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Comédiens - Mimes - Arts de la scène

LEGRAND Paul (1816-1898)

36eme division
dimanche 17 juin 2018.
 

Mime français

Paul Legrand voit le jour en 1816

Décédé en 1898

Né Charles-Dominique-Martin Legrand, est un célèbre mime qui transforma le Pierrot de son prédécesseur Jean-Gaspard Deburau pour en faire le personnage larmoyant et sentimental familier à ses admirateurs après le XIXe siècle. Il fut le premier des mimes parisiens de cette époque (avant son rival Charles Deburau) à se produire hors de France, à l’Adelphi Theatre de Londres durant l’été 18471, puis après ses triomphes aux Folies-Nouvelles au milieu du siècle, au Caire et à Rio de Janeiro. Dans les dernières années du siècle, il fut membre du Cercle Funambulesque, une société théâtrale qui faisait la promotion d’œuvres inspirées par la Commedia dell’arte, particulièrement la pantomime. L’année de sa mort marque aussi celle de la fin de l’existence du cercle.

La troupe des Funambules

Comme Deburau père, il était de modeste extraction, fils d’un épicier de Saintes, mais contrairement à lui, dont la vocation semble avoir été choisie par son père, il fut attiré dès sa jeunesse sur les scènes parisiennes par son amour du théâtre. Il fit ses débuts en 1839 au Concert Bonne-Nouvelle ; sa seule ambition, selon son biographe « J.M. », « était, à cette époque de naïveté, de jouer les amoureux au vaudeville. » Lorsqu’il signa plus tard la même année au Théâtre des Funambules, ce fut pour jouer le « comique » des vaudevilles et Léandre, l’amoureux des pantomimes. Mais c’était Pierrot qui répondait le mieux à ses attentes, selon le biographe de Deburau Tristan Rémy, et après avoir étudié le maître une demi-douzaine d’années, il apparut dans ce rôle en 1845, probablement dans les nombreuses reprises de vieilles pantomimes. À la mort de Deburau en 1846, Legrand porta sa blouse blanche dans toutes les nouvelles pièces.

L’année suivante, le fils de Deburau, Jean-Charles (ou « Charles », comme il préférait [1829-1873]), fit aussi ses débuts en Pierrot aux Funambules, et leur directeur, Constant Billon, au lieu de chercher à harmoniser leurs talents distincts, cultiva leur rivalité.

Legrand quitta pour cette raison les Funambules en 1853, traversant simplement le boulevard du Crime pour jouer aux Folies-Concertantes (après quelques mois, ce théâtre subit une rénovation et rouvrit sous le nom de Folies-Nouvelles, aujourd’hui le Théâtre Déjazet). Legrand y demeura jusqu’en 1859, et y suscita l’admiration du public.

Lorsque le théâtre changea de main, avec un nouveau directeur peu incliné vers la pantomime, Legrand commença une carrière itinérante : deux ans au Brésil, une longue période à l’Alcazar de Bordeaux (1864-1870), puis, en 1870, une tournée en Égypte et un passage à Marseille. De retour à Paris après la guerre franco-allemande et la Commune, il se produisit pendant huit ans au Tertulia, un café-spectacle bien éloigné du lustre des anciennes Folies-Nouvelles. Il passa les deux dernières années de sa carrière (1886-1887) au Théâtre-Vivienne, destiné surtout aux enfants.

Durant sa retraite, Legrand publia un volume de ses pantomimes et soutint le Cercle Funambulesque, fondé en 1888. Il apparut en Pierrot dans son premier programme - dans un « prologue » en vers de Jacques Normand avec une musique d’Auguste Chapuis - et dans le troisième, dans une de ses propres pièces, Pierrot bureaucrate.

Mais à soixante-douze ans, il participait surtout au Cercle comme spectateur, de plus jeunes mimes reprenant son rôle.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (36e division).

Sources : Wikipédia Paul Legrand

Photos : Nadar portraits Paul Legrand (Musée d’Orsay)

Photo de la tombe : Pierre-Yves Beaudoin (Wikimédia Commons)

(APPL 2018)