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Médecins - Neurologues - Hommes de l’Art

JOFFROY Alix (1844-1908)

42eme division
samedi 24 novembre 2018.
 

Médecin neurologue

Alix Joffroy, voit le jour le 16 décembre 1844 à Stainville (Meuse)

Décédé le 24 novembre 1908 à Paris

Médecin neurologue, neuropathologiste et psychiatre français, élève de Charcot, deuxième titulaire de la chaire de clinique des maladies mentales et de l’encéphale à Sainte-Anne.

Il fait ses études de médecine à Paris où il obtient son doctorat en 1873. Il est nommé médecin des hôpitaux en 1879 et agrégé en 1880.

Sa carrière se déroule à l’hôpital de la Salpêtrière à partir de 1885. Il est nommé professeur de clinique psychiatrique en 1893. Jean-Martin Charcot l’encourage à approfondir ses études en neurologie. Ensemble, ils décrivent, en 1869, l’atrophie des cornes antérieures de la moelle épinière dans la poliomyélite.

Alix Joffroy est représenté sur le tableau Une leçon clinique à la Salpêtrière.

Il est directeur des Archives de Physiologie normale et pathologique (1880-1889) et l’un des fondateurs des Archives de médecine expérimentale.

Il est élu membre titulaire de l’Académie nationale de médecine le 19 mars 19011, secrétaire de la Société de Biologie, membre de la Société d’Anatomie, chevalier de la Légion d’honneur.

Œuvres et publications :

De la pachyméningite cervicale hypertrophique (d’origine spontanée), Delahaye (Paris), 1873, Texte intégral [archive].

De la médication par l’alcool, Delahaye (Paris), 1875.

De l’influence des excitations cutanées sur la circulation et la calorification, [Thèse présentée au concours de l’agrégation], Parent (Paris), 1878, Texte intégral [archive].

Exposé des titres scientifiques, G. Masson (Paris), 1884, Texte intégral [archive].

« Sur un cas d’aphasie sensorielle avec lésion temporo-pariétale droite », in : Revue Neurologique, 16 (1903) : 112-115.

Des rapports de la syphilis et de la paralysie générale, impr. de J. Gainche (Paris), 1905, 23 p. in-8, disponible [archive] sur Gallica.

Jean-Martin Charcot [1825-1893], Chameret et Renouard, 32 p.

En collaboration :

avec Jean-Martin Charcot : Deux cas d’atrophie musculaire progressive : avec lésions de la substance grise et des faisceaux antérolatéraux de la moelle épinière, Masson (Paris), 1869.

avec Jacques Roubinovitch : Des variétés cliniques de la folie en France et en Allemagne, O. Doin (Paris), 1896.

avec Roger Dupouy : Fugues et vagabondage ; étude clinique et psychologique, Alcan (Paris), 1909.

avec Roger Mignot, (1874-1947) : La paralysie générale, O. Doin et fils, 1910.

(Revue de presse 25 novembre 1908)

24 novembre 1908.

Mort à Paris du professeur Alix Joffroy, neurologue, élève de Charcot, médecin de La Salpêtrière et de Sainte-Anne.

[ Hier, au début de la séance de l’Académie de médecine, le président Bucquoy annonçait à ses collègues une nouvelle douloureuse et inattendue, celle de la mort du docteur Alix Joffroy, membre de l’Académie et professeur de clinique des maladies mentales à la Faculté. Il n’avait que soixante-quatre ans et semblait destiné à vivre encore de longues et laborieuse années. Il avait travaillé toute la soirée avec deux de ses élèves. A neuf heures du matin il est mort, d’une mort douce pour lui-même tant elle fut brève, mais vraiment cruelle pour les siens et pour ses amis.

Depuis quinze ans le professeur Joffroy occupait la chaire de clinique des maladies mentales. Il l’occupait avec une grande distinction et cette conscience scientifique, cette haute probité d’esprit qui jadis ̃ le firent dénommer par son maître Charcot « le solide Joffroy ». Nous admirions en lui un esprit sage, méthodique, sans emballements téméraires pour les hâtives nouveautés.

Mais avant d’acquérir, si je puis dire, cet esprit scientifique qu’on peut appeler conservateur, il avait été l’un des novateurs les plus ingénieux, l’un des inventeurs les plus sagaces de la science neurologique. Formé à l’école de Vulpian, de Claude Bernard et de Charcot, tout jeune il avait découvert et décrit admirablement la pachyméningite cervicale hypertrophique qui porte son nom, publié de très originales et très importantes recherches sur la paralysie spinale de l’enfance, sur la paralysie labio-glosso-laryngée, sur la chorée, et le premier, avant même le professeur von Leyden (de Berlin), révélé l’existence et la nature des névrites périphériques.

A Bicêtre, à la Salpêtrière, à Sainte-Anne, il a étudié la paralysie générale, le tabes, les méfaits de l’alcool, les névroses et les psychoses en rapport aux diverses intoxications et infections.

Expérimentateur, anatomo-pathologiste, clinicien, Joffroy fut tout cela, et d’une façon magistrale. Certains de ses travaux (ceux-là surtout qui datent des premières années de sa vie scientifique) ont, en neurologie, une importance historique. Son nom demeurera comme celui d’un des meilleurs parmi les maîtres issus de l’école du grand Charcot.

Et quant à ceux qui l’ont connu, nul n’oubliera qu’il incarnait en lui la probité, la loyauté, le désintéressement, la bienveillance et toutes les vertus de notre profession. ]

(Article d’Horace Bianchon / Le Figaro, édition du 25 novembre 1908)

Le professeur Joffroy repose dans la 42ème division.

Sources : Wikipédia et divers

Ephéméride du Père Lachaise (FB)

Le Figaro (revue de presse, nécrologie 25/11/1908)

Photos : Archives BNF-Gallica

Photo de la tombe : Wikimédia Commons

(APPL 2018)