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Écrivains - Littérateurs - Romanciers

MAIZEROY René (1856-1918)

28eme division
jeudi 8 novembre 2018.
 

Romancier français

René Maizeroy (pseudonyme du baron René-Jean Toussaint), voit le jour à Metz le 2 mai 1856

Décédé en novembre 1918

Romancier français.

René Maizeroy est l’arrière petit-fils du côté maternel du marquis Paul-Gédéon Joly de Maïzeroy, colonel du Royal-Aunis sous Louis XV qui a laissé quelques ouvrages militaires reconnus.

Sorti de l’école de Saint-Cyr et débutant dans les lettres alors qu’il était sous-lieutenant, il prit son pseudonyme littéraire et donna sa démission en 1880. Ses premiers ouvrages furent des études de la vie militaire puis il se lança ensuite dans le roman de mœurs.

René Maizeroy s’est lié d’amitié avec de nombreux auteurs de son temps, il a notamment été l’ami et le voisin à Étretat de Guy de Maupassant, qui l’aurait pris pour modèle du Duroy de Bel-Ami. Il publie un portrait de Maupassant dans le Gaulois en juillet 1912. Ses nouvelles ont été très populaires, mais il est surtout connu pour ses romans et en particulier pour Les Deux amies dont le style érotique comme d’autres de ses nouvelles le fit condamner pour obscénité.

Son duel avec un autre écrivain : Jean Lorrain eut aussi beaucoup de retentissement. Ce duel s’est terminé par une blessure pour René Maizeroy (biceps crevé) mais une amitié par la suite.

Bibliographie :

Les malchanceux, (Victor Havard, Paris)-1880

Deux femmes de Mademoiselle, histoires de garnison, (V. Havard, Paris)-1880

Souvenirs d’un Saint-Cyrien, (V. Havard, Paris)-1880

Le Capitaine Bric-à-Brac (mœurs militaires), (G. Charpentier, Paris)-1880

Mire Lon La, (E. Rouveyre et G. Blond, Paris)-1882

Le mal d’aimer. Illustrations de Courboin. (Garnier frères, Paris) 1882

La dernière croisade : mœurs parisiennes, (V. Havard, Paris)-1883

Celles qu’on aime (Paul Ollendorff, Paris) -1883

Les amours défendues, (Chez tous les libraires, Paris) - 1884

Au régiment, (P. Ollendorff, Paris)- 1885

Deux amies, (V. Havard, Paris) -1885

Petites femmes, (L. Frinzine, Paris)-1885

Amours de garnison, (Librairie illustrée, Paris)-1886

Le boulet, (V. Havard, Paris)- 1886

Bébé Million, (P. Ollendorff, Paris) -1886

La première fois, (Dentu et Cie) -1887

L’Adorée, (Les parisiennes), (V. Havard, Paris) - 1887

Lalie Spring, (C. Marpon et E. Flammarion, Paris)-1887

Les passionnées (Joseph Ducher) - 1888

Billets de logements, (C. Marpon et E. Flammarion, Paris)-1888

La belle, (P. Ollendorff, Paris) -1889

P’tit Mi (Les parisiennes), (V.Havard, Paris) - 1889

Coups de cœur, (V.Havard, Paris) - 1889

La belle, (P. Ollendorff, Paris) - 1889

Sensations, (E. Plon, Nourrit et Cie, Paris)-1889

La grande bleue, (Plon) 1890

Papa la Vertu (Les parisiennes (Paris)-1890

Vieux garçon. (Les parisiennes), (V.Havard, Paris) -1891

Cas passionnels, (P. Ollendorff, Paris) - 1892

Le miroir : pantomime en deux tableaux, (P. Ollendorff, Paris) -1892

La Fête, (P. Ollendorff, Paris) -1893

Le mauvais mirage, 1893

Après, (P. Ollendorff, Paris) -1893

Journal d’une rupture, , (P. Ollendorff, Paris) -1895

Petite reine (Les parisiennes), (P. Ollendorff, Paris) -1897

Joujou, (P. Ollendorff, Paris) -1897

L’adorée (Les parisiennes), (P. Ollendorff, Paris) -1897

La chair en joie, Le cœur en peine, (Nilsson, Paris)- 1899

L’ange, (F.Juven)-1900

Trop jolie, (P. Ollendorff, Paris) - 1902

Mesdemoiselles leurs filles (Nilsson) - 1903

Les jeux de l’amour (Nilsson, Paris)- 1907

Toujours aimer, toujours souffrir (Alphonse Lemerre) 1911

Trop jolie (P. Laffite) - 1912

Le doute, (Alphonse Lemerre) - 1912

L’Amour perdu, (La Renaissance du livre, Paris)-1918

L’amant de proie (Albin Michel 191 ?)

Éducation amoureuse (Albin Michel 191 ?)

Nécrologie - Revue de presse 1918

[ Quelques lignes pour annoncer la nouvelle dans la « Nécrologie » des journaux.

C’est peu, c’est trop peu, pour un écrivain comme René Maizoroy.

