Navigation







Seconde Guerre mondiale - Résistance - France libre

JOUBERT Alain (1923-1996)

97eme division (1ere ligne)
mercredi 11 janvier 2017.
 

Résistant français

Alain Joubert voit le jour le 4 juin 1923 au N° 12, rue Terrasse à Thiers (63).

Décédé à Dieppe le 5 août 1996.

Résistant,

Capitaine des Francs-Tireurs et partisans français

Déporté à Dachau

Membre du comité d’honneur de la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes

En janvier 1943, Alain décide au cours de son année de Terminale Philo de quitter le lycée et de rejoindre le maquis des F.T.P.F. (Francs-Tireurs et Partisans Français) en Haute-Loire.

Sous le pseudonyme d’ « Henri », puis de « Riri », il en sera le responsable Technique du camp dans les bois de Barradou près de Babonnès.

Ce camp prendra le nom de Wodli « en hommage à un communiste alsacien assassiné par les nazis à Strasbourg le 2 avril 1943 » selon Jean-Louis Michel.

En plus du sabotage de voies ferrées et de récupération d’armes, ce maquis participe à la libération de 26 détenus de la prison du Puy-en-Velay le 25 avril 1943 et de 80 détenus le 2 octobre 1943 de la même prison.

Fin 1943 par précaution Alain JOUBERT est muté à la direction des F.T.P.F. à Montluçon dans l’Allier. Il est arrêté par la Milice le 5 février 1944 à Cusset (03) alors qu’il prend le car pour se rendre au Mayet-de-Montagne.

De là, il doit prendre contact avec le maquis de la Pourière à Châtel-Montagne. Mais il ignore que les 22 membres du maquis plus un droit commun ont été arrêtés la veille par la Milice et les G.M.R. sur trahison de Georges Gouverneur.

Alain JOUBERT est interné à la prison de Cusset, puis au casino de Vichy, siège de la Milice, avant d’être transféré à la prison de Riom (63) où il rejoint les membres du maquis de la Pourière.

Le 28 juin ils sont transférés en car de Riom au Frontstalag 122, c’est-à-dire le camp de Compiègne.

Le 2 juillet 1944, il part de Compiègne dans le convoi appelé « Le Train de la Mort » référencé N° I.240 dans le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon le Mémorial annuaire des Français de Dachau rédigé par l’Amicale des Anciens de Dachau , « Lors d’un arrêt prolongé du train en gare de St Brice près de Reims, par temps orageux et quarante degrés à l’ombre, les wagons se sont transformés en véritables étuves... Plus de cinq cents jeunes hommes sont morts de chaleur, de manque d’eau, d’asphyxie. L’atmosphère (...) a été génératrice de délire et de folie collective, entraînant des scènes d’horreur.

La responsabilité en incombe aux S.S.de la garde. Au moment où la situation devenait intenable, malgré les appels de détresse des détenus, les S.S. ont refusé d’ouvrir les portes, d’aérer les wagons et de distribuer de l’eau, ce qui eut sauvé les mourants.

Il ne s’agit, en la circonstance, ni d’une« bavure » ni d’un accident, mais essentiellement d’une action entrant dans le cadre de « l’entreprise générale et délibérée d’élimination des ennemis du Reich, de caractère authentiquement criminel ».

Les corps des 519 victimes recensées sont transférés directement au crématoire.

Quant à Alain JOUBERT, il arrive vivant à Dachau et reçoit le matricule N° 77872. Il est affecté après la quarantaine le 22 juillet au Kommando de Neckargerach. Un nouveau matricule lui est attribué, le N° 22008..

Puis il est transféré au Kommando de Neckarelz où il arrive le 22 octobre 1944.

Selon son témoignage rapporté par son ami René DUMONT dans « L’engagement Une famille dans la tourmente », « Au cours de sa déportation, alors qu’il était de plus en plus faible et ne pouvait plus travailler, ses camarades l’ont traîné un soir jusqu’au « Revier » ( infirmerie dans les camps). Un concours de circonstance inattendu lui a permis de survivre.

En fait, le médecin qui l’a reçu au Revier était lui aussi un déporté et, c’est incroyable, il a reconnu Alain.

« Comme par réflexe », a-t-il raconté plus tard, il a fait allonger Alain à la place d’un déporté qui venait de mourir.

Ce médecin était un confrère du docteur Joubert à Thiers qui côtoyait quotidiennement le famille Joubert. Ce médecin était le docteur Roche, ORL très connu par tous les Thiernois.

Il a soigné Alain qui était épuisé comme tant d’autres esclaves dans ces camps. Or, lorsqu’il a été retapé (...) , Alain n’est pas retourné à son bloc comme c’était la règle afin de rejoindre au plus vite le Kommando de travail.

Il est resté au Revier. Un Revier où se pratiquaient sur les déportés des expérience pour la « recherche médicale », vocabulaire honteux ! (...)

Alain m’a raconté à son retour qu’il devait avaler quotidiennement des poudres, des gouttes et autres drogues, subir des piqûres aussi. Mais dans quel but ? Il ne l’a jamais su exactement. Par déduction, cependant, il a pensé qu’il s’agissait des glandes surrénales. En effet il avait été gavé (...) de lait qu’il devait boire par litres à longueur de journée.

Lorsque le camp de Dachau a été libéré, Alain avait 23 ans et, alors que tous les survivants étaient décharnés, lui, Alain, était très gros, bouffi, son corps était gonflé et son teint jaunâtre faisait supposer des pathologies complexes ».

De retour en France il retrouve sa mère et sa sœur à Montluçon (03), sa sœur Nicole, rescapée de Ravensbrück, et sa mère qui avait créé avec des docteurs un centre d’accueil pour les déportés et prisonniers de guerre au Château de Brignat.

Il passe la deuxième partie du Baccalauréat et suit une formation de technicien radio.

Le 3 juin 1950 il épouse Claudette CAILLOT à Neuilly-sur-Seine (92).

Il rejoint ensuite la Fédération Internationale des Anciens Prisonniers Politiques à Varsovie (Pologne), puis en 1951 la Fédération Internationale des Résistants à Vienne (Autriche).

En 1958 il entre à la F.N.D.I.R.P. (Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes).Il en devient le trésorier général en 1960 et le restera jusqu’en 1990, date à laquelle il accède au Comité d’Honneur.

Il décède à Dieppe (76) le 5 août 1996 et est inhumé dans le caveau de la F.N.D.I.R.P. au cimetière du Père Lachaise à Paris (20ème).

Sources : Alain Joubert (Extraits)

Source des photos photo : René Dumont L’engagement Une famille dans la tourmente déposé aux Archives Municipales de Thiers (63).

(APPL 2017)