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LEMONNIER Anicet Charles Gabriel (1743-1824) (10)

10eme division (1ere ligne, Y, 22)
mercredi 16 août 2017.
 

Peintre d’histoire

Anicet Charles Gabriel Lemonnier, voit le jour le 6 juin 1743 à Rouen

Décédé le 17 août 1824 à Paris

Peintre français.

Lemonnier fut d’abord l’élève de Jean-Baptiste Descamps à l’École régionale des Beaux-arts de Rouen, puis de Joseph-Marie Vien, où il eut pour condisciples et pour amis François-André Vincent et Jacques Louis David.

Un extérieur agréable, beaucoup d’esprit naturel et d’excellentes recommandations le firent bientôt admettre dans les meilleures sociétés de la capitale, notamment chez Marie-Thérèse Rodet Geoffrin, qui le prit en affection.

En 1772, il exposa Les Enfants de Niobe tués par Apollon et Diane, œuvre qui lui valut le prix de Rome. Il séjourna à Rome, en qualité de permissionnaire du gouvernement, de 1774 à 1784. Dans cette patrie des arts, Lemonnier trouva un accueil plein de bienveillance près du célèbre poète diplomate, le cardinal de Bernis et se livra avec enthousiasme à l’étude des chefs-d’œuvre des maîtres, où il puisa l’inspiration dans le dessin et la composition, qui a fait le caractère distinctif de son talent.

De retour en France, Lemonnier revint dans sa ville natale où il exécuta, pour la chapelle du séminaire de Saint-Vivien, l’un de ses meilleurs tableaux, la Peste de Milan.

En 1786, lors du passage de Louis XVI à Rouen à son retour de Cherbourg, Lemonnier fut chargé de peindre un tableau dont le sujet était la présentation à ce monarque des membres de la chambre de commerce de cette cité.

Peu de temps après, il exécuta, pour la même compagnie, un grand tableau allégorique représentant le Génie du commerce et la découverte de l’Amérique.

En 1789, Lemonnier fut reçu membre de l’Académie de Peinture avec La Mort d’Antoine comme tableau de réception. À l’époque de la Révolution, Lemonnier fut appelé à faire partie de la commission des monuments et, en 1794, il obtint le titre de peintre du cabinet de l’École de médecine.

Lié aux Roland, Lemonnier reçut le 4 décembre 1792 un logement au Palais du Louvre du ministre qui le fit entrer à la commission des arts où il rendit de grands services. À Rouen, il fut chargé, conjointement avec son compatriote Charles Le Carpentier, de se livrer à la recherche et de faire un choix des tableaux provenant des établissements religieux supprimés dans l’étendue du district, afin de les soustraire à la destruction.

S’étant acquitté avec beaucoup de zèle de cette mission critique, c’est aux soins de Lemonnier que plusieurs églises et le musée de Rouen ont dû la possession de bon nombre des meilleures peintures qu’il était parvenu à réunir.

En 1810, Lemonnier devint directeur de la manufacture des Gobelins, place qu’il perdit en 1816. Il prit également une part active à l’établissement du musée des beaux-arts de Rouen.

Le salon de Mme Geoffrin (1812)

Le tableau le plus connu de Lemonnier est sans conteste Une Soirée chez madame Geoffrin, exécuté en 1812 pour l’impératrice Joséphine. Ce tableau, conservé au musée national du château de Malmaison, est une reconstruction imaginaire du salon de Marie-Thérèse Rodet Geoffrin dépeignant, entre autres, le ministre Choiseul, Fontenelle, Montesquieu, Diderot et Marmontel regardant soit leur hôtesse soit un buste de Voltaire dont l’acteur Lekain est en train de lire la pièce L’Orphelin de la Chine.

Les principales toiles de ce peintre dont le talent se signale par le goût de la composition, la noblesse de l’expression donnée aux personnages et par une bonne harmonie de la couleur et de la perspective, sont, outre celles déjà mentionnées : La Mission des apôtres ; Jésus-Christ appelant à lui les petits enfants ; Jésus-Christ au milieu des docteurs de la loi, exécuté pour les Ursulines de Rouen ; Portrait de l’abbé Joly, docteur en Sorbonne ; Présentation de la Sainte Vierge au Temple ; la Fortune, d’après le Guide.

On a encore du même artiste : une Adoration des Mages ; la Résurrection de Tabithe ; Adieux d’Ulysse et de Pénélope ; Cléombrote, roi de Sparte ; une Sainte Cécile d’après le Dominiquin ; les Ambassadeurs romains envoyés à l’aréopage d’Athènes pour demander les lois de Solon ; François Ier recevant la Sainte Famille de Raphaël ; Louis XIV inaugurant la statue de Milon de Crotone, toile qui fut acquise par le prince Eugène de Beauharnais pour sa galerie de Munich ; Portrait de M. d’Herbouville.

Lemonnier avait un fils homme de lettres qui a écrit, entre autres, sur son père, rédigeant une Notice historique sur la vie et les ouvrages de A.-C.-G. Lemonnier. Le portrait de Lemonnier se trouve dans la collection de la bibliothèque de Rouen.

Élèves :

Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837)

Sépulture contenant entre autre Anicet Charles Gabriel Lemonnier (1743-1824), peintre d’histoire, son fils André-Hippolyte Lemonnier (1794-1871), son petit-fils Henry Lemonnier (1842-1936), historien de l’art.

Division 10, chemin Denon, line 1, Moiroux : Y22

Inscriptions :

A. C. G. LEMONNIER membre de l’académie de peinture 1743-1824

MME LEMONNIER née ? 1752-1836

A. H. LEMONNIER 1794-1871

Henry LEMONNIER membre de l’institut 1842-1936

Jacques LEMONNIER ministre plénipotentiaire 1875-1942

Robert LEMONNIER artiste peintre 1883-1970

Sources : Jules Moiroux (1908) Le cimetière du Père-Lachaise, p. 227

Photo : Pierre-Yves Beaudoin (Wikimédia Commons)

(APPL 2017)