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Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet - Second Empire

DE BRY Jean Antoine Joseph baron (1760-1834)

39eme division (1ere ligne, M, 31)
samedi 20 mai 2006.
 

Député de la Convention et préfet de l’Empire

Jean Antoine Joseph Debry ou De Bry est né à Vervins, le 25 novembre 1760. C’est l’un des participants méconnus de la Révolution française. Il fait des études de droit est devient avocat dans sa ville natale de Vervins. Il occupe le poste de président du grenier à sel. En 1790, il est nommé administrateur du département de l’Aisne et en 1791, il est élu député de l’assemblée législative par le même département de l’Aisne. Ses opinions ne sont pas très arrêtées, et restent assez vagues, avant toute chose, il souhaite se faire un nom. Toujours dans le sens du vent, il se distingue par des propositions qui flattent l’opinion populaire.

Parmi ces propositions pour le moins surprenantes : il demande dès le début de la session que les prêtres réfractaires coupables d’avoir provoqué des révoltes devront êtres marqués sur la joue au fer rouge de la lette F et expulsés de France. Ensuite, le 26 août 1792, après l’abolition de la royauté, il propose la création d’un corps de 200 000 volontaires ayant pour nom « tyrannicides » dont la mission serait d’attaquer les monarques étrangers et les généraux des armées ennemies. Aucune de ses propositions n’est retenue.

Mais grâce à ces énormités, De Bry se forge une réputation de bon et ardent patriote, ce qui lui vaut en 1792, sa réélection à la Convention nationale toujours par le département de l’Aisne. Il siège à la Plaine, voire le Marais gardant toujours une stricte neutralité. Il n’entre pas dans les luttes entres Girondins et Montagnards. Il vote la mort du Roi lors du procès de Louis XVI. Il préside la Convention du 21 mars 1793 au 3 avril 1793. On le retrouve au premier Comité de Salut Public où il est nommé le 6 avril 1793. Peu après, il donne sa démission pour cause de maladie, il est remplacé par Robert Lindet.

De Bry est tout dévoué à Maximilien de Robespierre, et se signale par un républicanisme hors norme et virulent. Il propose la déchéance des droits du comte de Provence à la régence pour n’être pas rentré en France, puis il demande la mise en accusation des frères du Roi émigrés et de La Fayette. Après la chute de Robespierre, il se montre très actif. Il est envoyé en mission pour « pacifier les départements en turbulence, il s’acquittera de sa mission pendant six mois. De retour à Paris, il occupe souvent la tribune de la Convention thermidorienne.

Sous le Directoire, il est élu membre du Conseil des Cinq-cents. Il a une idée ingénieuse : il fait offrir au général Bonaparte par « la nation reconnaissante » les drapeaux plantés à la bataille d’Arcole au milieu de l’armée ennemie. Le futur Empereur n’oubliera jamais ce geste. En 1797, il accompagne Bonnier d’Alco et Roberjot au Congrès de Rastadt, comme plénipotentiaire adjoint. Mais les négociations sont rompues, les trois hommes tombent dans un guet-apens tendu par les autrichiens (1799) il reçoit plusieurs coups de sabre, mais il parvient à s’enfuir en faisant le mort, il fut le seul rescapé.

Il participe au coup d’état du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Sous l’Empire il est membre du Tribunat, préfet impérial du Doubs de 1801 à 1814, du Bas-Rhin en 1815. C’est un bon administrateur, en récompense de ses services il est fait baron de l’Empire.

A la restauration, en 1814, il est l’un des premiers à abhorrer la cocarde blanche, il se rallie à Louis XVIII. Mais il tombe sous le coup de la loi de mai 1816 exilant les régicides. Il s’installe à Mons en Belgique où il écrit ses Mémoires. Parallèlement, il étudie l’astronomie. Il ne rentre en France qu’après les Trois Glorieuses en 1830.

On a de lui outre ses Mémoires, un Essai sur l’éducation nationale et un Eloge à Mirabeau en 1790. Jean Antoine baron De Bry est décédé à Paris le 6 janvier 1834.

Crédit photo : Annie_photo (APPL 5-2006)