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Seconde Guerre mondiale - Résistance - France libre

MICHELS Charles (1903-1941)

97eme division (1ere ligne)
mardi 10 janvier 2017.
 

Syndicaliste et militant

Charles Michels, voit le jour à Paris le 6 mars 1903

Mort pour la France à Châteaubriant (Loire-Inférieure) le 22 octobre 1941

Syndicaliste et militant communiste, député du 15e arrondissement à Paris, particulièrement connu pour avoir été l’un des 48 otages fusillés à Châteaubriant, Nantes et Paris en représailles après l’attentat contre le Feldkommandant de Nantes, Karl Hotz.

Charles Michels est né de père inconnu. En 1906, il est reconnu par Jean Michels, un chaudronnier qui a épousé sa mère Louise Lecoq, journalière. Il est élevé dans le 13e arrondissement de Paris et doit très jeune commencer à travailler : il est embauché à onze ans dans une fabrique de chaussures.

En 1920, il est renvoyé des usines Dressoir où il était délégué de la section syndicale CGT. Il épouse en 1923 Aimée Malagnoux, une ancienne voisine dont il aura deux filles.

Doté d’une solide constitution, il arrondit son salaire en disputant des matches de boxe aux « Folies Belleville ». Après son service militaire, en 1923-1924, il devient moniteur à la FSGT, l’organisation sportive de la CGT.

Plus tard, chargé de famille, il s’efforce d’accroître par lui-même son niveau d’instruction.

Charles Michels adhère au Parti communiste français en 1926. Il s’impose peu à peu comme un des responsables syndicaux de la Fédération unitaire des cuirs et peaux CGTU dont il devient secrétaire en 1929. À ce titre, et également comme dirigeant de la FSGT - il faisait partie d’une équipe de football -, il se rend en URSS.

En 1931, il devient permanent CGTU et restera dans les instances dirigeantes de la CGTU ou plus tard de la CGT. Orateur éloquent, il participe au soutien de toutes les grèves de son secteur. En 1935, il est un artisan actif de la fusion des deux fédérations (CGTU et CGT) des cuirs et peaux. Il devient secrétaire adjoint de la Fédération nationale unifiée.

Le 26 avril 1936, il se présente aux élections législatives dans la 3e circonscription du 15e arrondissement de Paris, et est élu le 3 mai suivant avec 58,6 % des voix, contre le député radical indépendant sortant, Georges Boucheron. Au premier tour, il avait rassemblé 3 258 suffrages contre 2 353 à Marceau Pivert et 1 059 à Duteil (PUP) sur 11 816 votants.

Bien que le PCF ait été dissout en septembre 1939 en raison de son soutien au pacte germano-soviétique, Michels se rend le 9 janvier 1940 à la séance d’ouverture de la Chambre des députés où il retrouve André Mercier, Raymond Guyot et Fernand Grenier. Leur présence provoque une bagarre et leur expulsion. Il est déchu de son mandat parlementaire le 20 février suivant, comme tous les députés communistes.

Plaque apposée sur la façade de l’immeuble habité par Charles Michels au 51, rue des Bois à Paris 19e.

Mobilisé en septembre 1939 et démobilisé le 20 juillet 1940, Michels regagne Paris et prend contact avec Jean Catelas dirigeant communiste clandestin dans la région parisienne et s’investit dans la réorganisation de la CGTU, secteur des cuirs et peaux. Début octobre, alors qu’il s’apprête à passer dans la clandestinité, il est arrêté puis interné le 5 octobre 1940 à Aincourt, puis à Fontevrault et à Clairvaux le 21 février 1941.

Au mois de mai, il arrive au camp de Choisel à Châteaubriant. Il est membre du comité clandestin du camp, et prépare l’évasion de quatre dirigeants communistes : Fernand Grenier, Henri Raynaud, Léon Mauvais et Eugène Hénaff le 19 juin 1941.

À la suite d’un attentat commis contre Karl Hotz, chef de la Kommandantur de Nantes, il est fusillé par les nazis le 22 octobre 1941, à la Carrière des Fusillés aux côtés de 26 autres otages du camp de Châteaubriant, dont Guy Môquet et Jean-Pierre Timbaud, et 21 otages à Nantes et à Paris.

Hommages :

Depuis le 14 juillet 1945, dans le 15e arrondissement de Paris, portent son nom :

la place Charles-Michels (ancienne place Beaugrenelle) ; la station du métro parisien Charles Michels.

Charles Michels est par ailleurs évoqué dans le 201e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Famille :

Il est le grand-oncle d’Helno (chanteur du groupe Les Négresses vertes).

Sources :« Charles Michels », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

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(APPL 2017).