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MESSEIDA ou Messaïda (1889-1929) (90)

90eme division
vendredi 3 mars 2017.
 

Là, encore, c’est une découverte d’un amoureux du Père-Lachaise...

Jean-Philippe Amoros nous livre le fruit de ses pérégrinations dans les chemins et sentiers du grand cimetière musée...

Un grand merci, donc, en l’attente de nouvelles surprises...

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Modèle du peintre Steinlen

la danseuse exotique Masseïda voit le jour en 1889

Décédée en 1929

Modèle de nombreux peintres

C’est Jean-Louis Forain qui, en 1911, peu après le décès de l’épouse de Steinlen, présente à l’artiste, Masséida, jeune femme de l’ethnie Bambara, d’ascendance princière.

Elle est connue à l’époque dans le milieu artistique, servant de modèle aussi à Félix Vallotton qui la représente avec ses scarifications faciales (Négresse drapée de rouge, 1911, collection privée).

A partir de 1911, la maison de Steinlen est tenue conjointement - et non sans heurts - par sa fille Colette et par l’Africaine, qui deviendra sa compagne.

Cette dernière loge d’abord dans son atelier, 21, rue Caulaincourt, puis dans le quartier.

Elle décèdera six ans après Steinlen, âgée tout juste de quarante ans et sa succession, une partie du fonds d’atelier de l’artiste, alimentera longtemps le marché avec pas moins de huit ventes publiques, de 1930 à 2000.

Masséida a souvent posé pour Steinlen qui la représente dans des études au fusain réalisées sur le vif, ou dans des portraits à l’huile plus ambitieux. Dans les premières, on la voit occupée à des tâches ménagères, dans des poses académiques, ou allongée nue sur un canapé.

Dans les secondes, elle anime des compositions au chromatisme poussé, brossées par larges aplats denses, dans un style expressif et charpenté qui évoque bien sûr vaguement Gauguin, mais aussi les peintres de Montmartre et en particulier Suzanne Valadon. En toutes occasions, Steinlen accentue le caractère félin du corps de Masséida, insistant sur sa souplesse et sur sa grâce naturelle.

Ici, l’artiste la représente avec une de ses amies, au bord de quelque océan imaginaire dans lequel s’ébattent d’autres compagnes. Elle s’amuse à agacer le singe Gaspard, un des animaux dont l’artiste aimait à s’entourer, en lui refusant une mangue. Au sol, les restes d’un fruit décortiqué et un plat rempli de mangues et de bananes.

Crématisée au Père Lachaise le 26 juin 1929, ses cendres n’iront pas rejoindre celles de son compagnon, le célèbre peintre et affichiste montmartrois Steinlen au cimetière Saint-Vincent mais un cavotin du PL, dans la 90e division, en 1932.

Sources : Jean-Philippe Amoros (2016)

Steinlen et Masseïda

Théophile Alexandre Steinlen

Gallica - Messeïda (1)

Photos : Pierre-Yves Beaudoin (Wikipédia Commons - Photo de la tombe)

Steinlen et Masseïda

(APPL 2017)