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LINDET Robert (1746-1825)

28eme division
samedi 20 mai 2006.
 

Député à la Convention

Jean Baptiste Robert Lindet est né à Bernay le 2 ( ?) mai 1746. Il est le fils d’un marchand de bois. Il fait ses études de droit et devient avocat. Lindet est le rédacteur des cahiers de doléances de cette ville. Il devient maire de Bernay en 1790, puis procureur du district. En tant qu’avocat, il devient procureur syndic de son district durant l’Assemblée constituante, puis élu à l’Assemblée législative par le département de l’Eure en 1791. Il est proche des Girondins, mais se sépare de ces derniers à la Convention nationale lors du procès de Louis XVI. Elu à la Convention il siège sur les bancs de la Montagne en compagnie de son frère Robert Thomas.

Lindet est chargé par la Commission des Vingt et un, dont il est membre, de rédiger le rapport sur les crimes imputés au monarque déchu. Il vote la mort du Roi sans appel et sans sursis Il prend part à la création du Tribunal révolutionnaire, et est l’un des instigateurs de la loi du 10 mars 1793. Il est durement attaqué par les Girondins sur ce sujet. Le projet présenté par lui prévoyant l’existence d’un bureau spécial devant rester ouvert jour et nuit pour recevoir les « dénonciateurs bénévoles ». Vergniaud s’oppose à ce projet avec véhémence. La Convention, ne prit pas de décision. Sous l’impulsion de Georges Danton, elle vote finalement le projet mais, le bureau de Lindet reste dans les cartons.

Dans le premier Comité de Salut Public, il est élu membre suppléant, le 6 avril 1793. Il remplaça De Bry, malade et ayant donné sa démission. Il se spécialise dans les problèmes de transport et de l’approvisionnement des villes et des armées. Ill est envoyé à Lyon en juin 1793, il se pose en conciliateur, résultat, il se met tout le monde à dos et se trouve dans l’obligation de revenir à Paris le 20 juin 1793. Il est alors envoyé dans l’Eure et le Calvados réprimer la révolte fédéraliste, mais il ne s’entend pas avec ses collègues qui demandent son rappel à Paris.. Il reste en place malgré tout et ses collègues sont rappelés. Il revient à Paris fin octobre 1793 où il se consacre au Comité de Salut Public. Il abat un travail considérable dans cette fonction. Beaucoup de prévenus évitent la guillotine grâce à lui, il fait ajourner les procès des fédéralistes. Au printemps 1794, il crée des agences dites d »évacuation » chargées de s’emparer dans les pays occupés par l’armée française des objets d’art et des denrées utiles.

Il est le seul membre du Comité de Salut Public avec Philippe Rühl à ne pas signer l’arrestation de Danton. Il fait prévenir en vain, ce dernier, par Etienne Jean Panis. Lindet reste à l’écart du 9 thermidor, peu intéressé par la chute de Robespierre pour lequel il n’a jamais éprouvé de sympathie. Il quitte le Comité de Salut Public le 6 octobre 1794. Il est décrété d’accusation le 9 prairial an III (28 mai 1795) et mis en arrestation le 2 thermidor (20 juillet 1795). Mais il est amnistié.

Sous le Directoire, on lui propose d’être agent secret en Suisse à Bâle, mais il refuse. Il est définitivement acquitté en 1797 après sa participation dans la conspiration de Gracchus Baboeuf. Il est élu député au Conseil des Cinq-Cents par les départements de l’Eure et de la Seine, mais en 1798, son élection est cassée. Il est appelé au Ministère des Finances par le Directoire, le 23 juillet 1799.Il occupe ce poste jusqu’en novembre 1799.

Lindet démissionne après le coup d’état du 18 brumaire, refusant de servir Bonaparte. De 1801 à sa mort, il occupe les fonctions de procureur de la Cour de Paris. Il écrit alors Les Crimes imputés à Louis Capet. Il retourne ensuite dans son pays natal et reprend son métier d’avocat qu’il exerce encore pendant prés de vingt cinq années. Robert Lindet n’a pas signé l’acte additionnel de 1815, ce qui lui permet d’échapper à l’exil. Lindet meurt à Paris le 16 février 1825.