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Hommes politiques - Députés à la Convention

RABAUT DE SAINT ETIENNE (1743-1793)

39eme division (Cénotaphe probable - 2e ligne, P, 30)
dimanche 21 mai 2006.
 

Député à la Convention

Jean Paul Rabaut de Saint Etienne est né à Nîmes le 14 novembre 1743. Il est le fils du pasteur Paul Rabaut, il passe toute son enfance dans l’angoisse et l’insécurité qui entoure alors les familles de pasteurs dites du « Désert ». En raison de ce climat le pasteur Rabaut envoie ses fils à Lausanne en pension, pour y poursuivre leur éducation. Ils font surtout des études de théologie. Rabaut de Saint Etienne est consacré pasteur à Lausanne le 11 novembre 1764. Il est aussitôt appelé à Nîmes où il sera en poste, adjoint de son père.

Il s’attache alors à une tâche immense, l’émancipation des protestants. Il tente d’améliorer le sort de ses coreligionnaires. Pour cela, il se rend à Paris et entre en contact avec le général marquis de La Fayette, désireux de mettre fin à la proscription des protestants français. Par l’intermédiaire de La Fayette, il rencontre le Ministre Malesherbes, lui aussi favorable à la cause protestante.

Pour les protestants, il est vital d’obtenir un statut, ce projet est soutenu par bon nombre dans l’entourage du Roi Louis XVI. Des mémoires sont rédigés à cet effet. En fin 1786, Rabaut Saint Etienne est l’auteur d’un de ces mémoires et tente de faire pression pour que celui qui sera adopté soit le plus large et le plus libéral possible.

Mais, à la finale, l’édit des non-catholiques, dit Edit de Tolérance est signé par le Roi Louis XVI le 7 novembre 1787. Il est limité au seul état-civil. Rabaut Saint Etienne déplore les limites imposées, mais se réjouit de la signature de ce texte porte d’ouverture et d’espoir.

Lors de la Révolution, il est porté sur la liste des membres de l’assemblée constituante de 1789. Il est député du Tiers-Etat de la Sénéchaussée de Nîmes et de Beaucaire aux Etats-Généraux, il signe le Serment du Jeu de Paume et est nommé commissaire pour les conférences.

Il est co-rédacteur de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, il est élu président de l’assemblée Constituante du 15 au 28 mars 1790. Il participe à l’élaboration de la Constitution de 1791. Il fait la proposition de plusieurs décrètes relatifs à l’organisation de la Garde Nationale et de la Gendarmerie Nationale ; Mais l’assemblée Constituante ayant décrété qu’aucun de ses membres ne pourrait faire partie de l’Assemblée législative, il se consacre à la rédaction d’un Précis de l’histoire de la Révolution.

Il est élu député de l’Aube à la Convention nationale, il siège avec les Girondins, il est nommé au Comité de l’Agriculture. Au sein de la Convention, il dénonce fermement la violation de la loi par la Commune de Paris.

Lors du procès de Louis XVI, il propose de déclarer le monarque déchu coupable et de renvoyer au peuple l’application de la peine. Il vote pour la culpabilité, pour la ratification du jugement par le peuple, pour la détention pendant la guerre et le bannissement à la paix et pour le sursis.

Extrait du tableau du Serment du Jeu de Paume de David, représentant dom Gerle, l’abbé Grégoire et le pasteur Jean-Paul Rabaut de Saint-Étienne. Il allégorise la réconciliation des religieux lors de la Révolution française.

Rabaut Saint Etienne devient président de l’assemblée du 24 janvier au 7 février 1793. Il est élu membre de la Commission des Six, chargé de surveiller le tribunal extraordinaire, le 15 mars 1793.

Il se prononce pour la mise en accusation de Jean Paul Marat. Il est nommé à la Commission extraordinaire des Douze, instituée pour la recherche des complots et des conspirations menaçant la représentation nationale et établit un rapport le 28 mai, justifiant l’arrestation d’Hébert.

La chute et l’arrestation des Girondins le font mettre en état d’arrestation le 2 juin. Il est déclaré traître à la patrie le 28 juillet. Il se soustrait au décrète d’arrestation, il est jugé et condamné. Rabaut Saint Etienne est exécuté le 5 décembre 1793.

Il est plus que probable que ses restes se trouvent aux catacombes, la sépulture du Père Lachaise si elle est bien celle de son frère, ne serait en ce qui le concerne, qu’un cénotaphe.

On n’a pas d’exemple que le corps d’un supplicié guillotiné ait été rendu à la famille.

Jules Moiroux le cite cependant dans son Guide illustré du cimetière du Père-Lachaise. Paris 1909 et 1922.

Sources : Jules Moiroux et divers