu à la Cinémathèque française à Paris, avec la projection de la plupart des films dont il a écrit la partition. Il donne également pour l’occasion trois concerts salle Pleyel et accorde de multiples interviews à la radio et la télévision.

Publication :

En 2013, Michel Legrand coécrit avec Stéphane Lerouge, spécialiste de la musique au cinéma, sa première autobiographie, Rien n’est grave dans les aigus, où il évoque de manière libre et non chronologique, sa formation, ses rencontres, ses choix de parcours, son goût pour la musique au pluriel.

Il repose dans la 44eme division.

Sources : Wikipédia Michel Legrand)

Photo : Cath Desmoulins-Rosny (2019)

(APPL 2019)