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FAVARD DE LANGLADE Guillaume Jean (1762-1831) (9)

9eme division
mercredi 28 juin 2017.
 

Juriste et homme politique français

Guillaume-Jean Baptiste Favard de Langlade voit le jour le 3 avril 1762 à Saint-Floret près d’Issoire

Décédé le 14 novembre 1831 à Paris

Juriste et homme politique français du XIXe siècle.

Avocat de formation

Magistrat

Président de la Cour de cassation

Conseiller d’État

Député du Puy-de-Dôme : au Conseil des Cinq-Cents,Tribunat,

Corps législatif, Chambre des Cent-Jours, Chambre des députés

Favard de Langlade débuta comme avocat au parlement de Paris en 1785, et exerça cette profession jusqu’en 1792, date de suppression des cours souveraines.

À cette époque, nommé commissaire national près la tribunal d’Issoire, il y passa le temps de la Terreur révolutionnaire, et ne revint à Paris que le 24 vendémiaire an IV, ayant été élu député du Puy-de-Dôme au Conseil des Cinq-Cents1, où il se fit remarquer par sa modération.

Il présenta à cette assemblée plusieurs rapports ou exposés de motifs qui ont beaucoup contribué à la rédaction du Code civil. Les lois sur les successions, sur les transactions pendant la dépréciation du papier-monnaie, sur les héritages des enfants naturels, sur le notariat, furent tour à tour l’objet de ses études.

Il fit tous ses efforts, mais sans succès, pour obtenir la suppression des demandes en divorce fondées sur l’incompatibilité d’humeur. Puis il obtint des adoucissements aux mesures de rigueur prises à l’égard des ecclésiastiques déportés ou incarcérés.

Réélu, le 20 germinal an VII, par le même département au même Conseil, Favard de Langlade se montra l’un des plus zélés partisans du coup d’État du 18 brumaire, et lors de la mise en activité de la Constitution de l’an VIII, il fut appelé au Tribunat (4 nivôse an VIII) : il en devint bientôt le président.

Il y parla contre le premier chapitre du Code civil concernant la publication, les effets et l’application des lois, et décida le Tribunat à rejeter la loi présentée par le gouvernement. Cet acte d’opposition déplut fortement au Premier Consul, mais, lors de la réduction des membres du Tribunat en 1802, Favard de Langlade fut cependant conservé. Il ne tarda pas d’ailleurs à reconquérir la faveur de Napoléon, en se prononçant (1804) pour la proposition Curée qui demandait l’établissement de l’Empire. Favard de Langlade vota en ce sens, en disant :

« Qu’il est de la nature des choses qu’un vaste pays dont la sûreté n’est pas garantie par sa position géographique, et dont les rapports avec ses voisins menacent sans cesse la tranquillité, soit gouverné par un chef unique. »

L’année suivante, il fit partie de la députation du Tribunat qui fut chargée d’aller au quartier général complimenter le vainqueur d’Austerlitz, et, à son retour, il proposa, pour donner au conquérant un témoignage d’admiration, d’amour et de reconnaissance, d’ériger sur une des principales places de Paris une colonne, surmontée de la statue de l’Empereur avec cette inscription : « À Napoléon le Grand, la Patrie reconnaissante. » et de frapper une médaille en l’honneur du général victorieux.

Favard acheta, en 1803, le château de Langlade (commune de Meilhaud, près d’Issoire) à Jacques Guy Cousin de La Tour-Fondue, qui le tenait, par sa femme, de la famille d’Estaing. L’exécution du legs de la terre de Langlade, entretemps « majoratisée », par sa fille à un tiers donna lieu à un procès.

Après la suppression du Tribunat (1807), Favard entra au Corps législatif, où il présida presque aussitôt la section de l’Intérieur. Napoléon, qui l’avait déjà fait membre de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, le nomma successivement chevalier, puis baron de l’Empire, conseiller à la Cour de cassation le 5 décembre 1809, et maître des requêtes attaché au comité du contentieux en mars 1813.