Pas un mot de commentaire sur une œuvre considérable par le nombre des volumes publiés ; pas une anecdote sur un romancier qui a tenu, pendant longtemps, un rang honorable et une place privilégiée dans les Lettres ; pas un souvenir sur celui dont les œuvres assuraient autrefois la vogue d’un journal, le succès d’un éditeur, étaient attendues par toute une catégorie de lecteurs et savourées par une clientèle élégante de lectrices fidèles ; pas même un portrait dans les colonnes des quotidiens qui reproduisent si volontiers les traits de tant de personnages d’une notoriété discutable ! Maizeroy méritait mieux ; il méritait davantage !

Mais aussi quelle malchance de disparaître le jour même où les journaux publiaient l’arrivée des plénipotentiaires, allemands au grand quartier du maréchal Foch ! Et c’est le jour où l’on apprit la conclusion de l’armistice que furent célébrées les obsèques de l’écrivain ; c’est parmi les rumeurs d’un peuple trépidant d’enthousiasme et délirant d’allégresse qu’il fut conduit à sa demeure dernière.

Quand se jouent les destinées d’un peuple, quand se décide le sort d’une nation, qu’elle est peu de chose la disparition d’un écrivain, surtout quand il s’en va une fois passée la période de ses grands succès, et quand une génération nouvelle, ayant imposé un genre nouveau, a écarté résolument, à coups de coude impatients, les aînés, et a pris dans l’attention du public la place des anciens.

Chaque génération de lecteurs grandit également avec des goûts différents de ceux que manifestait telle qui l’a précédée, et affecte de rejeter et de mépriser les auteurs qui plaisaient la veille. Ils sont rares, les écrivains dont le talent est assez robuste pour braver ainsi l’épreuve du temps, et mériter l’estime des jeunes, après avoir été l’objet de la prédilection des pères. De George Sand, qui enchanta nos aïeules, on ne lit plus guère que ses trois romans champêtres François le Champi, la Mare au Diable et la Petite Fadette ; cent autres volumes sont tombés dans le complet oubli !

Par contre, Flaubert, Alphonse Daudet, Maupassant résistent, et le nombre de leurs admirateurs ne cesse de grandir ; ils ont subi victorieusement l’épreuve et franchi 1’écueil, dont les maîtres seuls peuvent triompher ils ont fait des livres qu’on lira, tant que durera la langue française et tant qu’il existera une élite pour apprécier les oeuvres d’imagination ; le temps ne pourra, rien contre Madame Bovary, Sapho. et certains contes de Maupassant , pas plus que contre Manon Lescaut et Adolphe qui restent parés d’une éternelle jeunesse et sont d’une constante actualité.

Il serait absurde de comparer René Maizeroy à ces maîtres et de placer ses romans à côté de leurs chefs-d’œuvre. Il n’écrivait pas pour la postérité, et ne se flattait pas, sans doute, de survivre à son époque.

Laissera-t-il seulement un nom ? Beaucoup s’en contenteraient en cette période de production tellement intense que, chaque semaine, les libraires sont obligés de renouveler leurs étalages, d’éliminer les livres exposés depuis huit jours pour faire de la place à ceux parus le matin même, et qu’on ne reverra plus, la semaine d’après.

Maizeroy, plus qu’aucun de ses contemporains, fut le romancier d’une époque : il n’appartenait pas à l’école naturaliste, mais il s’y rattachait par l’audace de ses peintures, le réalisme de ses descriptions, la hardiesse de ses sujets ; il en tempérait, toutefois, la brutalité par les raffinements d’un style qui lui était propre, qui était bien à lui, dont on peut discuter la qualité, critiquer l’exubérance, blâmer la préciosité, mais qui, du jour au lendemain, valut à l’écrivain un succès flatteur et lui attira la clientèle féminine.

Tous les tourments créés par le désir, toutes les souffrances engendrées par la jalousie, toutes les tortures infligées par la rupture, toute la détresse provoquée par l’éloignement, il les a décrits dans une quarantaine de romans, davantage peut-être, dont quelques-uns (l’Adorée, le Boulet, P’tit Mi, Petite Reine) ont connu les forts tirages et le bruyant succès. Pendant quinze ou vingt ans, René Maizeroy fut vraiment le romancier à la mode, dont les journaux littéraires se disputaient la collaboration et annonçaient les œuvres avec fracas.

Et puis, le vent changea ; le genre de Maizeroy parut de plus en plus suranné ; le romancier avait eu le tort de ne pas se renouveler. Peut-être aussi que la fougue de son style avait fléchi, que son exubérance avait fait place au procédé. Et, depuis des années, l’écrivain ne produisait plus guère.

Il meurt trop tôt pour avoir connu la joie la plus grande qu’il pût souhaiter : celle de voir sa province, sa cité natale, redevenues françaises. Car Maizeroy était né à Metz, et descendait d’une très ancienne famille lorraine. Il expirait le jour même où sa ville était délivrée par la capitulation de l’Allemagne.

Metz voudra sans doute garder le souvenir de celui de ses fils qui, avant d’être un romancier brillant, avait été un séduisant sous-lieutenant : il va falloir donner des noms français aux rues dont les plaques ne portent que des indications boches ; j’aimerais à lire bientôt sur l’une d’elles le nom de René Maizeroy, officier et écrivain français (1856 - 1919). ]

( Extraits de l’article de Paul Mathiex publié dans La Presse, édition du 16/11/1918)

René Maizeroy repose dans la 28ème division.

Sources : Wikipédia et divers.

Portraits : René Maizeroy par Edouard Manet (1882)

Photo : Wikimédia Commons

(APPL 2018)