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Commune de Paris (mars-mai 1871)

PYAT Aimé Félix (1810-1889)

46eme division (1ere ligne, O, 11)
samedi 20 mai 2006.
 

Ecrivain, membre de la Commune

Aimé Félix Pyat est né à Vierzon le 4 octobre 1810. Son père est un ancien vicaire qui a abandonné les ordres à la Révolution et qui devient par la suite avocat. C’est un homme de principes, rigide et austère, il ne s’entend pas avec son fils qui est très proche de sa mère. Félix fait de brillantes études secondaires à Bourges. En 1830, son père farouche légitimiste, refuse de prêter serment de fidélité au Roi des français Louis-Philippe 1er. I est alors révoqué de son poste de conseiller municipal. Pendant ce temps, le jeune Félix participe à la révolution de 1830 et aux Trois Glorieuses.

Après avoir terminé son droit, Félix Pyat devient avocat, puis auteur dramatique et journaliste. Il se signale rapidement par ses idées avancées pour l’époque. Sa pièce la plus connue est Le Chiffonnier de Paris, elle sera interprétée par le grand comédien Frédéric Lemaître.

A partir de 1848, sa vie prend un tournant, sa carrière politique commence. Il est nommé par le nouveau régime républicain Commissaire du gouvernement provisoire dans le département du Cher. Il est ensuite élu député à la Constituante puis à la Législative de 1849. A la fin de cette même année, le régime glisse à droite et le contraint à embraser une nouvelle carrière, celle de proscrit. I se réfugie d’abord en Suisse, puis en Belgique pour terminer en Angleterre où il milite dans les organisations révolutionnaires. Il participe à un complot visant à assassiner l’Empereur Napoléon III, déjoué, cette affaire lui vaut une condamnation à 10 ans de prison par contumace et six mille francs d’amende.

Félix Pyat adhère alors à l’Internationale crée par Karl Marx qui ne l’appréciait que fort peu. Ill est de retour en France en 1868 après une amnistie prononcée par Napoléon III. Ses activités le font à nouveau exiler en 1869. Il revient l’année suivante à la chute de l’Empire et la proclamation de la République. Son casier judiciaire alors, est très chargé et rassemble tous les évènements qui se sont produits depuis 1830. Il totalise, 29 ans de prison et 21 200 francs d’amende, une fortune pour l’époque.

Ses écrits politiques occupent huit pages du catalogue général de la Bibliothèque Nationale ce qui est considérable. Il est élu représentant de la Seine à l’Assemblée nationale le 8 février 1871. Le 26 mars, il devient membre de la Commune et est élu à la commission exécutive le 29 mars et à la commission des finances le 21 avril.

Enfin, le 1er mai, il devient membre du Comité de Salut Public. La Commune, tout le monde le sait, a eut ses bons et ses mauvais côtés, si Pyat n’est pas directement lié aux excès des Communards, il porte une grande part de responsabilité par ses écrits incendiaires qui ont peut être inspirés leurs auteurs.

La répression sanglante des Versaillais n’épargne pas Félix Pyat, mais il arrive à passer à travers les mailles du filet et se réfugie en Angleterre. Une fois de plus, il est condamné à mort par contumace le 28 mars 1873 par le Conseil de guerre.

Il ne revient en France qu’après l’amnistie générale dix années plus tard. Il se montre encore très actif. Il se lie avec les Blanquistes de Vierzon vers 1885, ceux de la génération d’Edouard Vaillant.

Il collabore aux Feuilles du blanquisme de Vierzon. En 1888, il est élu député des Bouches-du-Rhône. Il ne finira pas son mandat, il meurt le 4 avril 1889.