Il fut envoyé dans le département de l’Ariège, mission extraordinaire, pour découvrir les causes de l’assassinat d’un maire protestant et de son adjoint : il s’acquitta de cette commission avec cette intégrité dont il a souvent donné des exemples dans les différentes fonctions qu’il a exercées. Sur son rapport, Bonaparte révoqua la sentence de déportation qu’il avait prononcée contre deux curés faussement accusés, à la sollicitation d’un prêtre marié.

Lors des événements de 1814, Favard de Langlade fit partie d’une commission chargée par le roi d’examiner les demandes en restitution des biens nationaux non vendus. Louis XVIII, rétabli sur son trône, le conserva dans sa fonction de maître des requêtes.

Aux Cent-Jours, il conserva sa place de conseiller à la Cour de cassation ; mais il fut rayé de la liste les maîtres des requêtes. Il signa l’adresse que la Cour de cassation envoya à l’Empereur, et fut nommé (13 mai 1815), membre de la Chambre des représentants par le collège de département du Puy-de-Dôme, mais il y garda un profond silence.

Il se retrouva royaliste à la seconde Restauration, qui le rétablit aux fonctions de maître des requêtes. Langlade signa, à cette époque une nouvelle adresse au roi. Président du collège électoral de la Corrèze, il fut élu député, en août 1815, par le collège électoral du Puy-de-Dôme. M. Favart de Langlade parut peu à la tribune et vota avec la minorité de la Chambre introuvable.

Il revint à la Chambre de 1816, ayant été réélu, le 4 octobre, par 133 voix, et ne cessa de siéger jusqu’en 1831.

Son titre de baron lui fut confirmé la même année. Il obtint sa réélection comme député le 1er octobre 1821, dans le 3e arrondissement du Puy-de-Dôme, à Issoire ; le 25 février 18247 ; et enfin le 23 juin 1830.

Partisan du cabinet Decazes, il appuya tous les projets ministériels, et fut nommé conseiller d’État (ordonnance du 25 janvier 1817, et en service ordinaire dans le même conseil, le 12 novembre 1828).

Il soutint de ses votes les différents ministères sous la Restauration et fut nommé rapporteur du code forestier en 1826.

M. le baron Favard de Langlade fit, au nom de la commission centrale, un rapport sur le projet de loi relatif aux engagistes L’opinion de M. Fayard de Langlade fut adoptée par la Chambre. M. Favart de Langlade examina et discuta avec beaucoup de talent et de sagesse le projet de loi du mois de décembre 1817, relatif « aux abus » de la liberté de la presse.

Officier de la Légion d’honneur depuis le 30 avril 1821, Favard de Langlade reçut la croix de commandeur le 30 octobre 1827, avec le titre de comte. Le 12 mai 1828, il devint président de chambre à la Cour de cassation, place qu’il a occupée jusqu’à sa mort, arrivée à Paris, le 14 novembre 1831. Il avait laissé, sur beaucoup de questions de législation et de procédure, des ouvrages qui font autorité.

Un biographe parlementaire traçait de M. Favard de Langlade, en 1826, ce portrait peu flatteur : « M. Favard de Langlade a la voix rauque, le teint noir ; il est criblé de petite vérole ; sa tête est poudrée à blanc, sa taille est grosse et courte. » M. Dupin aîné dit de lui, à la Cour de cassation, en 1832 : « Nous avons à regretter M. le président Favard de Langlade, recommandable à tant de titres, jurisconsulte laborieux, auteur d’ouvrages utiles, rapporteur de lois importantes, magistrat intègre et assidu, excellent collègue, joignant aux vertus qui font estimer l’homme public cette douceur de mœurs qui le fait aimer. »

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise le 19 novembre 1831.

Sources : Wikipédia et divers (2017)

Corentin de Shilph (APPL 2017)

(APPL 2017)