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SALM-DYCK Constance de Théis, princesse de (1767-1845)

26eme division (1ere ligne, R, 25)
dimanche 28 mai 2006.
 

Femme de lettres et poétesse

Constance de Théis, princesse de Salm-Dyck est née à Nantes le 7 septembre 1767. Issue d’une famille originaire de Picardie, fille d’un juge-maître des Eaux et Forets de la ville et du comté de Nantes, Marie Alexandre de Théis, la jeune Constance reçoit une excellente éducation. Elle se fait connaître dès l’age de dix-huit ans par des poèmes publiés dans l’Almanach des Muses, notamment une romance intitulée Bouton de Rose, qui a un succès immédiat et durable. A compter de cet instant, et jusqu’à sa mort elle ne cessera d’écrire des poèmes. En 1794, elle écrit une tragédie, Sapho, sur une musique de Martini, qui obtient un énorme succès. Mais, en revanche, son drame en vers, Camille (1800), ne séduit pas.

Marie Joseph Chénier la surnomme, La Muse de la Raison, on la surnomme aussi Le Boileau des Femmes. C’est la première femme admise au lycée, elle y lit plusieurs éloges en prose, notamment ceux de Sedaine (1797), de Gavinès (1802), et de Lalande (1809). Elle publie bon nombre de poésies en 1811,1814,en 1825 en deux volumes, parmi lesquelles on remarque des Epîtres, notamment l’Epître aux Femmes en 1797, les six Epîtres à Sophie en 1801, et aussi l’Epître sur l’Esprit et l’Aveuglement du siècle en 1828. On lui doit aussi un roman, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme sensible en 1824. En 1829, elle écrit un recueil de Pensées qui sera réédité par Pongerville en 1846.

Elle épouse en 1789 un chirurgien riche et distingué, M. Pipelet de Leury, et s’établit à Paris. Sous la Terreur, elle quitte la capitale pendant toute l’année 1793.

Elle met ce temps à profit pour étudier les mathématiques. Stendhal l’évoque vers 1800, dans la Vie de Henry Brulard, après avoir été conduit par son cousin Pierre Daru à une séance d’une société de poésie que Constance présidait. En 1802, les époux Pipelet divorcent et l’année suivante, Constance épouse Joseph de Salm-Reiffercheidt-Dyck, comte de Salm-Dyck et du Saint-Empire jusqu’à la Paix de Lunéville, et fait prince de Salm par le Roi de Prusse en 1816.

Le couple s’installe à Paris en 1809, dans l’hôtel de Ségur, rue du Bac. La comtesse y tient un salon littéraire très brillant jusqu’en 1824. Elle est très liée avec Paul-Louis Courier qui lui a dédié en 1803, son premier ouvrage, un éloge d’Hélène, traduit d’Isocrate.

Elle reçoit également Alexandre Dumas, La Fayette, Talma, Jussieu, Alexander Von Humboldt, des artistes comme Girodet, Grétry, Houdon, Pajou, Pierre-Narcisse Guérin, Carle Vernet... Son salon, très mélangé était ouvert à tous les courants, tous les idéologues, comme aux libéraux de La Décade philosophique. On y croise aussi bien le Faubourg Saint-Germain que la noblesse d’Empire, ainsi que beaucoup de francs-maçons de la loge des Neufs Sœurs.

On lui doit aussi bon nombre de citations :

« Nous aimons la morale quand nous sommes vieux, parce qu’elle nous fait un mérite d’une foule de privations qui nous sont devenues une nécessité » (pensées)

« La conversation des femmes, dans la société, ressemble à ce duvet dont on se sert pour emballer les porcelaines : ce n’est rien, et sans lui tout se brise » (pensées)

Qu’est-ce donc que la rime ? Une chaîne légère

Que s’impose l’esprit, que l’école exagère ;

Un charme à la mesure ajouté savamment,

Mais qui ne doit gêner l’art ni le sentiment (1812)

Parmi les œuvres de Constance de Salm-Dyck, on retient : Rapport sur les fleurs artificielles de la citoyenne Roux-Montignac (1798), Camille (1800), Epître à un jeune auteur sur l’indépendance et les devoirs de l’homme de lettre (1806), Mes soixante ans, Paris, Didot, 1833, Œuvres (1835), Œuvres complètes (1842. Constance, princesse de Salm-Dyck est décédée à Paris le 13 avril 1845.

Oeuvres de la princesse

Crédit photo : Charles Legros (APPL 2008)