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Seconde Guerre mondiale - Résistance - France Libre)

PARODI Alexandre (1901-1979)

40eme division
vendredi 2 juin 2006.
 

Résistant et Compagnon de la Libération

Alexandre Parodi est né le 1er juin 1901 à Paris. Son père, philosophe, était membre de l’institut. Haut fonctionnaire et homme politique, il suit la filière du Conseil d’Etat où il est auditeur en 1926. Il est secrétaire général adjoint au Conseil national économique de 1929 à 1938. Parodi devient Maître des Requêtes au Conseil d’Etat en 1938, il est également conseiller technique au cabinet du ministre du Travail. L’année suivante, il devient Directeur général du Travail et de la Main-d’œuvre.

A la déclaration de guerre, en septembre 1939, il n’est pas mobilisé en raisons de ses fonctions civiles, bien que lieutenant de réserve. Dès octobre 1940, farouchement opposé au Gouvernement de Vichy, il est soupçonné d’opposition de pensée. Il est alors révoqué par le gouvernement du maréchal Pétain. Il retourne au Conseil d’Etat désormais installé en Auvergne dans le Puy-de-Dôme.

A partir de 1942, il se rend fréquemment en Haute Savoie où il retrouve François de Menthon, Paul Bastid et Robert Lacoste avec qui il fonde le Comité Général d’Etude (CGE). Alexandre Parodi prend alors le nom de Quartus, et étudie les réformes judiciaires à prévoir après la Libération. Son frère, René Parodi, engagé lui aussi dans la Résistance au sein du mouvement « Libération-Nord », est arrêté par la Gestapo et retrouvé pendu dans sa cellule en avril 1942. René Parodi est Compagnon de la Libération.

Dès l’été 1943, Alexandre Parodi est contraint de passer dans la clandestinité à la suite d’une opération de la Gestapo à Paris où sont saisis des documents de la Délégation Générale. En septembre 1943, il est nommé responsable de la Commission clandestine de la Presse et de l’Information. En mars 1944, il remplace Jacques Bingen au poste de Délégué général du Comité français de Libération Nationale (CFLN). IL devient ainsi le chef de l’administration clandestine, chargé de mettre en place les futurs cadres de la Libération (Commissaires de la République, préfets, etc.). Parodi coordonne l’action des organisations de Résistance et prépare les mesures qui permettront de retour de la légalité républicaine.

Il est élevé au rang de ministre en août 1944 et prend ses fonctions à Paris au moment où débute l’insurrection de la capitale. Il place alors toutes les forces de la capitale sous le commandement du colonel Rol-Tanguy. Mais, il est arrêté le 20 avec deux de ses adjoints, par les allemands, au moment de l’entrée en vigueur de la trêve. Il ne cache pas son identité et insiste pour rencontrer le général von Choltitz qu’il parvient à persuader de ne pas détruire Paris. Le 21 août, la trêve est rompue, le 22 Alexandre Parodi met en place la nouvelle administration. Le 25 août, il accueille à Paris le général de Gaulle, qui le nomme le 27, compagnon de la Libération.

Alexandre Parodi est ministre du travail de septembre 1944 à novembre 1945. En décembre 1945, il est nommé conseiller d’Etat. Dès 1946, il entame une carrière diplomatique. Il occupe la fonction de Délégué permanent de la France au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, il devient en 1949, secrétaire général au Ministère des Affaires étrangères. En 1955, il représente la France à l’OTAN. De 1955 à 1960, il est ambassadeur au Maroc avant d’être nommé vice-président du Conseil d’Etat, succédant à René Cassin. A. Parodi est président de l’Institut Français des Sciences administratives, membre depuis 1970 de l’Académie des Sciences morales et politiques et du Conseil de l’Ordre de la Libération. Il prend sa retraite en 1971. Il est alors président honoraire du Conseil d’Etat.

Alexandre Parodi est Grand Croix de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération par décret du 27 août 1944, Grand Croix de l’Ordre du Mérite. Il s’est éteint le 15 mars 1979 à Paris.