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Producteurs - Directeurs de cirques - Arts de la scène et de la piste

CORVI Jacques (Giacomo) (1814-1890)

92eme division (1ere ligne, K, 23, avenue Carette))
dimanche 30 décembre 2018.
 

Dresseur et directeur de cirque

Jacques (Giacomo) Corvi voit le jour en Italie en 1814.

Décédé à Paris en 1890.

Epoux de Marie Siepel (1833-1900)

Créateur et directeur de cirque

Jacques Corvi, dresseur de petits animaux, chiens, poneys nains, chèvres, singes, fonde en 1840 à Paris le « Cirque Miniature Corvi ». Il s’agit tout d’abord de représentations de spectacle de rue à l’entrée du « Jardin Turc » rue du Temple.

Le cirque miniature Corvi au dix neuvième siècle par Louis-Leopold Boilly

Porté par un public ravi et demandeur, « le Cirque Miniature Corvi » devient ambulant, circulant dans les quartiers ouvriers et populaires de Paris. Le spectacle associe singes, chiens, chèvres et autres petits animaux dans des saynètes inspirées par des faits divers ou des séquences issues de la vie quotidienne. Les représentations sont jouées « sur une scène rectangulaire » face au public et non en cercle. Le : « Cirque Miniature Corvi » devient le : « Le Théâtre Cirque Miniature Corvi ».

Fernand Corvi, fils de Jacques, laisse alors tomber ses études et reprend le travail de son père. « Le Théâtre Cirque Miniature » Ferdinand Corvi est présent à toutes les fêtes foraines : Tuileries, Nation, Le Vésinet et site de foires telle la Foire aux pains d’épices ...

La qualité du spectacle de dressage auquel s’ajoute la présentation de scandaleuse saynètes aux thèmes satyriques prosociaux qu’interprètent des animaux de talent, fond que ce théâtre-cirque devient en cette période mouvementée du XIX siècle, la coqueluche du tout Paris.

Victime de son succès populaire et de ses positons « arnarco-révolutionnaires », il essuie des critiques et des procès de la part de quotidiens et bourgeois « biens pensants ».

Il offre partie de ses recettes aux toutes nouvelles écoles publiques, soulevant l’ire des privées.

Il attire la sympathie d’intellectuels tels Alphonse Allais ( in : « Ici-21 » œuvres complètes épisode « DU ROSE »), et de peintres contestataires tels Fernand Pelez : « La parade des Humbles » musée du Petit Palais à Paris., Georges Seurat qui lui consacre dans une série d’esquisses intitulée "Circus Side Show" puis un tableau intitulé "La Parade du Cirque exécuté en 1887 ou 1888 présenté aux « Indépendants en 1888 » . Le spectacle était aussi intitulé : Grand Théâtre-Cirque miniature, singes, chiens et chevaux nains dressés et présentés par Ferdinand Corvi.

Cirque miniature Ferdinand Corvi de Georges Seurat (1888) exposé au Metropolitan Museum of Art de NY

Et aussi :

« Le cirque Corvi » oeuvre de Georges de Feure (1893) collection privée.

Pour répondre aux critiques acerbes des journaux et aux procès de « biens-pensants » vengeurs, Ferdinand Corvi co-fonde en 1887 un journal bi-mensuel : « le Voyageur forain » dont il devient le directeur et sur lequel il place avec une note permanente en haut de l’article de tête :« La chambre syndicale des voyageurs forains admet dans son sein tous ceux qui, pauvres ou riches, gagnent honorablement leur vie, en instruisant, en amusant le public ou en débitant des produits » Le reste du numéro se composait d’articles des membres du conseil syndical, et ds diatribes d’une violence de mots tout à fait divertissante pour les curieux de langue verte contre le parti des « bourgeois qui font bande à part ».

« ... On a pris l’habitude de considérer le forain comme un être à part, digne tout au plus de pitié. Cependant, si nous consultons nos souvenirs, nous verrons que toujours et partout on a pu apprécier les hautes qualités morales de cette population, qui a, il est vrai, une existence particulière, mais très honnête cl parfaitement honorable. Ne sont-ils pas forts, ces hommes qui groupent comme par enchantement de véritables cités dans la cité elle-même ; cités de plaisirs, d’attractions de toutes sortes, et que le public vient en foule applaudir et admirer ? Ne sont-ils pas hommes de progrès, ces forains dont on copie tous les trucs pour les approprier à nos grandes administrations ? Ne sont-ils pas, en un mot, les pionniers de la civilisation et du confortable ? Pourquoi alors paraissaient-ils si décriés ? (propos recueillis par Hugues Le Roux illustrations Jules Garnier en 1889 in : « Les jeux du cirque et la vie foraine » Ed PLON p. 85 extraits d’articles de Ferdinand Corvi dans le « Voyageur Forain » )

Très imprégné d’idées anarchistes et sociales, Ferdinand Corvi s’associe avec le dompteur renommé : François Bidel et Jean-Baptiste Revest : propriétaire de manège à bateaux, pour jeter les bases d’une mutuelle qui viendra en aide aux forains nécessiteux. 

Ainsi, le 20 avril 1887, est portée sur les fonts baptismaux « L’Union Mutuelle » organe officiel de tous les Industriels Forains » François Bidel en devient président et Ferdinand Corvi Vice-président. Ferdinand se bat pour que le cirque soit considéré comme un vrai métier et non comme du vagabondage et un métier à la sauvette. (« Revelation of Modernisme Reponses to Cultural Crises in Fin-de Siècle Painting de Albert Boime).

Lors d’une visite au conservatoire du Père Lachaise il nous est communiqué l’information que Ferdinand Corvi est décédé en 1926 à Issy -les-Moulineaux une commune qui jouxte Paris sud.

Le service d’Etat Civil de cette ville nous délivre sur copie intégrale de l’acte de décès de Ferdinand, Antoine, Louis Corvi, fils de Jacques Corvi et de Marie Jeanne Siepel.

Epoux de Antoinette Brand (1877-1916)

Ferdinand Corvi : décédé le 6 juillet 1926 à 16 heures, né le 22 septembre 1903 (erreur de date), célibataire sans profession (sic), à la maison de retraite Saint Sauveur, 51 rue Guynemer sur déclaration de Antoine Eugène Mallet employé de l’établissement Saint Sauveur .... » .

Reste : sa mémoire, les archives de la BNF celles du musée Carnavalet à Paris, les ventes à Drouot de cartes postales, d’affiches et jouets du « Cirque-Théâtre Miniature Corvi ».

Boite de jeux vendue à Drouot 1300 euros en 2016 ( « la gazette de Drouot »)

Jacques Corvi repose dans la 92e division, de même que Ferdinand Corvi, son fils et successeur.

Sources : Gianni Corvi. (APPL 2018)

Henry Jouin (1897). "La sculpture dans les cimetières de Paris". Nouvelles archives de l’art français 13 : 169.

Jules Moiroux (1908) Le cimetière du Père-Lachaise, p. 113 

Domenico Gabrielli (2002) Dictionnaire historique du Père-Lachaise, p. 101 ISBN : 978-2859173463.

Paul Bauer (2006) Deux siècles d’histoire au Père Lachaise, p. 227 ISBN : 978-2914611480

Photos et affiches : BNF - Gallica (Archives)

Photos du monument : Wikimédia Commons

(APPL 2018)