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Peintres - Décorateurs - Illustrateurs

MERSON Luc Olivier (1846-1920)

41eme division
lundi 22 mai 2006.
 

La fresque du Sacré Coeur de Montmartre

Qui des millions de touristes ou fidèles du Sacré Cœur de Paris connaît le nom du créateur (dessinateur) de la fresque recouvrant l’abside en cul de four de cet édifice ? Hélas son nom semble oublié.

Cet artiste, féru de peintures, religieuse, mythologique, pur esprit classique, s’appelle Luc Olivier-MERSON

Il est né à Paris en 1846 d’origines nantaises

Son père, Charles qui repose près de lui, devenu critique d’art à défaut de faire une carrière comme peintre malgré Léon Cogniet et Drolling comme maîtres, s’aura malgré tout lui montrer les chemins qui mènent vers la reconnaissance.

Dès 1869, il remporte le 1er prix de Rome sur le thème « le soldat de Marathon » ; pour y arriver, il aura suivi les cours de Gustave Chassevent puis d’Isidore Pils.

Son séjour en Italie lui révèle Raphaël, Le Corrège, les Maîtres du Quattrocento ; alors qu’il est toujours pensionnaire de la Villa Médicis, il se fait remarquer au Salon de 1873 pour l’un de ses envois obligatoires avec « Vision » légende du XIVe siècle (scène d’une sainte en extase devant le christ crucifié) qui remporte une médaille de première classe.

Son dernier envoi au salon avant son retour en France en 1875, traite du thème « le sacrifice à la Patrie » (toile aujourd’hui disparue) ou l’on voit une mère éplorée devant le cadavre de son fils étendu sur un autel, la foi veillant à ses côtés ; ce sujet était bien choisi au lendemain des désastres de 1870 ; la toile reçu un accueil unanime et la notoriété fut au rendez vous et s’accompagnera de nombreux succès aux salons suivants.

Ses travaux s’enchaînent pour des commandes pour des monuments publics : au Palais de Justice de Paris, à la Sorbonne, à l’Institut Pasteur où il dessine les mosaïques du tombeau du Grand Homme, pour l’escalier des fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris, à l’Opéra Comique... L’exposition Universelle de 1889 ne l’oublie dans la distribution de ses lauriers ; il est aussi le créateur de la graphie du billet d’entrée.

Il travaille pour des cartons de vitraux, des modèles d’émaux et de faïence ; il est également un illustrateur de magasines et d’ouvrages tels que le Notre Dame de Paris d’Hugo, les Trophées d’Hérédia, les Nuits de Musset, l’histoire de St Martin de Tours par Lecoy de la Marche....

Le moyen âge tient une place importante dans les sources de son inspiration ; il en eut une vision mystique et idéaliste.

De plus pour Merson, il n’y a pas que le modèle aux belles formes qui soit essentiel, il y a, l’espace, le végétal, l’insecte qu’il étudie pendant ses mois de vacances pour mieux les restituer dans ses travaux futurs.

Mais aujourd’hui, Merson n’est pas un inconnu pour tout le monde ; en effet il est l’auteur de 2 billets de banque de 100 F (mis en circulation en 1908) et de 50 F (mis en circulation en 1928). Ce dernier sorti 8 ans après le décès de l’auteur fut considéré par ses héritiers comme présentant une nette différence entre les épreuves remises par l’auteur et le résultat sorti de la Banque de France. Sa fille assignera cette dernière devant les tribunaux afin d’arrêter la distribution. La Banque de France sera, fait rarissime condamnée à 1 franc de dommages et intérêts, mais sans obligation de restituer les originaux ni arrêter son impression. Elle décidera alors de ne plus apposer les noms des graveurs et dessinateurs sur ses billets.

Quant aux philatélistes Merson leur a laissé un timbre qui sera reproduit en de nombreuses variantes, également utilisé dans les colonies.

En 1881, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur et en 1900 Officier.

Il est élu à l’Académie en 1892, contre Carolus-Durand et Benjamin Constant. Professeur d’atelier à l’EBA en 1894 puis Professeur-chef en 1905 en remplacement de son ami le peintre Léon Bonnat, il en démissionne en 1911 au motif d’un désaccord sur le relâchement des études dans l’art moderne.

Il meurt en 1920 alors que tant de travail reste à accomplir. Il est fait Commandeur de la Légion d’Honneur à titre posthume.

Il rejoint ou sera rejoint au Père-Lachaise par ses amis : Gabriel PIERNE musicien, compositeur ; François SCHOMMER, peintre Prix de Rome qui fit son portait ; Adolphe GIRALDON, élève puis collaborateur fidèle ; Arthur FOULQUES-DUPARC, compositeur de musique et grand admirateur et tout le monde des arts classiques dont il était le fervent défenseur.

Il repose dans la 41e division juste derrière la pyramide de la duchesse de Gramont.

Un boulevard porte son nom à Nantes.

Aujourd’hui le Musée d’Orsay détient 4 grandes toiles récupérées lors du démolissage d’un hôtel particulier, sur les thèmes de « la vérité », « la famille », « la fortune » et « l’espérance »

Crédit photos : Nathalie M. et divers (APPL 5-2006)