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Chanteurs - Auteurs - Compositeurs - Arts de la musique et de la chanson

BORDOGNI Marco (1789-1856)

28eme division
jeudi 24 janvier 2019.
 

Ténor italien

Giulio Marco Bordogni, généralement appelé Marco Bordogni voit le jour le 23 janvier 1789 à Gazzaniga, près de Bergame.

Décédé le 31 juillet 1856 à Paris.

Ténor d’opéra italien et un professeur de chant ayant connu une grande popularité et dont la carrière s’est déroulée essentiellement à Paris.

Marco Bordogni est un produit de l’école de Bergame d’où il est originaire comme Giacomo David et Gaetano Crivelli.

En plus de Marco Bordogni et des deux meilleurs élèves de David (à savoir son fils Giovanni et Andrea Nozzari), on peut citer comme élèves de cette école Domenico Donzelli (en) et Giovanni Battista Rubini.

Bordogni fait ses débuts à La Scala de Milan en 1813 dans Tancredi de Rossini, et est devenu un très actif défenseur de la musique de ce compositeur.

Il est apparu dans de nombreux opéras de Rossini lors de leur première présentation dans différentes villes et théâtres. En 1825, il a créé le rôle du Conte di Libenskof dans Il viaggio a Reims.

Il a chanté pendant de nombreuses années au Théâtre des Italiens à Paris. Il est devenu professeur de chant au Conservatoire de Paris en 1820 et a continué à y enseigner jusqu’à peu de temps avant sa mort, qui a eu lieu à Paris.

Il est l’auteur d’une méthode de chant publiée, et a composé de nombreux ensembles de vocalises qui sont restées utilisées par les chanteurs pendant plus d’un siècle. Et ils restent encore en usage dans les transcriptions pour d’autres instruments.

Il était probablement le professeur qui a eu le plus d’influence sur le ténor anglais Sims Reeves, qui est venu suivre son enseignement en 1843. Parmi ses autres élèves, on trouve Sophie Cruvelli, Giovanni Matteo Mario et Hermine Küchenmeister-Rudersdorf.

Bordogni a reçu la Légion d’honneur le 10 mai 1839 des mains de M. de Gasparin, en même temps qu’elle était décernée au directeur de l’Opéra Henri Duponchel, et au compositeur Hector Berlioz, qui a écrit que Bordogni était le meilleur professeur de chant de cette période.

Il meurt le 31 juillet 1856 à Paris et est enterré au cimetière du Père-Lachaise (28e division).

Sa fille Louise Angélina Bordogni, épouse du compositeur français Jean-Baptiste Joseph Willent dit Joseph Willent-Bordogni (1809-1852), a chanté avec succès à New York en 1834.

Villes ou théâtres qui ont vu des premières représentations d’opéras de Rossini :

La liste suivante comprend la ville ou le théâtre dans lesquels Marco Bordogni est apparu lors d’une première représentation d’un opéra de Rossini.

En plus des rôles de Rossini, Bordogni a également donné des premières représentations au Théâtre-Italien dans les rôles d’Ernesto dans Agnese di Fitz-Henry de Paër en 1819 ; de Giasone dans Medea in Corinto (en) de Mayr en 1823 ; de Claudio dans Elisa e Claudio ossia L’amore Protetto la dall’amicizia de Mercadante (également en 1823) ; et de Capellio dans Giulietta e Romeo (en) de Vaccai en 1827.

Revue de presse (La Presse, édition du 04/06/1838 )

« Son père était un jeune abbé que l’amour avait fait renoncer aux ordres et qui s’était marié, préférant une vie obscure au fond du village de Gazzanina, à la profession ecclésiastique. Ce mariage fit le bonheur mais non pas la fortune de l’ex-séminariste et il fallut bien du travail et bien des efforts pour que le pauvre père de famille pût subvenir aux frais de son ménage et à l’éducation de ses enfants.

Aussi n’adressa-t-il que peu d’objections à Marco, l’un de ses fils, lorsque ce dernier vint lui proposer de quitter le logis paternel et d’aller vivre de son mieux à la ville voisine de Bergame, alléguant qu’il pourrait s’y livrer en liberté à son goût pour la musique ; goût que contrariait singulièrement sa mère malade, et qui brisait, chaque jour, les cordes d’une malheureuse épinette dont les sons criards et cuivreux agaçaient étrangement les nerfs.

Marco partit donc avec ladite épinette, la bénédiction de son père et une caisse en bois qui contenait quatre chemises, deux paires de bas et un pantalon : il portait sur lui le reste de sa garde-robe.

Arrivé à Bergame, il s’agissait de trouver un logement et du travail. Le logement fut choisi dans le grenier d’un marbrier qui demeurait au fond du quartier pauvre et désert du Pozzo Bianco dans la cité ; quant au travail, après de nombreuses et décourageantes démarches, le jeune garçon trouva enfin de la musique à copier pour un maître de chapelle.

Chacun dans Bergame finit par s’intéresser au petit copiste, d’une physionomie fort intéressante d’ailleurs, et que recommandait sa conduite régulière. Un de ses protecteurs lui proposa de chanter quelques fois dans les églises, aux jours de grande fête, et il s’acquitta si bien la première fois d’un tantum ergo sacramentum qu’il ne se passa plus une solennité ecclésiastique, sans que Marco ne récitât quelques motets.... »

( Extrait de l’article d’Henri Berthould dans La Presse, édition du 04/06/1838 )

« Il débuta en 1813 au théâtre royal de Milan, dans Tancrède de Rossini. Il passa ensuite deux saisons au théâtre Carcano de la même ville, parcourut plusieurs scènes de l’Italie, et vint à Paris en 1819, engagé au Théâtre-Italien. Il y tint quatorze ans l’emploi de premier ténor, et ne s’en absenta que pour chanter près d’une année aux Italiens de Madrid (1825).

Dès 1820, M. Marco Bordogni, dont le goût et la méthode avaient été remarqués par Cherubini, fut choisi par ce dernier pour diriger une des classes de chant au Conservatoire. Pour éviter les interruptions apportées dans son cours par ses travaux du théâtre, il quitta définitivement, en 1833, la scène pour l’enseignement. Ses succès répondirent à l’excellence de sa méthode. Quatre-vingts prix ont été décernés à ses élèves, et c’est de sa classe que sont sorties Mmes Falcon, Sontag, Rossi, Garcia, etc.

Au mois de juin 1856, la fatigue d’une longue carrière, et surtout la perte de Victor Morpurgo, son gendre, le décidèrent à prendre sa retraite. Quelques semaines après, il mourait lui-même à Paris, le 31 juillet 1856. »

(Dictionnaire universel des contemporains, par G. Vapereau, édition : 1858)

Sources : Wikipédia (Mario Bordogni)

Theodore Baker et Nicolas Slonimsky (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Nicolas Slonimsky), Dictionnaire biographique des musiciens [« Baker’s Biographical Dictionary of Musicians »], t. 1 : A-G, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1995 (réimpr. 1905, 1919, 1940, 1958, 1978), 8e éd. (1re éd. 1900), 4 728 p. (ISBN 2-221-06510-7), p. 492

Photo :Crédit photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia CommonsGravure : Marco Bordogni par Grevedon (1838)

(APPL 2019)