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Grande Guerre 14-18 - Cuirassiers - Morts pour la France

DE CARBUCCIA Jean Luc (1893-1917)

26eme division
vendredi 5 mai 2017.
 

Grande Guerre 14-18

Jean Luc Georges Marie De Carbuccia voit le jour à Paris le 1er mai 1893

Décédé à Laffaux (Aisne) le 5 mai 1917.

Sous-lieutenant de cuirassiers, tué à l’ennemi

Mort pour la France

Croix de guerre 1914-1918

Chevalier de la Légion d’Honneur

« Jean-Luc de CARBUCCIA, sous-lieutenant au 9ème Régiment de Cuirassiers, mort pour la France le 5 mai 1917 à l’attaque du moulin de Laffaut, Chevalier de la légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918 »

Le nom de Laffaux est indissociable de l’offensive du Chemin des Dames. Ce 5 mai 1917, les régiments de cuirassiers à pied montèrent à l’assaut du « moulin de Laffaux » qui formait un saillant sur le front allemand depuis son repli sur la ligne Hindenburg en mars 1917.

Ils se heurtèrent aux mitrailleuses allemandes installées dans des abris bétonnés.

Entre l’Aisne et l’Ailette, non loin de la route nationale n°2 (route Soisson-Laon), un champ de mémoriaux et de stèles, fait écho aux vers de Louis Aragon :

« Créneaux de la mémoire ici nous accoudâmes

Nos désirs de vingt ans au ciel en porte-à-faux

Ce n’était pas l’amour mais le Chemin des Dames

Voyageur, souviens-toi du Moulin de Laffaux »

( Louis Aragon, Les Yeux d’Elsa, 1942 )

On y trouve le monument au 9ème Régiment de Cuirassiers à pied, rappelant la mémoire du capitaine René de Chasteignier, du lieutenant Michel Wagner, du sous-lieutenant Jean-Luc de Carbuccia, des officiers, sous-officiers et cavaliers du 9e Régiment de Cuirassiers à pied morts pour la France à l’assaut victorieux du moulin de Laffaux, le 5 mai 1917. Au total, 146 tués au combat ce jour là.

« Les noms sont cités dans l’ordre hiérarchique. Dans le même ordre, les officiers tombèrent au cours du combat, suivis, toujours hiérarchiquement, par l’aspirant PARISE, comme s’ils avaient voulu montrer l’admirable discipline de l’armée...L’honneur de tomber le premier revient a celui qui commande et doit, avant tout autre, donner l’exemple.

En tête, le bataillon de Vaucresson, en première vague, le 5ème escadron. Dès la sortie de la parallèle de départ, les mitrailleuses allemandes battent le terrain.

Le capitaine de CHASTEIGNER s’effondre, inondé de sang, la carotide tranchée par une balle.Il a juste le temps de murmurer à son agent de liaison " dis leur qu’ils continuent"...Ils continuent, vers la tranchée du" rossignol", le lieutenant WAGNER qui a pris le commandement s’abat, tué d’une balle en plein front. Ni les grenades à manches n’arrêtent les cuirassiers, qui abordent la tranchée où devient ardente, où éclatent nos grenades offensives où crépitent rageusement les décharges des armes automatiques, où claquent les coups de feu, où parfois même brillent les baïonnettes.

Il se livre à cette tranchée des " corps à corps terrifiants". Le journal de marche note sombrement : " le nettoyage de la tranchée est difficile" Néanmoins, une trentaine de prisonniers du 364ème régiment allemand d’infanterie seront dirigés vers l’arrière.

Durant la lutte tombe le nouveau commandant d’escadron, le sous lieutenant de CARBUCCIA.

L’aspirant PARISE, un tout jeune bleuet de la classe 17, prend la direction de l’escadron. A son tour, il s’écroule ! Les trois officiers, l’aspirant, sont tués.La deuxième vague dépasse la première... »

« Avec la stabilisation du front, la cavalerie semblait condamnée à l’inaction sur le front ouest. C’est pourquoi le commandement décida de transformer certains régiments de cavalerie en régiments d’infanterie tout en leur conservant leur appellation de tradition. Au début mai 1917, alors que les offensives françaises touchaient à leur fin, une division de cavalerie à pied fut créée - à titre provisoire - à partir de régiments de cuirassiers. Ils montèrent aussitôt en ligne dans l’Aisne où ils furent regardés avec scepticisme par les fantassins et coloniaux aux côtés desquels ils allaient être engagés le 5 mai. L’objectif de la division provisoire Brécard était un point clef de la ligne de front dans l’Aisne : le plateau du moulin de Laffaux, charnière de la ligne Hindenburg. Avec elle, et pour la première fois depuis l’attaque de Berry-au-Bac, allaient être également engagés des chars dont l’emploi n’avait toujours pas convaincu ni le commandement, ni le gouvernement.

En août 1914, la cavalerie comptait encore 12 régiments de cuirassiers à cheval. Malgré de nombreux débats avant-guerre au sujet de l’abandon de la cuirasse, les cuirassiers qui rentrèrent en guerre en étaient toujours pourvus. Dès les premiers engagements, il fallut se rendre à l’évidence : cet équipement était devenu , plus gênant qu’utile. Son abandon fut donc décidé. Les cuirassiers, créés en 1803, ne l’étaient plus que de nom. Après la course à la mer et la stabilisation du front, la cavalerie devint inutile alors que le service des tranchées exigeait un effectif de fantassins considérable. Les cavaliers firent donc le service de la tranchée tout en continuant à s’entraîner au combat à cheval dans l’espoir d’exploiter une éventuelle percée.

Des régiments abandonnèrent leurs chevaux pour la durée de la guerre ; ce fut le cas pour certains régiments de cuirassiers. En novembre 1914, chaque division de cavalerie forma un "groupe léger" composé d’escadrons prélevés sur ses divers régiments. Le 1er juin 1916, leur succédant, six régiments de cuirassiers (R.C.) à cheval furent transformés en cuirassiers à pied (4e, 5e, 8e, 9e, 11e et 12e R.C.). Ils se donnèrent eux-mêmes le surnom de " cuirapieds "... »

Sources :Mémoires des hommes (J.L. De Carbuccia)

Journée de Laffaux

FB - Laffaux

Crédit photo : Pierre-Yves Beaudouin

(APPL 2017)