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Diplomates - Personnalités étrangères

SOVERAL Luís Maria Augusto Pinto, marquis de (1851-1922)

20eme division (1ere ligne)
samedi 3 novembre 2018.
 

Diplomate portugais

Luís Maria Augusto Pinto de Soveral, premier et unique marquis de Soveral, voit le jour à São João da Pesqueira, le 28 mai 1851, au Portugal. C’est le fils d’Eduardo Pinto de Soveral , vicomte de São Luís, et de Maria da Piedade Pais de Sande e Castro, grands propriétaires.

Il passe par l’ Académie Navale de Lisbonne puis suit un doctorat en sciences politiques à Louvain. Il commence ensuite une carrière diplomatique, comme attaché puis secrétaire de légation à Vienne, Berlin puis Madrid. Il est nommé Premier Secrétaire à l’ambassade de Londres où il est amené à être le médiateur du différent opposant l’Angleterre au Brésil sur l’île de la Trinité, que l’Angleterre considérait comme abandonnée. Il propose d’attribuer l’île au Brésil, ce que l’Angleterre finit par accepter.

Rentré au Portugal, il est nommé conseiller d’état en 1891 puis devient ministre des Affaires Etrangères de 1895 à 1897. Il rencontre alors tous les souverains d’Europe, le pape et le président de la République Française et joue un rôle important dans les relations entre le Portugal et toutes les puissances européennes et leurs colonies africaines.

Il fait partie du groupe d’intellectuels "Los Vencidos da Vida" comprenant, entre autres, Eça de Queiroz, Oliveira Martins, Guerra Junqueiro et Ramalho Ortigão, qui pensent que le Portugal doit se moderniser pour se mettre au niveau du reste de l’Europe.

Il est ensuite nommé Envoyé Extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Londres, où il devient intime avec le prince de Galles, le futur roi Édouard VII, et les personnalités les plus importantes de la cour. Il représente, comme Ambassadeur Extraordinaire, le Portugal au sacre d’Edouard VII.

Caricature de 1898, de Leslie Ward , dans le magazine Vanity Fair .

C’est, à cette époque, l’homme le plus en vogue de Londres qui dicte la mode à Piccadilly, toujours suivi d’une nuée de femmes qui apprécient son charme. Il joue aussi de la guitare et chante du fado. Cela en fait une figure incontournable de la Belle Époque que l’on rencontre aussi bien dans un Sherlock Holmes que dans les magazines illustrés de cette époque ou, plus récemment, ... dans une série de la BBC.

Son poste disparait en 1907 à la chute de la monarchie portugaise. Il devient alors une sorte de conseiller privé du roi Manuel II en exil et refuse un montant généreux proposé par un journal américain pour la rédaction de ses mémoires. Originaire du Douro, où il est propriétaire et producteur de vins, il participe à la défense de la dénomination "Porto" dans le monde entier. Il finit ses jours à Paris où il s’éteint le 5 octobre 1922.

Il est enterré comme un prince dans la crypte de l’église de Saint-Pierre de Chaillot et, des années plus tard, lorsqu’elle subit de grands travaux, son corps est transféré au Père Lachaise, dans la 20ème division.

Son portrait, peint par Medina, orne toujours l’ambassade du Portugal à Londres.

L’écrivain anglaise Virginia Cowes écrit qu’il « était un homme charmant, urbain, poli et spirituel. Il aimait les femmes et était considéré comme le meilleur danseur d’Europe". Sir Frederick Ponsonby, un de ses contemporains, a écrit qu’ « il était universellement populaire en Angleterre ... où il faisait l’amour avec toutes les plus belles femmes et où tous les hommes importants étaient ses amis ».

Un hommage lui a été rendu en octobre 2017 et une plaque souvenir déposée sur sa tombe.

Sources : Wikipédia et divers.

Sources additionnelles et traduction : Didier Muller (APPL 2018)

Photos : Wikimédia Commons

(APPL 2018)