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Seconde Guerre mondiale - Résistance - France libre

LEROY André (1913-1982)

97eme division (1ere ligne)
mercredi 11 janvier 2017.
 

Résistant français

André Jules LEROY voit le jour à Montreuil (Seine) le 16 janvier 1913.

Décédé le 13 mars 1982

Fils de Édouard Auguste LEROY et Louise Geneviève MARLIN. André se marie à Draveil le 27 mai 1933 avec une Draveilloise, Lucienne Henriette MORY née le 21 novembre 1916 à Draveil, décédée le 21 janvier 1953 à Draveil. Deux enfants naissent du couple, Henri Édouard à Draveil et Claude Andrée Geneviève à Villeneuve-Saint-Georges. André LEROY décède le 13 mars 1982. La sœur d’André, Geneviève RODRIGUEZ, deviendra maire de Morsang-sur Orge (Essonne).

André LEROY passe sa jeunesse à Viry-Châtillon, dans le petit pavillon de ses parents, en limite de Juvisy, avec sa sœur Geneviève. Son père est ouvrier boulanger, un travail très dur. C’est aussi un personnage, un « dur à cuire » selon les enfants d’André, Claude et Henri. Il est anarcho, comme la majorité des rebelles de l’époque, a fait la guerre de 14.

Confronté au monde du travail à 13 ans en tant qu’apprenti, André LEROY adhère aux Jeunesses communistes en 1929, devient animateur des cercles de Viry-Châtillon, Juvisy, Draveil, et plus tard de la région Paris-Sud.

À son mariage, en 1933, André vient habiter Draveil dans la maison de sa belle-mère, avenue Marguerite devenue avenue Léon Sorbier après la guerre.

Ouvrier maçon, puis chauffeur de bus à la CPR et chauffeur à la RATP peu de temps, il milite à la CGT.

En août 1938, André LEROY participe au IIe Congrès mondial de la jeunesse pour la paix, à Vassar College, près de New York. La presse réactionnaire américaine dénonce « les Rouges à Vassar College ». Ce Congrès se tient sous l’égide du World Youth Congress, dont le siège est établi dans les locaux de la SDN à Genève, et son bureau exécutif à Draveil. Lise LONDON se souvient :

À la mi-août 1938, nous accompagnâmes Raymond (GUYOT : Secrétaire général de l’Internationale communiste des Jeunes en 1935) à la gare Saint-Lazare. Il régnait une agitation inhabituelle dans la salle des pas perdus : des jeunes, encore des jeunes, affluaient et venaient s’agglutiner sous une pancarte portant l’inscription : WORLD YOUTH CONGRESS (Congrès mondial de la jeunesse). Danielle CASANOVA, Raymond LATARGET, André LEROY, Maurice CHOURY, André CARREL... représentants de la jeunesse et des étudiants communistes de France, s’entretenaient joyeusement avec les représentants d’organisations socialistes, religieuses, laïques...

Au moment où s’ouvre le Congrès, chacun sent les prémices de la seconde guerre mondiale. La montée en puissance d’HITLER depuis 1933, février 1934, la non-intervention en Espagne, puis l’Anschluss en mars 1938 font craindre une extension du fascisme. Le pacte de Munich interviendra un mois plus tard, laissant les mains libres à HITLER.

Les jeunes délégués au Congrès de New York adoptent à l’unanimité le Pacte de Vassar :

« Nous condamnons solennellement toute guerre d’agression contre l’indépendance politique ou l’intégrité territoriale ou administrative d’un État. Nous sommes d’accord pour user de notre influence sur nos gouvernements respectifs chaque fois que cela sera nécessaire, afin :

1) qu’ils aient recours à une action commune pour empêcher l’agression ou pour y mettre fin ;

2) pour assister efficacement les victimes des agressions et des violations des traités ;

3) pour refuser le matériel de guerre ou l’assistance financière aux agresseurs. Nous décidons de mobiliser l’opinion mondiale pour porter secours aux victimes. »

Jeunesse clandestine

En 1939, André LEROY devient Secrétaire national de la Jeunesse communiste. Il restera l’adjoint de Danielle CASANOVA jusqu’à l’arrestation de cette dernière en 1942. En septembre 1939, les organisations communistes sont interdites. Toutes les activités d’André seront désormais clandestines.

Après l’armistice du 22 juin 1940, les Français retournent à leurs occupations. Le 10 juillet naît l’État français, tous les pouvoirs sont donnés à PÉTAIN.

