Navigation







Restauration - Monarchie de juillet - Second Empire - IIIe République

BRASSEUR Jean Eugène (1818-1888)

91eme division
lundi 22 janvier 2018.
 

Officier français

Jean Eugène Brasseur voit le jour à Metz le 27 novembre 1818

Décédé à Paris le 22 janvier 1888

Officier français

Chevalier de l’Ordre impérial de la Légion d’Honneur le 29 novembre 1854

Officier de la Légion d’Honneur le 30 avril 1871

Médaillé de la Reine d’Angleterre

Grièvement blessé d’un coup de feu à la partie supérieure du crane au combat du Bourget, le 30 octobre 1870.

(Revue de presse)

22 janvier 1888.

Mort du commandant Jean-Eugène Brasseur.

On est en deuil aux Invalides.

Un brave, le commandant Brasseur, dont la conduite héroïque a été retracée dans l’admirable tableau d’Alphonse de Neuville, Le Bourget, est mort hier, après dix-huit années de souffrances et une agonie de plusieurs jours.

Le tableau, tout le monde l’a vu. C’est l’épisode des derniers efforts de la lutte, à la porte de l’église, où une poignée de désespérés, s’étant barricadés, continuaient malgré tout le combat. L’acharnement était tel que les Allemands durent, pour avoir raison de cette résistance, dresser des échelles contre les baies, et de là fusiller nos soldats.

De Neuville a reproduit la fin de cette journée : le feu est éteint, on évacue l’église ; un officier, blessé grièvement, en est retiré et transporté sur une chaise : c’est le lieutenant Grisey, des grenadiers de la garde. Au premier rang, à droite, debout, un vieil officier français, désarmé, est gardé à vue.

C’est M. Brasseur, qui commandait sept compagnies du 128e de ligne, formées par les dépôts de l’ancienne garde impériale.

Ainsi que le racontait notre confrère Roger de Beauvoir dans son intéressante série des « Disparus », Brasseur avait été merveilleux de calme et de courage au milieu de l’ouragan de mitraille, donnant ses ordres comme à la revue, et sans cesse ramenant ses troupes à la barricade de la Grand’Rue, sans s’occuper des décharges qui les foudroyaient. Une balle avait traversé son képi et labouré le crâne.

Épuisé par les fatigues et les luttes de la guerre, atteint d’une paralysie des membres inférieurs, devenu inerte au lendemain de la paix, Brasseur entra peu à près aux Invalides.

On le voyait chaque jour sur l’esplanade et dans le jardin que domine le dôme, promené dans une petite voiture que poussait un autre invalide. La figure, devenue pâle et blanche, était toujours calme et fière, et l’oeil avait conservé son éclat.

Dans la petite chambre de ce brave, au pied du lit de camp, un grand cadre se détachait net sur le mur blanc : c’était la photographie du tableau du Bourget avec cette dédicace : « A mon modèle et à mon ami le commandant Brasseur. » Signé : de Neuville. C’était le ressouvenir de toutes ses luttes et des souffrances glorieuses de sa vie.

C’est devant cette simple image qu’il est mort.

Article de Gaston Calmette, Le Figaro, édition du 23/01/1888.

Le commandant repose dans la 91eme division.

Sources : Le Figaro (23 janvier 1888).

Éphéméride du Père Lachaise (FB)

Base léonore (Légion d’Honneur)

Photos : Pierre-Yves Beaudoin (Wikimédia Commons)

(APPL 2018)