Navigation







Dessinateurs - Peintres - Décorateurs - Illustrateurs

GRÜN Jules (1868-1938)

57eme division
mercredi 24 janvier 2018.
 

Artiste peintre

Jules Alexandre Grün, voit le jour à Paris 4e, le 26 mai 1868

Décédé le 24 janvier 1938 à Neuilly-sur-Seine

Peintre, illustrateur et affichiste français.

Jules Grün est un élève de Jean-Baptiste Lavastre, peintre-décorateur de l’Opéra de Paris, et du peintre paysagiste Antoine Guillemet.

Ses thèmes de prédilection sont les natures mortes (bassines et fontaines de cuivre dans le goût de Chardin), les portraits et les scènes de la vie parisienne.

En 1881, Rodolphe Salis ouvre le Cabaret du Chat noir au 84 boulevard Rochechouart, à proximité immédiate du magasin de brocante de sa mère Mathilde Grün (sis au no 86). Fasciné par les soirées de théâtre d’ombres, le jeune Jules Grün devient naturellement l’auteur de piécettes pour La Corneille (108, boulevard Rochechouart) ou Le Décadent’s Concert (16 bis, rue Pierre-Fontaine).

À la suite de sa rencontre, en 1890, avec Léon Xanrof, il commence une carrière d’illustrateur qui l’amènera au dessin satirique pour la presse (il collabore entre autres à Cocorico et L’Assiette au beurre). La même année, il signe également sa première affiche pour le comique troupier Polin. De 1890 à 1931, il en dessinera environ 135.

S’il travaille pour l’Imprimerie Chaix, dirigée par son ami Jules Chéret, son style se distingue de ce maître de l’affiche3 par le recours à l’opposition franche des noirs et des blancs avivés par le rouge en saillie. Citons ses placards publicitaires pour les fêtes (La Vachalcade de 1897), les music-halls (Moulin rouge, Au Violon. Café Riche), et les cafés-concerts montmartrois comme Le Carillon ou Le tréteau de Tabarin puis touristiques, avec Les chemins de fer de l’Ouest. Paris Londres.

Le point d’orgue de son œuvre peint est la commande reçue en 1909 du sous-secrétaire d’État aux beaux-arts, Étienne Dujardin-Beaumetz, pour célébrer en 1911 le 30e anniversaire du Salon des artistes français. L’audace de l’ample composition et la virtuosité du pinceau du tableau Un vendredi au Salon des artistes français restituent bien plus que la vanité d’un soir de vernissage mondain réputé lancer la saison des soirées printanières et offrir l’occasion de montrer ses toilettes à la page.

Un groupe d’artistes, 1929, Petit Palais, Paris.

Cent quatre personnalités de l’époque y sont reconnaissables, dont les peintres Henri Harpignies, Fernand Cormon, Léon Bonnat ou Charles Léandre ; une femme peintre : Clémentine-Hélène Dufau ; l’architecte Victor Laloux ; la chanteuse Yvette Guilbert ; le compositeur Gabriel Fauré ; le caricaturiste Sem ou les comédiennes Geneviève Lantelme et Renée Maupin.

Le 12 avril 1904, Jules Grün épouse Marie-Juliette Toutain (1877-1948) à l’église Saint-Louis des Invalides.

En 1920, 1921 et 1927, Jules Grün expose en Argentine, à la galerie Witcomb de Buenos Aires. Très attachée à son œuvre, cette galerie lui consacre une exposition rétrospective posthume en 1948.

De 1898 à son décès, Jules Grün est membre de la Société artistique et littéraire Cornet, créée au Cabaret de l’Âne rouge par Bertrand Millanvoye, Paul Delmet, Albert Michaut et Georges Courteline. Sa caricature en chat d’un membre du Cornet : l’artiste peintre et philanthrope Léon Huber, paraît dans la revue du Cornet en juin 19085.

Dès 1934, Jules Grün souffre de la maladie de Parkinson. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (57e division), à Paris.

Œuvres dans les collections publiques :

Un vendredi au Salon des Artistes français (1911), musée des beaux-arts de Rouen.