Le PC toujours interdit, les militants tentent de renouer les contacts. Un jour de juillet, au bois de Vincennes, un groupe d’une vingtaine de gars et filles joue au ballon. C’est en fait une des premières réunions de réorganisation de la Jeunesse communiste dans le département de Seine. La direction clandestine pour la zone occupée comprend à ce moment-là des jeunes comme Danielle CASANOVA, André LEROY, Albert OUZOULIAS, Camille BAYNAC, Madeleine VINCENT, Henriette SCHMIDT, Lucien DORLAND (responsable de l’Avant-Garde) et les étudiants Francis COHEN, François LESCURE, Suzanne DJIAN, Claude LALET, Bernard KIRSCHEN (Bob).

En octobre 1940, le Parti communiste décide la création de l’OS (Organisation Spéciale), organisation de combat contre l’occupant qui deviendra FTPF en 1942. Lucien CARRÉ, André REBIÈRE, André LEROY, le colonel DUMONT en sont parmi les premiers organisateurs dans la Région parisienne.

À la direction de la Jeunesse Communiste, André LEROY participe à la création des premiers groupes armés des « Bataillons de la Jeunesse ».

Les JC participent à la grande manifestation du 14 juillet 1941. Maurice LE BERRE, sa compagne Simonne DEGUÉRET et les jeunes de la banlieue sud font voler les pavés. La police et l’armée allemande chargent. Le 24 juillet, le jeune ouvrier André MASSERON est fusillé pour avoir participé à cette manifestation.

Albert OUZOULIAS est appelé à diriger les premiers « Bataillons de la Jeunesse ». André LEROY organise une première rencontre entre OUZOULIAS et Pierre GEORGES, le futur Colonel FABIEN. OUZOULIAS témoigne :

Le 2 août 1941, après avoir payé nos consommations, nous (Danielle CASANOVA et Albert OUZOULIAS) sommes partis de la « Closerie des Lilas » à travers le XIVe. Une heure après nous retrouvions André LEROY vers la gare Montparnasse. Elle demanda à André où en était l’opération de récupération d’explosifs dans une carrière de Seine-et-Oise (il s’agissait de la récupération de 25 kg d’explosifs réalisée par 3 jeunes communistes). Elle en parlait en s’animant, sans hausser la voix, comme d’une chose ordinaire, d’un problème à régler parmi d’autres.

(...) Une heure après, André LEROY m’emmenait au métro Duroc. Là un garçon de taille moyenne, très mince, nous attendait accoudé à la balustrade du métro. Dans ce corps plutôt frêle doué d’une agilité peu commune, deux yeux brillaient d’un éclat sans égal : c’était Pierre GEORGES (Futur Colonel FABIEN).

-  Je te présente Frédo (Pierre GEORGES), me dit André LEROY, et toi, quel nom va-t-on te donner ?

-  Ce sera Marc...

À cette époque, la direction nationale des Jeunesses Communiste se compose de Danielle CASANOVA, André LEROY, Camille BAYNAC, Lucien DORLAND, Albert OUZOULIAS, Pierre GEORGES (Colonel FABIEN) . André LEROY suit personnellement la Région parisienne en plus de ses multiples tâches de la direction politique du mouvement des Jeunesses. Seuls André LEROY et Albert OUZOULIAS survivront. DORLAND et BAYNAC seront fusillés, Danielle CASANOVA meurt à Auschwitz, le Colonel FABIEN meurt dans les combats de la Libération en Alsace.

Dans ce mois d’août 1941, la direction des JC organise le 13 une grande manifestation pour protester contre l’assassinat de patriotes par les occupants allemands. À l’origine, la manifestation doit avoir lieu gare St Lazare à 18h30, mais des fuites s’étant produites, la décision est prise de manifester de Strasbourg-Saint-Denis à la République. Danielle CASANOVA, André LEROY et Albert OUZOULIAS dirigent l’ensemble de la manifestation d’un point fixe, en face du Cirque d’Hiver. La répression est sévère.

Quelques jours après la rencontre entre OUZOULIAS et Pierre GEORGES se produit l’événement qui se révélera être un des moments forts de la Résistance, le premier assassinat d’un officier allemand, par un autre jeune Draveillois, Maurice LE BERRE. Cet épisode est daté du 8 ou du 13 août selon les historiens (7). Le contexte du lancement de la lutte armée par les Jeunes communistes est détaillé dans la biographie de Maurice LE BERRE.

