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Médecins - Chercheurs - Personnalités étrangères

KLINGBERG Marcus (1918-2015)

87eme division (Columbarium - Case 6964)
dimanche 7 octobre 2018.
 

Épidémiologiste, professeur d’université, espion, officier

Abraham Marek Marcus Klingberg, voit le jour le 7 octobre 1918 à Varsovie

Décédé le 30 novembre 2015 à Paris

Ancien médecin qui fut un agent du KGB après son installation en Israël.

Issu d’une famille juive polonaise religieuse, il abandonne la religion de ses pères et de ses grands-pères rabbins pour embrasser le communisme. Âgé de 21 ans, il rejoint l’URSS où il devient médecin. Il reçoit une formation d’épidémiologiste à l’université de Minsk.

Sa famille ayant péri au camp d’extermination de Treblinka en 1943, Marcus Klingberg retourne après la guerre en Pologne, se marie avec Wanda, s’installe ensuite en Suède et fait son Alya en 1948.

Il sert immédiatement dans le service naissant de santé de l’armée israélienne et il obtient à la fin de son engagement, le grade de « sgan alouf », équivalent du grade de lieutenant-colonel. Démobilisé en 1957, il intègre l’Institut israélien de recherche en biologie (IIRB) de Ness Ziona, qui abrite depuis 1952 des laboratoires aux activités secrètes sur des armes biologiques. Il exerce d’importantes responsabilités.

Arrêté en 1983, il est condamné à 20 ans de prison (la peine maximale) pour avoir transmis pendant près de trois décennies des documents secrets à l’Union soviétique. Il est incarcéré à la prison centrale d’Ashkelon.

Le scandale est tel qu’il est écroué sous le patronyme de « Abraham Grinberg », afin que ses geôliers ignorent son identité.

Il ne fournira jamais de motifs cohérents pour expliquer sa trahison.

En 1998, il est libéré par un tribunal de Beersheva, mais assigné à résidence, et toujours considéré comme un « danger » pour la sécurité de son pays. D’après son avocat, Avigdor Feldman, Israël souhaitait éviter qu’il meure en prison.

En 2003, avec l’aide d’un avocat parisien, Me Antoine Comte, il est autorisé à quitter Israël et s’installe à Paris près de sa fille, Sylvie.

Ses cendres ont été déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise (case n°6964).

Sources : Ian Brossat et Valérie Péronnet, L’Espion et l’enfant, Éditions Flammarion, 24 février 2016, 247 p. (ISBN 978-2081375239). À sa parution, le livre portait un bandeau portant la mention " Mon grand-père, agent de Moscou".

Marcus Klingberg et Michael Sfard, Le dernier espion : Autobiographie, Nouveau Monde Editions, 24 avril 2015, 383 p. (ISBN 978-2369421801) avec une postface de Ian Brossat.

Klingberg MA (2010). An epidemiologist’s journey from typhus to thalidomide, and from the Soviet Union to Seveso. JLL Bulletin : Commentaries on the history of treatment evaluation . L’article comprend une bibliographie scientifique développée de M. Klingberg.

Marcus Klingberg et Michael Sfard, Haméraguel Ha’akharon, Ma’ariv Book Guild, 2007, la biographie en hébreu de M. Klingberg. Traduit par Sylvia Klingberg, ce livre sortira en France chez Nouveau Monde Editions sous le titre Le dernier espion.

Marcus Klingberg, Study of Recruidescent Typhus In Israel, PN, 1969 Marcus Klingberg, An Epidemiologic and Immunologic Study of Boutonneuse Fever in Israel, PN, 1971

Wikipédia et divers.