"Chemin de fer de l’Ouest" (Bretonne), affiche lithographique, 1901, musée départemental breton, Quimper

La Fontaine de cuivre, huile sur toile (81×60), 1903, musée des beaux-arts de Bordeaux

L’Antiquaire, huile sur toile (226×187,5), 1903 (Salon no 843), musée des beaux-arts d’Agen

Un vendredi au Salon des artistes français, huile sur toile (362×617), 1911 (Salon no 871), musée des beaux-arts de Rouen

Fin de souper, huile sur toile (215×320), 1913, (Salon no 843), musée des beaux-arts de Tourcoing

Un vieux (Émile Fortin, chantre du Breuil-en-Auge), huile sur toile (90×71), 1913, musée d’art et d’histoire de Lisieux

Corps franc rentrant d’un coup de main huile sur carton (65×99,5), 1917, musée d’Histoire contemporaine, Paris

Portrait du Monseigneur Baudrillart de l’Académie Française, 1922 (Salon no 826) Portrait de Georges Goyau en habit d’académicien, 1924 (Salon no 913), musée historique et archéologique de l’Orléanais

Jean-Louis Forain, huile sur bois (33x23), 1929, musée d’Orsay, Paris

Sortie de la messe au Breuil-en-Auge (Calvados), huile sur toile (288×375), 1934, (Salon no 1165), église Saint-Michel de Pont-l’Évêque (Calvados)

Adieu, Cocottes, 1903, affiche.

Couverture pour Le Rire, 20 août 1904.

Distinctions :

Chevalier de la Légion d’honneur en 1911.

Commandant du Nicham Iftikhar, distinction remise par le Pacha du Royaume de Tunis en 1912.

Fin du souper, 1913, musée des beaux-arts de Tourcoing.

Revue de presse (24 janvier 1938).

Mort à Neuilly-sur-Seine de Jules Grün, peintre, illustrateur et affichiste.

[ ... Peu d’artistes ont été, surtout dans les années 1900, plus populaires ─ disons plus célèbres. On l’a dépeint ─ à son tour ─ « une barbe à la François-Premier, une calvitie légendaire, des yeux étrangement clairs, pénétrants et, sous le nez aquilin, une bouche d’où jaillissait la répartie ».

Nul, en effet, n’avait plus d’esprit, plus d’entrain ; il savait aussi bien conter que peindre. Pour tout dire, un des survivants, avec Maurice Donnay, de la phalange héroïque du « Chat-Noir ».

Depuis 1885, il exposait au Salon des Artistes Français, des « Cuivres » que la Grande Critique se plaisait à qualifier de « Sonores », lorsqu’« Un Vendredi au Salon » et « Fin de Souper » , deux grandes compositions ─ de dimensions sensationnelles ─ le sacrèrent définitivement peintre du Tout-Paris.

« Un Vendredi ... » fut, de l’aveu général, le clou (comme on disait alors) du Salon de 1911.

La toile renferme plus de cent personnages, tous facilement reconnaissables et tous appartenant à l’élite parisienne de l’époque. On juge de la curiosité, de l’engouement que suscitèrent ces « actualités » gigantesques, où l’on identifiait, au premier plan, les vedettes de la célébrité du moment dans leurs attitudes familières.

Moins saisissante peut-être, comme effet, « Fin de Souper » (1913) fut encore plus goûtée si c’est possible, par les délicats. La somptuosité de la table provoquait déjà l’admiration ; la personnalité des convives, la splendeur des toilettes féminines l’ambiance de luxe et d’élégance rendue ─ picturalement ─ sensible, arrachèrent d’enthousiasme le cri unanime : un chef-d’œuvre !

C’était la gloire.

Les tableaux à succès allaient ainsi se suivre « Groupe d’artistes », « Le Trio de Saint-Saëns »...

Entre temps, Grün semait les roses, si l’on peut dire, à pleines mains : « Roses sur fond noir » pour la plupart, et qui furent, pour les contemporains, un émerveillement. Depuis longtemps, il était classé « portraitiste d’académiciens ». On lui doit un « Georges Goyau » (son voisin de campagne) d’une débonnaireté légendaire ; un « Monseigneur Baudrillart » tout irradié d’’intellectualité... ]

Extrait de l’article « Dans l’atelier d’un grand disparu : Jules Grün du Breuil-en-Auge », L’Ouest-Éclair, édition du 20/05/1941.

Jules Grün repose dans la 57eme division.

Sources : Wikipédia (Jules Grün)

Benoît Noël, Véronique Herbaut, Jules Grün, trublion de Montmartre, seigneur du Breuil-en-Auge, Sainte-Marguerite-des-Loges, Éditions BVR, 2012.

Document utilisé pour la rédaction de l’article Alain Weill et Israël Perry, Les affiches de Grün, New York, Queen Art Publishers Inc., 2005.

Jules Grün, no 15 de la série Drogues et Peintures, éditée par les laboratoires Chantereau, vers 1935.

Paul Duverney, « A Chat with Grün » [Une causerie avec Grün], interview parue dans la revue The Poster - Illustrated Monthly Chronicle, Londres, Ransom, Woestyn & Co., Volume 2, Issue 9, March 1899.

Jules Grün, « Nos collaborateurs », article paru dans le journal Le Courrier français, 23 janvier 1898.

L’éphéméride du Père Lachaise (FB. 2018)

Photos : Wikimédia Commons et divers (2018)

(APPL 2018)