C’est André LEROY, secrétaire national de la JC, avec qui Maurice travaille dans l’appareil de direction, qui lui avait proposé d’agir. Il avait eu auparavant avec lui un entretien particulier : « Le Parti nous a demandé de faire passer quelques camarades à un autre genre d’exercice. Ce sera dangereux. Bien entendu, tu peux choisir, et rester où tu es si tu le désires » (8). Entre la propagande et l’action armée, Maurice choisit sans hésiter la lutte armée. André LEROY et Albert OUZOULIAS organisent ainsi le premier groupe de combat qui aura notamment à son palmarès l’incendie de l’usine des Isolants de Vitry, l’explosion de la librairie allemande du boulevard Saint-Michel, l’incendie de nombreux garages allemands, l’assassinat des premiers officiers allemands. De petits papillons de papier diffusent le projet des Bataillons : « Pour un patriote fusillé, dix officiers allemands paieront ».

André LEROY précise (9) : « Il a bien fallu un bon mois pour que le mot d’ordre « dix pour un » soit appliqué. Nos camarades essayaient mais n’aboutissaient jamais. Il y avait une très nette hésitation... ». Mais les nazis faisant régner la terreur, il n’y a pas d’autre solution que de riposter. La presse et la radio vichystes se déchaînent contre les « terroristes ». Début septembre 1941, Albert OUZOULIAS rencontre Danielle CASANOVA et André LEROY près de la gare St Lazare. Danielle est porteuse d’un mot d’encouragement écrit par Jacques DUCLOS : « Bravo les jeunes ! Continuez ! Frédéric » (10).

Danielle CASANOVA est arrêtée le 14 février 1942 alors qu’elle vient apporter un peu de charbon aux époux POLITZER. Elle est livrée par la police française à la Gestapo, déportée à Auschwitz où elle meurt le 9 mai 1943. En février et mars, 116 arrestations interviennent parmi les responsables communistes résistants, dont Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER, Jacques SOLOMON, Georges POLITZER, Arthur DALLIDET. Le 14 mai, c’est Jean LAFFITTE qui est arrêté.

André LEROY reste seul à la direction des JC jusqu’au 12 mai 1942, date de son arrestation par la police française, à Paris, rue de la Gaîté. Il avait été pris en filature au cours d’une liaison avec des unités de Province. Il est condamné le 17 mai 1943 par la Section Spéciale de Paris à 5 ans de prison et 1200 F d’amende pour “propagande communiste”.

Trois années d’internement et de déportation

André LEROY est interné du 12 mai 1942 au 13 mai 1944 dans les prisons de La Santé, de Poissy, Melun, Chalon-sur-Marne. Dans chacune de ces prisons, il organise la résistance patriotique des détenus et plusieurs tentatives d’évasions collectives. Dans une de ces prisons, LEROY rencontre Jean LLOUBES, militant syndical des PTT. Ils ne se quitteront plus jusqu’à la fin de la guerre.

Le 14 mai 1944, LEROY est déporté à Buchenwald, matricule 51027. Il y restera jusqu’au 11 mai 1945.

Suite...

Il est, avec Marcel PAUL et F.H. MANHÈS, l’un des fondateurs de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes) dont il devient secrétaire général en 1949. Il est élu membre de la présidence de la FNDIRP en 1970 et en devient le Président délégué en 1978 jusqu’à sa mort.

André LEROY repose au Père-Lachaise avec ses amis déportés Marcel PAUL et Frédéric-Henri MANHÈS Collection Martine GARCIN

Décorations et reconnaissance

• FTPF du 01.08.1941 au 12.05.1942. (Certificat FFI). Commandant FTP-FFI à partir du 01.05.1942, homologué Commandant dans le grade d’assimilation, 20.12.1949.

• 23.10.1947 : Citation à l’Ordre du Corps d’Armée avec attribution de la Croix de guerre avec étoile de Vermeil.

• Carte de Combattant volontaire de la Résistance, 25 juin 1954 (constate l’appartenance de son titulaire pendant une durée d’au moins 90 jours à la Résistance). Médaille du Combattant volontaire de la Résistance.

• Carte du Combattant, 22 juillet 1954. Croix du Combattant.

• Carte de déporté résistant, 6 novembre 1954. Médaille de la déportation et de l’internement pour faits de résistance.

• Croix du Combattant Volontaire 1939-1945, 25 mars 1970.

• Chevalier de la Légion d’Honneur, 13 novembre 1978. (Commandant honoraire, Déportés-Résistants, Armée de Terre). Croix de Guerre 1939-1945 avec palme.

Sources : © Soleils en chantier 2004-2016 (extraits)

Martine Garcin (Février 2004) mise à jour (Extraits)

Mise à jour : 31 mars 2009, 21 octobre 2015 (Extraits)

(APPL 2017)